Quel est le plus grand désert chaud du monde ?

La réponse

Le plus grand désert chaud du monde est le Sahara.

Il couvre environ 8,6 millions de km² au nord de l’Afrique, de l’Atlantique à la mer Rouge, et s’étend sur dix pays. Il occupe près de 30 % du continent africain, la plus vaste étendue aride d’un seul tenant sur Terre.

8,6 M km²
Superficie, près de 30 % de l’Afrique
10 pays
Traversés d’ouest en est
3e
Désert mondial, 1er des déserts chauds

Le piège des quiz tient en un mot : « chaud ». Le Sahara n’est que le troisième désert du monde par la taille. L’Antarctique (14 millions de km²) et l’Arctique le devancent largement, car un désert se définit par son aridité, pas par sa température. Sahara veut d’ailleurs simplement dire « désert » en arabe.

Autre idée fausse tenace : le sable. Les dunes ne couvrent qu’un cinquième de sa surface. Le reste est fait de plaines de pierres, de plateaux et de massifs volcaniques qui culminent à plus de 3 400 mètres.

Le Sahara en chiffres : superficie, pays, dimensions

8,6 Mkilomètres carrés, l’équivalent de plus de 16 fois la France métropolitaine et DOM-TOM réunis.
Ouest, est5 000 km
Nord, sud1 300 à 1 900 km
Part de l’Afrique~30 %
États concernés10 (+1 contesté)
Les chiffres oscillent entre 8,6 et 9 millions de km² selon les limites retenues au sud, vers le Sahel, et l’inclusion ou non du Sahara occidental.

Le Sahara s’étire sur environ 5 000 km d’ouest en est et entre 1 300 et 1 900 km du nord au sud. Sa superficie dépasse celle des États-Unis continentaux et équivaut à plus de seize fois la France.

Une superficie qui varie selon la définition

Les chiffres oscillent entre 8,6 et 9 millions de km² selon les sources. L’Encyclopædia Universalis retient 8,6 millions de km² pour le Sahara proprement dit.

D’après l’Encyclopædia Universalis (notice Sahara, géographie), le désert mesure environ 4 800 km d’est en ouest et couvre près de 8 600 000 km². Étendu au-delà de la mer Rouge, il forme le « désert saharo-arabique » de 12 millions de km². Le chiffre rond de 9 millions souvent cité inclut des marges désertiques plus larges.

Cette fourchette explique les divergences entre manuels. Le périmètre exact dépend des limites retenues au sud, vers le Sahel, et de l’inclusion ou non du Sahara occidental.

Carte topographique du Sahara montrant ses massifs, ergs et plateaux du nord de l'Afrique, de l'Atlantique à la mer Rouge
Carte topographique du Sahara. Source : Wikimedia Commons

Dix pays, plus un territoire contesté

Le Sahara couvre en totalité ou en partie dix États : Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Soudan. L’Algérie en abrite la plus grande portion.

S’y ajoute le Sahara occidental, territoire non autonome de 266 000 km² selon l’ONU, administré en majeure partie par le Maroc et revendiqué par le Front Polisario. Sa présence dans le décompte fait varier le total à « dix ou onze » selon les atlas.

Pourquoi le Sahara n’est-il que le 3e désert du monde ?

Les trois plus grands déserts du monde

Classés par superficie. Un désert se définit par l’aridité, pas la chaleur.

Antarctique désert polaire14 M km²
Arctique désert polaire13,7 M km²
Sahara désert chaud8,6 M km²

Le Sahara arrive 3e au classement global, mais reste de très loin le 1er des déserts chauds.

La réponse intuitive place le Sahara en tête. Elle est fausse. Un désert n’est pas défini par sa chaleur mais par son aridité, c’est-à-dire le manque de précipitations.

Le critère réel

Sous ce critère, les deux plus grands déserts de la planète sont polaires. L’Antarctique arrive en tête, l’Arctique suit avec près de 13,7 millions de km². Ces étendues reçoivent très peu de précipitations et répondent donc à la définition stricte du désert.

Étendue de dunes du Sahara marocain sous un ciel clair, illustrant l'aridité du plus grand désert chaud
Sahara marocain. Source : Wikimedia Commons

Le critère réel : l’aridité, pas la chaleur

Sous ce critère, les deux plus grands déserts de la planète sont polaires. L’Antarctique, avec environ 14 millions de km², arrive en tête. L’Arctique suit avec près de 13,7 millions de km². Ces étendues reçoivent très peu de précipitations et répondent donc à la définition stricte du désert.

