Quel fleuve traverse Lyon ?

Géographie

Géographie · Lyon, confluence millénaire
Le Rhône traverse Lyon, mais ne s’y mêle à la Saône qu’au sud

Un fleuve né d’un glacier suisse, deux cours d’eau aux caractères opposés, une presqu’île historique fondée entre les deux.

812 km
Longueur totale
600 m³/s
Débit à Lyon avant confluence
522 km
Parcours français
2
Cours d’eau dans Lyon

Réponse directe

Le fleuve qui traverse Lyon est le Rhône. Il entre dans la ville par le nord, longe la rive est de la presqu’île, et reçoit la Saône, son principal affluent, au sud, au quartier de la Confluence. Le Rhône mesure 812 km au total, dont 522 km en France, et naît du glacier de la Furka, en Suisse.

Source
Glacier de la Furka
Massif du Saint-Gothard, Suisse
Embouchure
Méditerranée
Delta de la Camargue
Affluent à Lyon
La Saône
473 km, rive droite
Débit après confluence
1 032 m³/s
Moyenne annuelle

L’essentiel à savoir sur le Rhône à Lyon

Le Rhône entre dans Lyon par le nord, entre le parc de la Tête d’Or et les contreforts de la colline de la Croix-Rousse.

Il longe ensuite la rive est de la presqu’île, ancienne zone marécageuse des Brotteaux côté gauche, avant de rejoindre la Saône au sud, à hauteur de La Mulatière.

La ville s’est précisément développée autour de ce schéma à deux cours d’eau parallèles, le Rhône à l’est et la Saône à l’ouest, séparés par la presqu’île qui constitue le 1ᵉʳ et le 2ᵉ arrondissement actuels.

Cette singularité fait de Lyon l’une des rares villes européennes traversées par deux cours d’eau distincts qui se rejoignent dans la commune même.

Avant les grands travaux d’aménagement du XVIIIᵉ siècle, le confluent se situait nettement plus au nord, au niveau de la place des Terreaux actuelle, au pied de la Croix-Rousse.

L’ingénieur Michel-Antoine Perrache propose en 1760 un projet d’assèchement des marécages d’Ainay pour repousser le confluent vers le sud, dans le quartier actuel de La Mulatière. Les travaux s’étalent sur près d’un siècle.

Aujourd’hui, le Rhône traverse environ 8 kilomètres dans Lyon intra-muros, franchi par une douzaine de ponts dont les emblématiques pont de la Guillotière, pont Wilson et pont Lafayette.

« Son cours est d’une incroyable lenteur, au point que l’œil ne peut juger du sens du courant. »

Jules César, La Guerre des Gaules, à propos de la Saône (et non du Rhône, son contraire)

Cette citation de César pour décrire la Saône souligne par contraste le caractère tumultueux du Rhône à Lyon.

Le débit du Rhône avant la confluence atteint environ 600 m³/s, contre 30 m³/s seulement pour la Saône au même point.

Une fois mélangés, les deux cours d’eau forment un fleuve d’un débit moyen de 1 032 m³/s, qui poursuit vers le sud entre Alpes et Massif central.

Ce débit fait du Rhône le fleuve le plus puissant de France, devant la Loire (931 m³/s à son estuaire) et la Seine (560 m³/s à son embouchure).

Du glacier suisse à la Méditerranée, 812 kilomètres en cinq tronçons

Source
Glacier de la Furka, 2 209 m
Lac Léman
Traversée 13 km, séjour 11 ans
Lyon
Confluence avec la Saône
Valence
Confluence avec l’Isère
Camargue
Delta, Méditerranée

Le Rhône naît à 2 209 mètres d’altitude dans le massif du Saint-Gothard, en Suisse, du glacier éponyme.

Il traverse le Valais sur 167 km avant de se jeter dans le lac Léman, qu’il parcourt sur 13 km en surface tout en y séjournant en moyenne 11 ans.

Il en ressort à Genève, longe le sud du Jura par le défilé de l’Écluse, et atteint Lyon après avoir reçu en rive gauche les eaux du Fier, du canal de Savières et de l’Ain.

À Lyon, il devient officiellement Rhône français en récupérant la Saône, et entame son tronçon médian vers la Méditerranée.

