Quel est le symbole chimique du fer ?

Réponse directe

Le symbole chimique du fer est Fe, du latin ferrum. Métal de transition de numéro atomique 26, quatrième élément le plus abondant de la croûte terrestre et constituant majeur du noyau de la Terre.

26
Numéro atomique
55,845
Masse atomique, en u
1er
Élément le plus abondant de la Terre, par masse

Deux lettres, une racine antique. Le fer figure parmi la poignée d’éléments connus dès l’Antiquité, dont le symbole vient du nom latin et non du nom français. D’où Fe, et non Fr, qui désigne un tout autre élément.

Ce même mécanisme relie Fe au groupe des métaux anciens, aux côtés de l’or, de l’argent et du cuivre, tous nommés d’après le latin.

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Pourquoi le symbole du fer est Fe et pas Fr

La confusion à éviter
Fe

Fer, du latin ferrum

Numéro atomique 26. Les deux premières lettres du mot latin donnent le symbole.

Fr

Francium, un tout autre élément

Numéro atomique 87. Radioactif, isolé en 1939 par Marguerite Perey. Parmi les plus rares sur Terre.

Même règle pour les autres métaux antiques nommés d’après le latin : Au (aurum), Ag (argentum), Cu (cuprum). Première lettre en majuscule, seconde en minuscule.

Une abréviation du latin ferrum

Le tableau périodique attribue à chaque élément une abréviation d’une ou deux lettres. Pour les métaux connus depuis l’Antiquité, cette abréviation dérive du nom latin, pas du nom vernaculaire. Le fer se disait ferrum chez les Romains, terme qui désignait le métal, puis par extension l’épée et l’outil. Fe reprend les deux premières lettres de ce mot.

La règle est systématique. La première lettre est en majuscule, la seconde en minuscule. Elle explique aussi pourquoi le symbole du symbole de l’or est Au (aurum), celui de l’argent Ag (argentum) ou celui du cuivre Cu (cuprum).

Fe contre Fr, la confusion classique

Fr n’a rien à voir avec le fer. C’est le symbole du francium, élément radioactif de numéro atomique 87, isolé en 1939 par la physicienne française Marguerite Perey à l’Institut du radium. Le francium compte parmi les éléments naturels les plus rares de la croûte terrestre. Confondre Fe et Fr revient à confondre un métal produit par milliards de tonnes avec un élément dont il n’existe jamais plus de quelques dizaines de grammes sur Terre à un instant donné.

Le fer dans le tableau périodique

26
Fe
55,845 u
26
Protons dans le noyau
Bloc d
Métal de transition, 1re série
Fe·Co·Ni
Triade des métaux ferreux

Quatre isotopes stables, par abondance

Fer 56 · 91,75 %
Fer 56 91,75 %Fer 54 5,85 %Fer 57 2,12 %Fer 58 0,28 %

Le fer pur

Le noyau d’un atome de fer contient 26 protons, ce qui fixe son numéro atomique à 26. Sa masse atomique standard est de 55,845. Le fer occupe la première série des métaux de transition, entre le manganèse et le cobalt, dans le bloc d des éléments.

Cylindre de fer pur de 16 grammes et 1 cm de diamètre, métal gris argenté à surface polie
Fer pur, images-of-elements.com, Wikimedia Commons

Le groupe du fer

Le fer, le cobalt et le nickel forment ce que les chimistes nomment la triade des métaux ferreux, ou groupe du fer. Ces trois éléments partagent des propriétés chimiques voisines et une même aptitude au ferromagnétisme. Cette parenté explique que le noyau terrestre soit un alliage fer-nickel, et que les trois seuls métaux naturellement magnétiques à température ambiante soient précisément ceux de ce groupe.

Les isotopes du fer

Le fer possède quatre isotopes stables, classés par abondance : le fer 56 domine largement avec 91,75 % des atomes, suivi du fer 54 (5,85 %), du fer 57 (2,12 %) et du fer 58 (0,28 %). Le fer 56 est aussi le noyau le plus stable de la nucléosynthèse stellaire, une propriété aux conséquences cosmiques majeures.

Propriétés physiques et chimiques du fer

1 538 °C
Point de fusion
2 861 °C
Point d’ébullition
7 874
kg/m³
Densité, près de 8 fois l’eau
770 °C
Point de Curie : au-delà de ce seuil, le fer perd son magnétisme et devient paramagnétique. Le basculement est réversible, le métal se réaimante en refroidissant.

