Quelle est la date de la prise de la Bastille ?

La réponse en une seconde

Le 14 juillet 1789

La prise de la Bastille s’est déroulée le 14 juillet 1789, un mardi, à Paris. Vers 17 heures, le gouverneur de Launay capitule et la forteresse tombe aux mains des émeutiers. La date est exacte et indiscutable, mais la fête nationale qu’elle a inspirée ne commémore pas seulement ce jour.

17 h
Capitulation de la forteresse ce jour-là
7
Prisonniers seulement à l’intérieur
+40 000
Fusils pris aux Invalides le matin même

L’assaut dure une seule après-midi. La forteresse ne renferme alors que sept prisonniers : quatre faussaires, deux internés pour troubles mentaux et un détenu pour affaire criminelle. Le butin réel n’est pas la libération de captifs, mais la poudre à canon et les armes.

Une confusion tenace circule depuis 1880. La fête nationale du 14 juillet ne célèbre pas uniquement 1789. Le législateur a délibérément choisi une date « à double acception », qui renvoie aussi à la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790. Ce détail piège régulièrement les candidats de quiz.

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La date de la prise de la Bastille : 14 juillet 1789

14 / 07 / 1789
un mardi
5 mai 1789
Ouverture des États généraux, début officiel de la Révolution.
11 juillet 1789
Renvoi de Necker, l’étincelle qui embrase Paris trois jours avant.
14 juillet 1789
Prise de la Bastille, première intervention massive du peuple.
La scène

Le 14 juillet 1789 est la seule réponse correcte. C’est un mardi. L’événement se situe au cœur de l’été révolutionnaire, cinq semaines après le serment du Jeu de paume du 20 juin et trois jours après le renvoi du ministre Necker.

Tableau de Jean-Pierre Houël montrant l'assaut de la forteresse de la Bastille par la foule parisienne le 14 juillet 1789
Jean-Pierre Houël, Prise de la Bastille, 1789. Wikimedia Commons

Pourquoi cette date précise

La chronologie de juillet 1789 explique tout. Le 11 juillet, Louis XVI renvoie Jacques Necker, seul ministre populaire. Le 12 juillet, la nouvelle enflamme Paris : le journaliste Camille Desmoulins appelle aux armes au Palais-Royal. Le 14, la rumeur d’un coup de force royal déclenche l’insurrection.

La peur est concrète. Des troupes royales, en partie des régiments mercenaires étrangers, sont massées autour de Paris. Le peuple craint une répression sanglante contre l’Assemblée nationale constituante, proclamée quelques jours plus tôt.

L’année 1789, pas une autre

L’erreur la plus fréquente confond l’année de l’assaut, 1789, avec celle de la fête nationale, fixée en 1880. Une seconde confusion vise 1790 : c’est l’année de la Fête de la Fédération, premier anniversaire, pas celle de la prise elle-même.

Le déroulé du 14 juillet 1789, heure par heure

Une seule après-midi, trois bascules
Matin les Invalides
Des dizaines de milliers de Parisiens pillent l’hôtel des Invalides et s’emparent de plus de quarante mille fusils. Mais la poudre manque : elle est à la Bastille.
Début d’après-midi la négociation
Une délégation réclame poudre et armes au gouverneur de Launay. Les pourparlers s’éternisent. Une détonation retentit, les insurgés croient à une trahison.
Vers 17 h la capitulation
Launay fait tirer, puis cède. Il abaisse les ponts-levis. La garnison, des invalides et une trentaine de Suisses, est en partie massacrée.
Estampe d'époque représentant la première attaque de la Bastille prise d'assaut en trois heures le 14 juillet 1789
Estampe, Ière attaque de la Bastille prise d’assaut en 3 heures de temps, 1789. Wikimedia Commons
L’assaut

L’attaque ne vise pas d’abord la Bastille. Le matin, la foule cherche des armes là où elles se trouvent, puis se rabat sur la forteresse pour sa réserve de poudre.

Le matin : le pillage des Invalides

Au matin du 14 juillet, plusieurs dizaines de milliers de Parisiens marchent sur l’hôtel des Invalides. La place ne riposte pas. Les émeutiers s’emparent de plus de quarante mille fusils ainsi que de canons. Mais il manque la poudre, stockée à la Bastille.