Rhône contre Saône : deux tempéraments à 30 mètres de distance

Le Rhône à Lyon
Fleuve, masculin, tumultueux. Né en montagne suisse, alimenté par la fonte glaciaire et nivale.

Débit à Lyon : 600 m³/s avant confluence. Régime torrentiel, crues redoutables. Eau froide, 4,2 °C en janvier grâce au Léman régulateur.

Gel rare : -14 °C nécessaires, 22 fois entre 822 et 1850.
La Saône à Lyon
Rivière, féminine, paisible. Née dans les Vosges, alimentée par la plaine et 50 affluents.

Débit à Lyon : 30 m³/s. Pente 4 cm/km. Eau plus froide en janvier : 2,1 °C.

Gel possible : -5 °C suffisent. Bassin versant le plus large de France.

À l’œil, les deux courants restent distincts pendant plusieurs centaines de mètres après la confluence.

La Saône, plus claire et boueuse, longe la rive droite. Le Rhône, plus rapide et plus froid, occupe la rive gauche. Les deux veines d’eau ne fusionnent vraiment qu’à la sortie sud du quartier Confluence.

Ce phénomène visuel est plus marqué après les fortes pluies, quand la Saône charrie des sédiments vosgiens et que le Rhône reste alimenté par ses eaux alpines plus pures.

L’angle oublié : Lyon a déplacé son confluent vers le sud sur 200 ans

L’idée d’un fleuve « qui traverse Lyon » cache une vérité historique : la géographie hydrographique de la ville est largement artificielle.

Au XVIIᵉ siècle, le confluent se trouvait au pied de la colline de la Croix-Rousse, à l’emplacement actuel de la place des Terreaux.

Les zones d’Ainay et de Perrache, aujourd’hui en plein centre, étaient alors des marécages insalubres et une île nommée Mogniat.

En 1760, l’ingénieur Michel-Antoine Perrache obtient l’autorisation royale d’assécher la zone et de creuser un nouveau lit pour le Rhône. Les travaux durent plus de cent ans.

Le confluent moderne, situé à La Mulatière à 163 mètres d’altitude, n’existe sous cette forme que depuis le XIXᵉ siècle.

Le Rhône lyonnais dans la culture populaire

Le fleuve a inspiré nombre d’œuvres marquantes. Le roman Le Rhône de Charles Maurras (1928), la chanson Le Rhône de Mireille Mathieu, et plus récemment la série Quai des Brumes tournée partiellement sur les berges lyonnaises.

Le film L’Horloger de Saint-Paul de Bertrand Tavernier (1974), adapté de Simenon, multiplie les plans sur les quais.

Côté art, les statues allégoriques du Rhône et de la Saône qui ornent le pont Lafayette représentent le fleuve en homme barbu et la rivière en femme paisible, iconographie reprise sur la place Bellecour.

Plus de 11 millions de touristes visitent annuellement Lyon, et les berges du Rhône, aménagées depuis 2007 sur 5 kilomètres, figurent parmi les espaces publics les plus fréquentés de France.

Fiche synthèse
Le fleuve qui traverse Lyon est le Rhône
Il y rejoint la Saône, son principal affluent, au sud de la presqu’île à La Mulatière.
Longueur
812 km
Source à Méditerranée
Débit moyen
1 032 m³/s
À Lyon après confluence
Source
Furka
Glacier suisse, 2 209 m
Bassin versant
98 000 km²
5 pays, 4 régions françaises

Astuce de mémorisation

Retenez la règle des deux R : Rhône à droite de la presqu’île quand on regarde une carte (à l’est), Saône à gauche (à l’ouest, on commence par S et S vient avant R inversé dans l’alphabet, donc à gauche). Autre repère : le Rhône roule, la Saône somnole. Le R puissant pour le fleuve glaciaire, le S doux pour la rivière de plaine.

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Fait notable

Pendant des siècles, le Rhône à Lyon n’a été franchi que par un seul pont, le pont de la Guillotière, du XIIIᵉ siècle jusqu’au XVIIIᵉ siècle. La largeur du fleuve atteignait alors plus de 500 mètres à cet endroit, et l’absence d’affleurement rocheux empêchait la construction de piles solides. La technique des caissons pneumatiques, qui résoudra le problème, n’apparaîtra qu’au XIXᵉ siècle.