Le Sahara, champion incontesté des déserts chauds

Le Sahara conserve néanmoins un titre que personne ne lui dispute : celui de plus grand désert chaud. Aucun autre désert subtropical n’approche sa superficie. Le désert d’Arabie, deuxième, plafonne autour de 2,3 millions de km². L’écart est tel que la première place des déserts chauds ne souffre aucune contestation.

Un désert de pierres bien plus que de sable

80 %REG, HAMADA, MASSIFS
20 %ERGS

Le reg et la hamada

Plaines de cailloux et plateaux rocheux nus dominent le paysage réel. C’est la majorité écrasante de la surface.

L’erg

Les mers de sable aux dunes spectaculaires, celles qu’on imagine, restent minoritaires et concentrées dans quelques zones.

Point culminant : l’Emi Koussi, volcan du Tibesti au Tchad, à 3 415 mètres.

L’image du Sahara comme océan de dunes est trompeuse. Le sable est minoritaire dans le paysage réel.

Le relief

Le relief saharien grimpe haut. Au-delà des plateaux de pierres, les massifs volcaniques du Hoggar et du Tibesti dressent leurs pitons au-dessus du désert, créant des microclimats où subsiste une vie rare.

Paysage saharien de roches, laves et granit, illustrant le reg qui couvre la majorité du désert plutôt que le sable
Laves et granit du Sahara. Source : Wikimedia Commons

Reg, erg, hamada : la vraie composition

Les ergs, ces mers de sable aux dunes spectaculaires, ne couvrent qu’environ 20 % de la surface. Les 80 % restants sont des regs, étendues de cailloux et de graviers, des hamadas, plateaux rocheux nus, et des massifs montagneux. Le grand erg occidental et le grand erg oriental, en Algérie, comptent parmi les rares zones véritablement sableuses.

Des sommets à plus de 3 000 mètres

Le relief saharien grimpe haut. Le point culminant est l’Emi Koussi, volcan du massif du Tibesti au Tchad, à 3 415 mètres d’altitude. Le Hoggar, en Algérie, dresse ses pitons volcaniques au-dessus du désert. Ces massifs créent des microclimats où subsiste une vie rare.

Le climat le plus aride de la planète

Une amplitude thermique parmi les plus brutales au monde

0 °C
nuit d’hiver
50 °C+
jour d’été
+30 °C
écart possible entre le jour et la nuit
5 à 10 ans
sans pluie dans le Sahara oriental
~0,5 mm
pluie annuelle sur 1 M de km²

Le Sahara cumule les extrêmes : chaleur, sécheresse et amplitude thermique. C’est cette combinaison qui en fait le désert chaud le plus absolu.

Les ergs de Libye

Dans le triangle de feu algérien, le mercure dépasse couramment 50 °C l’été. La nuit, sans humidité ni végétation pour retenir la chaleur, il chute brutalement, parfois jusqu’aux valeurs négatives en hiver.

Dunes de l'erg d'Aoubari en Libye avec un lac d'oasis, sous un ciel limpide du Sahara central
Erg d’Aoubari, Libye. Source : Wikimedia Commons

Des précipitations quasi nulles

Certaines zones du Sahara oriental restent entièrement sèches pendant cinq à dix années consécutives.

D’après l’article Sahara de Wikipédia, près de 1 million de km² du Sahara oriental, en Libye, en Égypte et au Soudan, reçoivent en moyenne 0,5 mm de pluie par an, soit une pluviométrie théorique proche de zéro. Environ 31 % de la superficie totale reçoit 10 mm ou moins par an.

L’aridité ne tient pas qu’aux faibles pluies. À précipitations égales, la chaleur et l’évaporation potentielle, parmi les plus fortes au monde, aggravent la sécheresse.

Le jour brûle, la nuit gèle

Les températures estivales dépassent couramment 50 °C dans le triangle Adrar-Reggane-In Salah, en Algérie, surnommé le triangle de feu. La nuit, sans humidité ni végétation pour retenir la chaleur, le mercure chute brutalement. L’écart entre le jour et la nuit dépasse souvent 30 °C, et l’hiver peut amener des températures négatives.