L’après-midi : négociation puis assaut

Une délégation se présente à la Bastille pour réclamer poudre et armes au gouverneur Bernard-René Jordan de Launay. Les pourparlers s’éternisent. En début d’après-midi, une détonation retentit. Les insurgés, se croyant trahis, donnent l’assaut.

Launay fait tirer sur la foule, puis cède. Vers 17 heures, il capitule et abaisse les ponts-levis. La garnison, composée d’invalides et d’une trentaine de soldats suisses, est en partie massacrée.

Le sort du gouverneur de Launay

De Launay est arrêté et conduit vers l’Hôtel de Ville. Il n’y arrive jamais vivant. Il est massacré en chemin, comme le prévôt des marchands Jacques de Flesselles. La tête du gouverneur est brandie au bout d’une pique. La violence du dénouement marquera durablement les débats de 1880.

Que renfermait vraiment la Bastille en 1789

Sept prisonniers, pas une foule de victimes
Le détail des détenus retrouvés à l’ouverture des cachots
4
Faussaires condamnés
2
Internés pour troubles mentaux
1
Détenu pour affaire criminelle
0
Prisonnier politique célèbre
Le mythe d’une geôle bondée s’effondre. Ce que vise la foule, c’est la poudre, pas la libération de captifs. La Bastille comptait comme symbole de l’arbitraire royal, pas comme prison surpeuplée.

Sept prisonniers seulement

À l’ouverture des cachots, le peuple ne trouve que sept détenus. La présidence de la République rappelle ce détail, à rebours du mythe de la geôle bondée :

Selon la présidence de la République, lors de l’ouverture de la forteresse, le peuple de Paris n’y trouva que sept prisonniers, dont quatre faussaires. La Bastille, construite par Charles V pour défendre la porte Saint-Antoine, avait progressivement perdu son rôle de prison au cours du XVIIIe siècle.

Un symbole plus qu’une cible militaire

La Bastille comptait pourtant. Elle incarnait l’arbitraire royal : une simple lettre de cachet signée du roi suffisait à y enfermer quiconque, sans procès. C’est ce symbole, et la poudre entreposée, qui en font une cible, pas le nombre de prisonniers à libérer.

Quelle fut la réaction de Louis XVI

« Rien »Journal du roi, 14 juillet 1789
Le mot le plus mal compris de la Révolution. Ce n’était pas l’aveu d’un roi aveugle, mais une note de chasse : Louis XVI était rentré bredouille de Marly. La cour, elle, fut alertée dès le soir même.
Le 17 juillet

Trois jours après l’assaut, Louis XVI se rend à l’Hôtel de Ville de Paris et accepte la cocarde tricolore. Le geste scelle, en apparence, sa soumission à la Révolution naissante.

Louis XVI arborant la cocarde tricolore à une fenêtre de l'Hôtel de Ville de Paris le 17 juillet 1789
Louis XVI arborant la cocarde nationale à l’Hôtel de Ville, 17 juillet 1789. Wikimedia Commons

Le célèbre « Rien »

Dans son journal, à la date du 14 juillet 1789, Louis XVI inscrit un mot resté fameux : « Rien ». La légende y voit l’aveuglement d’un roi coupé du réel. La réalité est plus prosaïque. Ce journal était un carnet de chasse. « Rien » signifie qu’il était rentré bredouille de la chasse de Marly, pas qu’il ignorait Paris.

Versailles déjà au courant

Contrairement à la légende, Versailles savait dès le jour même. Le récit de la marquise de La Rochejaquelein décrit la panique gagnant le parc le 14 au soir. Le lendemain matin, le duc de La Rochefoucauld-Liancourt annonce officiellement la nouvelle au roi. Suit le dialogue resté célèbre : « C’est une révolte ? Non sire, c’est une révolution. »

Pourquoi le 14 juillet est-il devenu la fête nationale

1880
La loi Raspail fait du 14 juillet la fête nationale, 91 ans après l’événement
Ce que célèbre la loi
Deux 14 juillet
La prise de la Bastille de 1789, et la Fête de la Fédération de 1790, journée d’unité nationale « sans une goutte de sang ». Le texte ne nomme aucune année.
Les dates écartées
5 mai, 4 août
L’ouverture des États généraux et l’abolition des privilèges furent débattues. Le 14 juillet l’emporta comme compromis entre les républicains.
Peinture de la Fête de la Fédération au Champ de Mars le 14 juillet 1790, immense rassemblement populaire
Henri Martin, La Fête de la Fédération au Champ de Mars, 14 juillet 1790, Musée des Augustins. Wikimedia Commons
Le second 14 juillet

La Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 réunit la France entière au Champ de Mars. Sans effusion de sang, elle offrit aux parlementaires de 1880 une date acceptable par tous.

