Réponse directe
Au
Le symbole chimique de l’or est Au, tiré du latin aurum. Le chimiste suédois Jöns Jacob Berzelius l’a fixé en 1813, en fondant la notation moderne sur les noms latins des éléments. L’or occupe la case 79 du tableau périodique : son noyau compte 79 protons.
79
Numéro atomique
aurum
Nom latin d’origine
1813
Notation fixée par Berzelius
Aurum se rattache à la racine indo-européenne aus, qui signifie briller. La même racine a donné aurora, l’aurore. Au désigne donc littéralement la lumière de l’aube figée en métal. Deux lettres, une étymologie, un repère durable.
Le piège de quiz classique consiste à confondre Au avec Ag, le symbole de l’argent, lui aussi hérité du latin. Les deux métaux se suivent dans la même colonne du tableau périodique, ce qui alimente la confusion. Ag vient d’argentum, Au vient d’aurum : deux mots latins, deux métaux précieux, deux symboles distincts.
Voir aussi la fiche sur le symbole chimique de l’argent, l’autre réponse piège des quiz de chimie.
Sommaire
Pourquoi le symbole de l’or est Au et pas O ni Or
De la racine au symbole
aus
racine indo-européenne, briller
aurum
latin, l’or, attesté chez Pline
Au
symbole fixé en 1813 par Berzelius
La même racine a produit aurora, l’aurore, et le français aurifère, qui contient de l’or. Le symbole Au porte donc, en deux lettres, l’idée de lumière du soleil levant.
La question revient à chaque quiz : pourquoi deux lettres latines plutôt que le mot français ? La réponse tient à une décision prise au début du XIXe siècle. La chimie avait besoin d’une écriture universelle, lisible de Stockholm à Paris, indépendante des langues nationales.
Aurum, la lumière de l’aube devenue métal
Le latin aurum désignait l’or dès l’Antiquité romaine. Pline l’Ancien l’employait au Ier siècle pour décrire les paillettes des fleuves aurifères. Le mot a essaimé dans le français moderne : aurifère qualifie un gisement contenant de l’or, aureux désigne ses sels monovalents en chimie.
D’après la Société Chimique de France (L’Actualité Chimique, n°418-419, 2017), aurum dérive d’une racine indo-européenne signifiant briller, la même qui a produit aurora en latin. L’or et l’aurore partagent ainsi la même famille étymologique, celle de l’éclat du soleil levant.
Berzelius, l’inventeur des symboles modernes
En 1813, Jöns Jacob Berzelius propose de remplacer les pictogrammes alchimiques par des lettres tirées des noms latins des éléments. Le système simplifie l’écriture et l’impression des formules, et s’impose rapidement dans toute l’Europe scientifique. Une lettre capitale, parfois suivie d’une minuscule : Fe, Cu, Au.
Le latin joue le rôle de langue neutre. Gold en anglais, zoloto en russe, or en français : chaque langue a son mot, mais tous les chimistes du monde écrivent Au. Le symbole survit ainsi aux frontières, ce que ni O ni Or n’auraient permis.
Ce que O et Or auraient cassé
La lettre O est déjà prise : elle désigne l’oxygène, du latin scientifique oxygenium. Attribuer O à l’or aurait rendu illisible la moindre formule d’oxyde. Or n’existe qu’en français, ce qui l’excluait d’office d’une nomenclature internationale.
La règle d’écriture est stricte : première lettre en capitale, seconde en minuscule. Au est la seule graphie valide, jamais AU ni au. En chimie, la casse change le sens : Co désigne le cobalt, CO le monoxyde de carbone.
Où se situe l’or dans le tableau périodique ?
La case 79, groupe 11, période 6
79
Au
or
masse atomique 196,97
La colonne des métaux monnayés
Cu
cuivre
29
Ag
argent
47
Au
or
79
Un seul isotope stable, l’or 197. Sur la période 6, l’or est encadré par le platine et le mercure.