Le record de chaleur n’appartient pas au Sahara

Idée reçue contre records mesurés

Température de l’air

56,7 °C

Vallée de la Mort, États-Unis, le 10 juillet 1913. Record mondial homologué par l’OMM.

Température au sol

80,8 °C

Désert de Lut (Iran) et désert de Sonora (Mexique), relevé satellite MODIS.

Dans les deux mesures, le Sahara est absent du podium. Son vrai titre : la plus forte chaleur moyenne rapportée à une surface aussi vaste.

Voici l’angle que la plupart des fiches ignorent. Malgré sa réputation, le Sahara ne détient aucun record mondial de température. Le titre se joue ailleurs, et il dépend de ce que l’on mesure.

Le désert de Lut

En Iran, le sol noirci par d’anciennes coulées absorbe la chaleur, et les reliefs alentour bloquent l’air. Les satellites de la NASA y ont relevé 80,8 °C au sol, un record que le Sahara, malgré sa réputation, n’atteint pas.

Formations de kaluts du désert de Lut en Iran, lieu du record mondial de température de surface mesuré par satellite
Désert de Lut, Iran. Source : Wikimedia Commons

Température de l’air : Death Valley garde le record officiel

Le record mondial homologué de température de l’air reste 56,7 °C, mesuré à Furnace Creek, dans la Vallée de la Mort en Californie, le 10 juillet 1913. L’ancien record libyen de 58 °C a été invalidé par l’Organisation météorologique mondiale pour cause d’instruments défaillants.

Température au sol : le désert de Lut surpasse tout

Pour la chaleur du sol mesurée par satellite, le Sahara est encore distancé.

D’après une étude publiée dans l’analyse MODIS de la NASA (Zhao et al., données 2002-2019), la température de surface la plus élevée jamais relevée sur Terre atteint 80,8 °C, observée à la fois dans le désert de Lut en Iran et dans le désert de Sonora au Mexique. Ce chiffre dépasse de plus de 10 °C le précédent record de 70,7 °C établi en 2005.

Le Sahara n’apparaît donc dans aucun palmarès des points les plus chauds. Sa supériorité est ailleurs : aucun désert ne rivalise avec lui sur la chaleur moyenne, calculée sur l’ensemble d’une superficie aussi vaste.

Quand le Sahara était vert

Du Sahara vert au désert actuel

~10 000 ans
Savane verte, lacs, girafes et hippopotames
~5 500 ans
L’orbite terrestre affaiblit la mousson
Aujourd’hui
Désert hyperaride, cycle astronomique

Les peintures rupestres du Tassili n’Ajjer, en Algérie, gardent la trace de cette savane disparue.

Le désert n’a pas toujours existé sous sa forme actuelle. Son histoire récente, à l’échelle géologique, surprend.

Les gravures rupestres

Sur les parois du Tassili n’Ajjer, des gravures vieilles de plusieurs millénaires montrent des girafes, des éléphants et du bétail. Elles témoignent d’une époque où la région était une savane parcourue de troupeaux.

Gravures rupestres de girafes à In Djaren dans le Tassili, vestiges de la période où le Sahara était une savane verte
Gravures rupestres, Tassili. Source : Wikimedia Commons

Une savane peuplée de girafes

Il y a environ 10 000 ans, le Sahara était une savane verdoyante traversée de lacs et de rivières, peuplée de lions, de girafes, d’éléphants et d’hippopotames. Cette période, dite du Sahara vert ou subpluvial néolithique, correspond à l’optimum climatique de l’Holocène. Les peintures rupestres du Tassili n’Ajjer, en Algérie, en gardent la trace.

Une désertification liée à l’orbite terrestre

La transition s’est faite il y a environ 5 500 ans. La cause principale tient à un léger changement de l’inclinaison et de l’orbite terrestres, qui a affaibli la mousson africaine et privé la région de pluies. Le verdissement passé du Sahara suivait ainsi un cycle astronomique de plusieurs dizaines de milliers d’années.

Ce fait mérite d’être retenu

La poussière du Sahara traverse aujourd’hui l’Atlantique et fertilise la forêt amazonienne. Chaque année, des millions de tonnes de sable riche en phosphore sont transportées par les vents jusqu’en Amérique du Sud, où elles nourrissent les sols. Le plus grand désert chaud du monde alimente ainsi la plus grande forêt tropicale.