La loi Raspail de 1880

Le 21 mai 1880, le député de Paris Benjamin Raspail dépose une proposition de loi pour faire du 14 juillet la fête nationale annuelle. Le texte, signé par soixante-quatre députés, est adopté par la Chambre le 8 juin, par le Sénat le 29 juin, et promulgué le 6 juillet 1880.

D’après le site du gouvernement (vie-publique.fr), l’unique article de la loi du 6 juillet 1880 ne donne aucune précision : la fête nationale du 14 juillet commémore les deux 14 juillet, la prise de la Bastille de 1789 et la première Fête de la Fédération de 1790.

L’ambiguïté volontaire de la date

Le choix fut tout sauf évident. Certains parlementaires jugeaient 1789 trop sanglant. D’autres dates furent débattues : le 5 mai, ouverture des États généraux, ou le 4 août, abolition des privilèges. Le 14 juillet 1790, journée d’unité nationale « sans une goutte de sang », permit le consensus. La loi tranche sans nommer l’année : « La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle. »

L’angle oublié : ce qui a vraiment fait basculer le roi

69
Désertions dans le seul régiment de Provence la semaine précédente
5 / 6
Bataillons des Gardes françaises mutinés le 14 juillet, certains rejoignant les émeutiers
La Bastille n’a pas renversé la monarchie. Elle a prouvé au roi qu’il avait perdu son armée. Sans troupe fiable pour reprendre Paris, Louis XVI rappelle Necker dès le 16 juillet et accepte la cocarde le 17.
La bascule

La prise de la Bastille fascine, mais son effet décisif tient moins à l’assaut qu’à ce qu’il révèle à Louis XVI sur sa propre armée.

Tableau de Charles Thévenin montrant les Gardes françaises et la foule donnant l'assaut à la Bastille en 1789
Charles Thévenin, La prise de la Bastille, vers 1793. Wikimedia Commons

Le 14 juillet, cinq des six bataillons des Gardes françaises s’étaient mutinés, certains rejoignant les émeutiers. La semaine précédente, on comptait déjà soixante-neuf désertions dans le seul régiment de Provence. Le roi comprend qu’il ne peut plus compter sur la troupe pour reprendre Paris. Dès le 16 juillet, il rappelle Necker ; le 17, il se rend à l’Hôtel de Ville et accepte la cocarde tricolore. La Bastille n’a pas renversé la monarchie, elle a prouvé au roi qu’il avait perdu son armée.

Le fait notable : un régiment a fêté la nouvelle à des centaines de kilomètres

+9
jours pour atteindre Strasbourg
Le régiment allemand Royal-Hesse-Darmstadt, cantonné à Strasbourg, apprend l’événement le 23 juillet 1789. Il l’accueille avec un tapage de joie tel qu’il est puni et envoyé en garnison à Neuf-Brisach. Sa ferveur patriote lui vaudra ensuite un retour triomphal.

La nouvelle de la prise se propage dans tout le royaume avec une intensité révélatrice. Le régiment allemand Royal-Hesse-Darmstadt, cantonné à Strasbourg, apprend l’événement le 23 juillet 1789, neuf jours après les faits. Il l’accueille avec un tel tapage de joie qu’il est puni et envoyé en garnison à Neuf-Brisach. Sa ferveur patriote lui vaudra ensuite un retour triomphal.

Astuce de mémorisation

Retenez la règle du « +1 » : la prise en 1789, la Fête de la Fédération l’année suivante en 1790. La fête nationale officielle, elle, n’arrive qu’en 1880, tout un siècle après l’événement. Trois dates, un seul réflexe : prise, anniversaire, officialisation.