L’or appartient au groupe 11 et à la période 6 de la classification. Il se place juste sous l’argent, dans la colonne dite des métaux de la monnaie. Cuivre, argent, or : trois métaux monnayés depuis l’Antiquité, empilés dans la même colonne du tableau.
Numéro atomique 79, masse atomique 196,97
Le numéro atomique 79 signifie que chaque atome d’or contient exactement 79 protons. Sa masse atomique s’établit à 196,97. Ces deux valeurs identifient l’élément sans ambiguïté, quelle que soit sa forme : pépite, lingot, feuille ou nanoparticule.
L’élément 79
D’après le CNRS (Institut UTINAM, fiche élément Or), le noyau le plus courant associe 79 protons et 118 neutrons. Cette architecture atomique détermine toutes les propriétés du métal, de sa couleur jaune à son inertie chimique.
Un seul isotope stable, l’or 197
L’or naturel est monoisotopique : seul l’or 197 est stable. Tout l’or terrestre, du masque de Toutânkhamon aux lingots des banques centrales, partage donc une composition nucléaire strictement identique. L’isotope radioactif or 198, produit artificiellement, sert en médecine nucléaire pour des scintigraphies hépatiques.
Un métal de transition au voisinage du platine
L’or est classé parmi les métaux de transition, comme le platine qui le précède d’une case. Il forme des cations Au+ et Au3+ en solution. Sa structure cristalline cubique à faces centrées explique sa souplesse : les plans d’atomes glissent facilement les uns sur les autres, d’où sa légendaire malléabilité.
Les propriétés qui ont fait la légende de l’or
19,3 g/cm³
Masse volumique de l’or. Un litre pèse 19,3 kg, presque le double du plomb.
1064 °C
Point de fusion. Sa valeur exacte de congélation, 1064,18 °C, sert de point fixe à l’échelle internationale de température ITS-90.
1/10 000 mm
Épaisseur d’une feuille d’or battue, si fine qu’elle laisse passer une lumière verte.
Aucun acide isolé n’attaque l’or. Seuls l’eau régale, les cyanures et le chlore gazeux en viennent à bout.
Le symbole Au recouvre un ensemble de propriétés physiques hors norme. Densité, éclat, inaltérabilité : chacune a nourri trois mille ans de convoitise, des pharaons aux banques centrales.
Dense, jaune, fusible à 1064 °C
D’après l’encyclopédie Larousse (article Or), la masse volumique de l’or atteint 19,3 g/cm³ et son point de fusion 1064 °C. Un litre d’or pèse donc 19,3 kilogrammes, presque le double du plomb. Cette densité permet l’orpaillage : l’or se dépose au fond de la batée quand tout le reste s’évacue.
Ce point de fusion joue un rôle méconnu en métrologie. La température de congélation de l’or, fixée à 1064,18 °C, sert de point fixe de l’échelle internationale de température ITS-90. Le métal des lingots étalonne ainsi les thermomètres de haute précision du monde entier.
Le métal le plus malléable connu
La malléabilité
L’or est le plus malléable et le plus ductile de tous les métaux. On peut le battre en feuilles d’un dix-millième de millimètre, si fines qu’elles laissent passer une lumière verte. Cette propriété a permis la dorure à la feuille, des dômes byzantins aux Invalides.
Un métal noble, presque inattaquable
Ni l’air, ni l’eau, ni aucun acide isolé n’attaquent l’or, d’où son statut de métal noble. Seuls en viennent à bout l’eau régale, les cyanures et le chlore gazeux. Il se dissout aussi dans le mercure, en formant un amalgame longtemps utilisé pour l’extraction. Cette inertie explique que des pièces antiques ressortent intactes après deux mille ans sous la mer.
Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.
Au, Ag, Or : les confusions qui coûtent des points
Trois pièges, une seule graphie valide
Ag
symbole de l’argent, argentum en latin
O
symbole de l’oxygène, déjà attribué
Or
mot français, inconnu de la nomenclature
Au
A en capitale, u en minuscule. Toute autre casse est fausse : AU et au n’existent pas en chimie.