Questions fréquentes sur le Rhône à Lyon

Quel fleuve traverse Lyon ?

Le Rhône est le fleuve qui traverse Lyon. Il entre par le nord entre le parc de la Tête d’Or et la Croix-Rousse, longe la rive est de la presqu’île, et reçoit la Saône, son principal affluent, au sud du quartier Confluence à La Mulatière.

Quelle est la différence entre le Rhône et la Saône ?

Le Rhône est un fleuve né du glacier de la Furka en Suisse, à régime torrentiel et débit puissant de 600 m³/s à Lyon avant confluence. La Saône est une rivière née dans les Vosges, à pente faible (4 cm/km) et débit calme de 30 m³/s. Le Rhône se jette dans la mer, la Saône dans le Rhône.

Où le Rhône se jette-t-il ?

Le Rhône se jette dans la mer Méditerranée, à hauteur d’Arles où il se divise en deux bras : le Grand-Rhône à l’est et le Petit-Rhône à l’ouest, formant entre eux le delta de la Camargue. L’embouchure principale se trouve à Port-Saint-Louis-du-Rhône.

Quelle est la longueur du Rhône ?

Le Rhône mesure 812 kilomètres au total, dont 290 km en Suisse (incluant la traversée du lac Léman) et 522 km en France. Sa source est située à 2 209 mètres d’altitude au glacier de la Furka, dans le massif du Saint-Gothard.

Quel est le débit du Rhône à Lyon ?

Le débit moyen du Rhône à Lyon est d’environ 600 m³/s avant la confluence avec la Saône, et de 1 032 m³/s après. Ce débit fait du Rhône le fleuve le plus puissant de France, devant la Loire et la Seine. En crue, le débit peut dépasser 10 000 m³/s.

Combien y a-t-il de ponts sur le Rhône à Lyon ?

Le Rhône est franchi par une douzaine de ponts dans Lyon intra-muros, du pont Raymond-Poincaré au nord au pont Pasteur au sud. Les plus connus sont le pont Lafayette, le pont Wilson, le pont de la Guillotière et le pont Galliéni. La Saône, plus étroite, compte une vingtaine de ponts dans la ville.

Le Rhône traverse-t-il d’autres villes importantes ?

Outre Lyon, le Rhône traverse Genève en Suisse, Vienne, Valence, Avignon, Beaucaire, Tarascon et Arles en France. Il passe également à proximité de plusieurs villes moyennes comme Montélimar, Orange et Bagnols-sur-Cèze. Sa vallée constitue depuis l’Antiquité un axe nord-sud majeur en Europe occidentale.

Quels sont les principaux affluents du Rhône ?

Les principaux affluents du Rhône sont la Saône (rive droite, à Lyon), l’Isère (rive gauche, près de Valence), la Durance (rive gauche, en aval d’Avignon), l’Ain (rive droite, avant Lyon), l’Ardèche et le Gardon en rive droite. La Saône est le plus long avec 473 km, la Durance le plus puissant.

Le Rhône a-t-il déjà gelé à Lyon ?

Le Rhône a gelé à Lyon 22 fois entre les années 822 et 1850, selon les chroniques historiques. Il faut une température d’environ -14 °C pendant plusieurs jours consécutifs. Le lac Léman, qui régule la température du fleuve, rend ce phénomène extrêmement rare. La dernière fois remonte à l’hiver 1879-1880.

Quelle est l’origine du nom Rhône ?

Le nom Rhône vient probablement du grec Rhodanos puis du latin Rhodanus. Certains historiens y voient une racine indo-européenne désignant un cours d’eau rapide. Le fleuve fut aussi appelé Eridan dans l’Antiquité, du nom d’un fleuve mythologique grec, et qualifié de « roi des fleuves » par Virgile en raison de ses eaux torrentielles.

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Sources

  1. Métropole de Lyon, Guide biodiversité Rhône et Saône, données officielles 2017
  2. Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, données hydrologiques officielles du bassin
  3. Cap sur le Rhône, carte d’identité de la Saône et du Rhône
  4. Patrimoine de Lyon, histoire des ponts et des aménagements du Rhône à Lyon
  5. Lyon Secret Défense, données comparées Rhône et Saône à Lyon
  6. Vanupied, histoire de la confluence et déplacement du confluent