Astuce de mémorisation

Le mot « Sahara » vient de l’arabe ṣaḥrā, qui signifie tout simplement « désert ». Le plus grand désert chaud du monde s’appelle donc, littéralement, « Désert ». Imaginer quelqu’un plantant une pancarte « DÉSERT » en plein milieu du Sahara : aussi absurde que définitif. Pour la place au classement, retenir « 1er chaud, 3e tout court », les deux premiers étant des déserts de glace.

Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.

Questions fréquentes sur le plus grand désert chaud

Quel est le plus grand désert du monde toutes catégories ?

C’est l’Antarctique, avec environ 14 millions de km². Un désert se définit par sa faible pluviométrie, pas par sa chaleur. L’Antarctique et l’Arctique sont des déserts polaires plus vastes que le Sahara. Ce dernier n’arrive qu’en troisième position au classement global, mais reste de loin le premier des déserts chauds.

Quel est le deuxième plus grand désert chaud ?

Le désert d’Arabie, dans la péninsule Arabique, occupe la deuxième place avec environ 2,3 millions de km². L’écart avec le Sahara est considérable, puisque ce dernier le dépasse de près de quatre fois. Les deux ensembles, séparés par la mer Rouge, forment géologiquement un seul grand désert saharo-arabique.

Le Sahara est-il le désert le plus chaud du monde ?

Pas selon les records mesurés. Le record de température de l’air revient à la Vallée de la Mort, aux États-Unis, avec 56,7 °C en 1913. Le record de chaleur au sol appartient au désert de Lut, en Iran, et au désert de Sonora, avec 80,8 °C. Le Sahara domine en revanche sur la chaleur moyenne rapportée à sa surface gigantesque.

Combien de pays traverse le Sahara ?

Le Sahara s’étend sur dix pays : Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Soudan. L’Algérie en possède la part la plus grande. Certaines sources comptent onze entités en ajoutant le Sahara occidental, territoire non autonome de 266 000 km² administré en grande partie par le Maroc.

Le Sahara est-il vraiment couvert de sable ?

Non, c’est l’idée reçue la plus répandue. Le sable et les dunes, regroupés dans les ergs, ne couvrent qu’environ 20 % de la superficie. Les 80 % restants sont des plaines de cailloux, des plateaux rocheux et des massifs montagneux. Le point culminant, l’Emi Koussi au Tchad, atteint même 3 415 mètres d’altitude.

Pourquoi le Sahara s’est-il transformé en désert ?

Il y a environ 5 500 ans, un léger changement de l’orbite terrestre et de son inclinaison a affaibli la mousson africaine. Privée de pluies, la savane verdoyante qui couvrait la région s’est asséchée en quelques siècles. Ce verdissement et cette désertification suivent un cycle astronomique long de plusieurs dizaines de milliers d’années.

Que signifie le mot Sahara ?

Le terme vient du substantif arabe ṣaḥrā, qui signifie « désert ». Le plus grand désert chaud du monde porte donc, littéralement, le nom de « désert ». Le mot connote aussi la teinte rougeâtre des plaines sans végétation, proche de l’adjectif arabe désignant cette couleur.

Pour situer ce géant parmi les autres records de la planète, la fiche sur le plus haut sommet d’Afrique prolonge le tour du continent.

Ce qu’il faut retenir du géant africain

Fiche d’identité

Le Sahara, en une vue

Rang mondial

3e désert1er des déserts chauds

Superficie

~8,6 M km²près de 30 % de l’Afrique

Composition

80 % de pierres20 % de sable seulement

Point culminant

3 415 mEmi Koussi, Tibesti, Tchad

Étymologie

« désert »de l’arabe ṣaḥrā

Record de chaleur

Pas le sienLut et Death Valley devant

Le Sahara résume un paradoxe : immense mais pas le plus grand, brûlant mais sans record, sableux mais surtout rocheux. Le retenir, c’est retenir trois pièges de quiz d’un coup.

Vue aérienne par drone du Sahara algérien mêlant dunes et étendues rocheuses, illustrant l'immensité du plus grand désert chaud
Vue aérienne du Sahara algérien. Source : Wikimedia Commons

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