La casse est signifiante : Co désigne le cobalt, CO le monoxyde de carbone.
En quiz, la question sur le symbole de l’or produit trois erreurs récurrentes. Les connaître, c’est déjouer les trois quarts des pièges sur les éléments chimiques.
Au ou Ag, le grand classique
Ag est le symbole de l’argent, du latin argentum. La proximité des deux métaux précieux, voisins de colonne, entretient la confusion. Le moyen le plus sûr de trancher : Au commence comme aurore, Ag commence comme argentum, donc comme argent.
Les autres symboles latins à connaître
L’or n’est pas un cas isolé. Le fer s’écrit Fe pour ferrum, le plomb Pb pour plumbum, le cuivre Cu pour cuprum. Une dizaine d’éléments conservent ainsi un symbole hérité du latin, vestige des métaux connus avant la chimie moderne.
Le mirage de la fabrication d’or
Les alchimistes ont cherché pendant des siècles à transmuter le plomb en or. La physique nucléaire y parvient réellement : en 1980, l’équipe de Glenn Seaborg a produit des traces d’or par transmutation du bismuth en accélérateur. Le coût dépasse de plusieurs ordres de grandeur la valeur du métal obtenu, ce qui clôt le rêve alchimique par l’économie plutôt que par la science.
Des carats aux lingots, ce que pèse le symbole Au
Le titre de l’or, du carat au millième
24 carats
999,9 ‰
18 carats
750 ‰
14 carats
585 ‰
9 carats
375 ‰
En France, le poinçon tête d’aigle garantit le titre de 750 millièmes. Les titres 585 et 375 sont légaux depuis la loi du 4 janvier 1994.
Au ne vit pas que dans le tableau périodique. Le symbole structure aussi le langage de la bijouterie et des marchés, des poinçons français aux réserves des banques centrales.
24 carats, 750 millièmes, tête d’aigle
L’or pur correspond à 24 carats. Trop mou pour la bijouterie, il est allié à d’autres métaux : l’or 18 carats contient 750 millièmes d’or pur. En France, le poinçon tête d’aigle garantit ce titre de 750 millièmes. Depuis la loi du 4 janvier 1994, les titres 585 et 375 millièmes sont aussi autorisés.
Une production mondiale record
Les lingots
D’après le World Gold Council (Gold Demand Trends, Full Year 2025), la production minière mondiale a atteint le record de 3 672 tonnes en 2025, et les banques centrales ont acheté 863 tonnes dans l’année. La Chine reste le premier producteur mondial, avec environ 10 % de l’extraction totale.
Astuce de mémorisation
Au comme aube. Aurum vient d’une racine qui signifie briller, la même que le mot aurore. Visualiser un lever de soleil dont la lumière dorée se fige en lingot : l’or est l’aube devenue métal, donc Au. Une seule image, un seul son d’attaque, le réflexe tient sans effort. Pour ancrer ce type d’association sur la durée, voir la fiche comment mémoriser.
Fait notable
L’or terrestre est né hors de la Terre. Selon le CNRS, environ 94 % de l’or de l’Univers provient de la capture rapide de neutrons, notamment lors de fusions d’étoiles à neutrons. Chaque bague porte donc la matière d’un cataclysme cosmique antérieur à la formation du Système solaire.
Au, deux lettres qui résument trois mille ans de convoitise
Au
Une étymologie solaire, la case 79 du tableau, une inertie chimique unique. Le repère tient en une image : l’or est l’aurore devenue métal.
Fe
ferrum, la même logique pour le fer
Pb
plumbum, la même logique pour le plomb
Cu
cuprum, la même logique pour le cuivre
Le symbole Au condense tout ce qui fait l’or : une étymologie solaire, la case 79 du tableau périodique, une inertie chimique unique et un statut monétaire jamais démenti. Retenir Au, c’est retenir aurum et sa racine lumineuse, le repère le plus fiable face aux pièges Ag, O et Or.