Aux origines d’un symbole encore vivant

Place de la Bastille, aujourd’hui
14 juillet 1789, une après-midi qui a fait basculer la France
La forteresse fut rasée dès 1789. La place de la Bastille occupe son emplacement exact. Chaque 14 juillet, défilé et feux d’artifice rejouent une mémoire devenue rituel républicain. La date, elle, n’a jamais varié.
Colonne de Juillet, place de la Bastille, Paris. Wikimedia Commons

La place de la Bastille occupe aujourd’hui l’emplacement exact de la forteresse, rasée dès 1789. Chaque 14 juillet, le défilé militaire et les feux d’artifice rejouent une mémoire devenue rituel républicain. La date, elle, n’a jamais varié : 14 juillet 1789, une après-midi qui a fait basculer la France sans encore le savoir.

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Questions fréquentes sur la prise de la Bastille

À quelle heure la Bastille est-elle tombée ?

La forteresse capitule vers 17 heures, en fin d’après-midi du 14 juillet 1789. La matinée fut consacrée au pillage des Invalides pour récupérer des fusils. Les négociations devant la Bastille s’éternisent ensuite, jusqu’à ce qu’une détonation déclenche l’assaut final. De Launay abaisse les ponts-levis après plusieurs heures de tension.

Combien de prisonniers y avait-il à la Bastille ?

Exactement sept : quatre faussaires, deux personnes internées pour troubles mentaux et un détenu pour une affaire criminelle. Le chiffre surprend toujours, car l’imaginaire collectif voit une prison bondée de victimes du roi. La forteresse avait en réalité perdu sa fonction carcérale tout au long du XVIIIe siècle.

La fête nationale célèbre-t-elle 1789 ou 1790 ?

Les deux. La loi du 6 juillet 1880 reste volontairement muette sur l’année. Elle commémore à la fois la prise de la Bastille de 1789 et la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790, journée d’unité nationale sans effusion de sang. Ce double sens fut le compromis qui permit aux républicains de s’accorder sur la date.

Qui était le gouverneur de la Bastille ?

Bernard-René Jordan de Launay commandait la forteresse. Après avoir d’abord négocié, il fit tirer sur la foule, puis capitula. Arrêté, il fut massacré pendant son transfert vers l’Hôtel de Ville, et sa tête promenée au bout d’une pique. Le prévôt des marchands Jacques de Flesselles connut un sort identique le même jour.

Pourquoi attaquer la Bastille plutôt qu’un autre lieu ?

Pour deux raisons concrètes. La forteresse abritait une réserve de poudre indispensable aux fusils volés le matin aux Invalides. Surtout, elle symbolisait l’arbitraire royal : une lettre de cachet signée du roi suffisait à y emprisonner n’importe qui sans jugement. Cible pratique et symbole politique se rejoignaient.

Louis XVI a-t-il vraiment écrit « Rien » ce jour-là ?

Oui, mais le mot ne traduit pas son indifférence. Le journal du roi était un carnet de chasse. « Rien » signifie qu’il n’avait rien tué lors de sa partie de chasse à Marly. Versailles fut informé dès le 14 au soir, et le roi reçut l’annonce officielle le lendemain matin du 15 juillet.

Quand le 14 juillet est-il devenu fête nationale ?

En 1880, soit quatre-vingt-onze ans après l’événement. La proposition fut déposée par le député Benjamin Raspail le 21 mai 1880 et promulguée le 6 juillet de la même année. La première célébration officielle eut lieu quelques jours plus tard, avec un défilé militaire à l’hippodrome de Longchamp.

La prise de la Bastille marque-t-elle le début de la Révolution ?

Symboliquement oui, juridiquement non. La Révolution s’ouvre officiellement avec la réunion des États généraux le 5 mai 1789. Mais le 14 juillet reste l’acte fondateur dans la mémoire collective : c’est la première intervention d’ampleur du peuple parisien, qui prend conscience de sa force politique.
Auteur

Fiche rédigée par Alan Chevereau, consultant SEO. Spécialiste de la culture générale et de la vérification factuelle, il conçoit les fiches Kultra pour donner une réponse exacte, sourcée et mémorisable, supérieure à une simple notice encyclopédique.