En quelle année l’édit de Nantes est-il promulgué ?

Histoire

L’édit de Nantes est promulgué en avril 1598 par Henri IV. Le texte est daté du mois et de l’année sans quantième précis, scellé à Nantes probablement le 30 avril. Il met fin à trente-six ans de guerres de Religion et instaure une coexistence encadrée entre catholiques et protestants.

1598Année de promulgation
36 ansDe guerres de Religion closes
1685Révocation par Louis XIV

Astuce de mémorisation

Penser à « 15 – 98 » comme les deux volets d’une porte qui se referme sur les guerres de Religion. 15 ouvre le siècle des conflits, 98 le verrouille par l’édit. Image renforcée par le couple de dates miroir 1598 – 1685 : 98 promulgue, 85 révoque. Les deux chiffres inversent les deux derniers, comme un balancier de l’Histoire.

Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.

L’essentiel à savoir

Depuis 1562, huit guerres de Religion ravagent le royaume de France. Henri de Navarre, chef du parti protestant devenu roi en 1589, abjure le calvinisme en 1593 pour asseoir sa légitimité. Après la reddition du duc de Mercœur à Angers le 20 mars 1598 et la reprise d’Amiens aux Espagnols, Henri IV arrive à Nantes le 13 avril.

L’édit de pacification est daté d’avril 1598, sans jour précis. Le parchemin scellé de cire verte compte 92 articles généraux, 56 articles particuliers et deux brevets. La première version signée à Nantes est perdue ; seule une copie conservée à Genève en subsiste, et la version authentique est celle, remaniée, envoyée aux parlements pour enregistrement.

Pourquoi l’édit de Nantes a tenu quand les précédents avaient échoué

Huit édits de pacification avaient précédé celui de Nantes depuis 1562, tous piétinés dès leur signature. La différence tient à trois facteurs : un roi militairement victorieux capable d’imposer le texte aux parlements récalcitrants, 51 places de sûreté armées garantissant la sécurité des huguenots, et le versement par le trésor royal d’un subside de 45 000 écus pour les pasteurs. Le parlement de Paris refuse d’abord l’enregistrement, Henri IV convoque les parlementaires au Louvre et obtient la ratification le 25 février 1599. Rouen tiendra jusqu’en 1609.

L’édit de Fontainebleau signé par Louis XIV en octobre 1685 révoque le texte après 87 ans d’application. Près de 200 000 protestants fuient vers la Suisse, l’Angleterre, les Provinces-Unies et la Prusse. Il faudra attendre la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en 1789 pour que la liberté religieuse soit pleinement rétablie en France.

Fiche synthèse

Édit de Nantes, promulgué en avril 1598

Un texte daté du mois, pas du jour. Un scellement incertain entre le 13 et le 30 avril.

Signataire

Henri IV

Converti au catholicisme en 1593

Articles

92 + 56 + 2 brevets

Généraux, particuliers, annexes militaires

Places de sûreté

51

La Rochelle, Montauban, Nîmes, Saumur

Enregistrement

25 févr. 1599

Parlement de Paris, après 10 mois

Pourquoi avril sans date précise ?

L’édit a la forme de grandes lettres patentes, juridiquement datées du seul mois. La tradition retient le 13 avril, jour de l’arrivée du roi à Nantes, mais les négociations s’étendent probablement jusqu’au 30 avril, date communément acceptée par les historiens.

Le savais-tu ?

Le sceau de cire de l’édit, aujourd’hui de couleur brune, a longtemps fait croire aux historiens du XIXe siècle qu’il était jaune. Ils en déduisaient que le texte avait été scellé comme un édit temporaire, jaune, et non comme un édit perpétuel, vert. Des analyses chimiques modernes ont prouvé la présence d’un pigment vert : la cire de la chancellerie royale était simplement de mauvaise qualité.

Questions fréquentes

Où l’édit de Nantes a-t-il été signé exactement ?

Le lieu précis reste incertain. La tradition évoque le château des ducs de Bretagne où Henri IV séjournait, mais aucune preuve n’existe. Une autre hypothèse populaire désigne la maison des Tourelles, hôtel particulier du marchand André Rhuys sur le quai de la Fosse, détruite lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Des historiens placent même la rédaction finale au château de Véretz en Touraine.

Qui a rédigé matériellement le texte de l’édit ?

Henri IV choisit deux juristes réputés pour leur prudence : Pierre Forget de Fresnes, baron de Véretz, représentant les catholiques, et Daniel Chamier, pasteur et député du Dauphiné pour les protestants. Les deux hommes se retrouvent au château de Véretz, à quelques kilomètres de Chenonceau, pour arrêter une formulation acceptable par les deux camps. Le registre paroissial de Véretz atteste leur signature commune.

Pourquoi le parlement de Paris a-t-il tant tardé à enregistrer l’édit ?

Le parlement refuse de ratifier un texte reconnaissant deux religions dans l’État. Henri IV convoque les parlementaires au Louvre en janvier 1599 et prononce un discours célèbre exigeant l’obéissance. Il obtient gain de cause mais doit accepter une réécriture : le texte passe de 95 à 92 articles, la Chambre de l’édit ne comprendra qu’un seul magistrat calviniste, et la seconde ville de culte par bailliage est restreinte.

Combien de protestants vivaient en France en 1598 ?

Le royaume comptait environ 1,2 million de protestants sur une population totale estimée à 18 millions d’habitants. Les places de sûreté accordées permettaient de défendre potentiellement 30 000 soldats. Ce rapport de force explique pourquoi Henri IV a dû négocier plutôt qu’imposer, et pourquoi l’édit a été qualifié de « traité entre puissances » par l’historien Jacques Bainville.

Quelle était la durée légale prévue pour les places de sûreté ?

Les 150 lieux de refuge, dont 51 places de sûreté armées, étaient accordés par brevet secret pour une durée de 8 ans seulement. Ce dispositif militaire fut renouvelé en 1606 et 1611, puis définitivement supprimé par la paix d’Alès en 1629 après le siège de La Rochelle mené par Richelieu. Seule la liberté de culte subsista jusqu’à la révocation complète en 1685.

L’édit de Nantes a-t-il vraiment instauré la tolérance religieuse ?

Le mot « tolérance » n’apparaît pas dans l’édit. Au XVIe siècle, tolérer signifie endurer, supporter. Le texte organise une coexistence limitée : le culte protestant est interdit à Paris et à moins de cinq lieues, dans les armées et à la cour. Les protestants restent soumis à la dîme catholique et aux fêtes romaines. L’objectif réel est la paix civile, pas la liberté de conscience au sens moderne.

Ancrer les dates clés de l’Histoire de France

Kultra transforme les grandes dates en ancrages mémoriels durables. 15 min/jour suffisent.

Découvrir Kultra