Le symbole de l’or n’est qu’une case parmi les 118 du tableau, et une question parmi les milliers que brasse la culture générale. La méthode reste la même : un fait exact, un ancrage concret, une vérification aux sources.
Pour transformer ce réflexe en habitude, 15 min/jour suffisent sur l’app Kultra.
Questions fréquentes sur le symbole chimique de l’or
Pourquoi le symbole de l’or n’est pas O ?
La lettre O désigne déjà l’oxygène dans la nomenclature internationale. Chaque symbole doit être unique pour que les formules restent lisibles. Berzelius a donc puisé dans le latin aurum, ce qui donne Au. Ce choix garantit aussi la neutralité linguistique : le symbole reste identique dans toutes les langues, contrairement aux mots or, gold ou zoloto.
Comment s’écrit correctement le symbole Au ?
La convention impose une capitale initiale suivie d’une minuscule : Au. Les graphies AU, au ou aU sont fausses et peuvent changer le sens d’une formule chimique. La casse est signifiante en chimie : Co désigne le cobalt alors que CO désigne le monoxyde de carbone, deux entités sans aucun rapport.
Peut-on vraiment transformer du plomb en or ?
Oui, par transmutation nucléaire, mais à un coût absurde. En 1980, l’équipe de Glenn Seaborg a converti des atomes de bismuth en or dans un accélérateur de particules. La quantité obtenue se comptait en milliers d’atomes, pour une dépense énergétique colossale. Produire un gramme d’or par cette voie coûterait des milliards, contre quelques dizaines d’euros à la mine.
Pourquoi l’eau régale dissout-elle l’or ?
L’eau régale mélange acide chlorhydrique et acide nitrique. Aucun des deux ne dissout l’or isolément, mais leur combinaison agit en tandem : les ions nitrates oxydent le métal pendant que les chlorures stabilisent l’or dissous en acide chloroaurique HAuCl4. Son nom vient de là : elle dissout le roi des métaux, d’où le qualificatif de régale.
L’or est-il le métal le plus dense ?
Non, et c’est un piège fréquent. Avec 19,3 g/cm³, l’or est très dense, mais l’osmium et l’iridium le dépassent avec environ 22,6 g/cm³. L’or reste toutefois le plus dense des métaux précieux courants de la bijouterie, nettement devant l’argent et ses 10,5 g/cm³, ce qui permet de détecter certaines contrefaçons par simple pesée.
Combien pèse un lingot d’or standard ?
Le lingot de référence des marchés internationaux, dit Good Delivery, pèse environ 400 onces troy, soit à peu près 12,4 kilogrammes. C’est le format qu’échangent les banques centrales et le marché de Londres. Le grand public connaît plutôt le lingot d’un kilogramme, format dominant de l’épargne en France, ou les lingotins de 100 et 250 grammes.
Quel était le symbole de l’or en alchimie ?
Avant Berzelius, les alchimistes représentaient l’or par un cercle pointé en son centre, le même signe que le Soleil en astronomie. Chaque métal était associé à un astre : l’argent à la Lune, le mercure à la planète Mercure. Le système de 1813 a remplacé ces pictogrammes par des lettres, plus simples à composer en imprimerie.
Quel autre symbole chimique surprend autant que Au ?
Le tungstène, de symbole W, déroute encore davantage : la lettre vient de l’allemand Wolfram, nom du minerai dont il est extrait. Le sodium s’écrit Na pour natrium, le potassium K pour kalium, l’étain Sn pour stannum. Dans tous les cas, la logique est la même que pour Au : le symbole suit le nom ancien, pas le nom français.
Sources
- Société Chimique de France, fiche élément Or
- Société Chimique de France, L’Actualité Chimique n°418-419, Clin d’œil étymologique : à propos de l’or
- CNRS, Institut UTINAM, fiche Or
- Encyclopédie Larousse, article Or
- World Gold Council, Gold Demand Trends, Full Year
- World Gold Council, production minière par pays
- L’École des Arts Joailliers, Focus : qu’est-ce que l’or ?
- Wikipédia, Nom des éléments chimiques
L’auteur
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