Fusion, ébullition et densité

Le fer pur est un métal gris argenté, ductile et malléable. Il fond à 1 538 °C et bout à 2 861 °C. Sa densité atteint 7 874 kg/m³, soit près de huit fois celle de l’eau.

D’après la Royal Society of Chemistry (fiche élément fer), ces valeurs placent le fer parmi les métaux à point de fusion élevé, une propriété exploitée en métallurgie pour couler l’acier à très haute température.

Magnétisme et point de Curie

Le fer est ferromagnétique dans les conditions ambiantes. Il est attiré par un aimant et peut lui-même être aimanté. Cette propriété disparaît au-delà de 770 °C, seuil appelé point de Curie. Chauffé au-dessus de cette température, le fer devient paramagnétique et perd son aimantation. Ce basculement est réversible : au refroidissement, le métal redevient magnétique.

Oxydation et rouille

La rouille

Au contact de l’oxygène et de l’humidité, le fer s’oxyde en un oxyde ferrique hydraté brun-rouge. Contrairement à l’oxyde d’aluminium, étanche, la rouille est poreuse : elle laisse l’oxydation progresser jusqu’à désagréger la pièce.

Échantillon d'oxyde de fer III, poudre brun-rouge caractéristique de la rouille
Oxyde de fer III, Wikimedia Commons

Cette corrosion figure parmi les phénomènes les plus coûteux de l’industrie, ce qui justifie les traitements anticorrosion et les aciers inoxydables enrichis en chrome.

Le métal fondateur de l’industrie

1 849 Mt
Production mondiale d’acier brut en 2025. Aucun autre métal n’en approche le volume, la Chine en concentre plus de la moitié.
≈ 3200 av. J.-C.
Premier travail du fer, d’abord météoritique
≈ 1200 av. J.-C.
Âge du fer, il succède à l’âge du bronze
0,02 à 2,1 %
Teneur en carbone qui transforme le fer en acier

Le fer pur reste mou. En y dosant le carbone, les métallurgistes obtiennent un matériau à la fois dur et façonnable : l’acier, colonne vertébrale de l’industrie moderne.

Coulée de fer en fusion orange incandescent sortant d'un haut fourneau sidérurgique
Fer en fusion à la sortie d’un haut fourneau. Wikimedia Commons

De l’âge du fer à l’acier

Le fer est travaillé depuis environ 3 200 avant notre ère, d’abord sous forme de fer météoritique, puis par réduction du minerai. L’âge du fer succède à l’âge du bronze vers 1 200 avant notre ère. La rupture est technologique : le fer est plus dur que le bronze, et son minerai bien plus abondant que le cuivre ou l’étain.

Le saut décisif est l’acier, alliage de fer et de carbone. En maintenant la teneur en carbone entre 0,02 % et 2,1 %, les métallurgistes obtiennent un matériau à la fois dur et façonnable. Alors que le fer pur reste relativement mou, l’acier gagne en résistance mécanique dans des proportions considérables.

Le métal le plus produit au monde

Aucun autre métal n’approche le fer en volume de production. D’après la World Steel Association (production mondiale d’acier brut), la production a atteint 1 849 millions de tonnes d’acier brut en 2025. La Chine en concentre à elle seule plus de la moitié, devant l’Inde, les États-Unis et le Japon. Les principaux gisements de minerai se situent en Australie, au Brésil, en Chine et en Russie.

Le fer dans le corps humain

Besoins quotidiens en fer

Références nutritionnelles Anses pour l’adulte

11 mg/j
Homme adulte
16 mg/j
Femme non ménopausée, en raison des pertes menstruelles

Le fer héminique des aliments d’origine animale s’absorbe bien mieux que le fer non héminique des végétaux. La vitamine C améliore l’absorption, le thé et le café la freinent.

L’hémoglobine

Le fer est le composant central de l’hémoglobine, la protéine des globules rouges qui transporte l’oxygène des poumons vers les tissus. Sans fer, pas de transport d’oxygène. Une carence provoque l’anémie ferriprive, l’une des carences les plus répandues au monde.

Micrographie de globules rouges humains en forme de disques biconcaves, colorés en rouge
Globules rouges, micrographie NIH, Wikimedia Commons

Le cœur de l’hémoglobine

Le fer est le composant central de l’hémoglobine, la protéine des globules rouges qui transporte l’oxygène des poumons vers les tissus. Sans fer, pas de transport d’oxygène, donc pas de respiration cellulaire. Une carence provoque l’anémie ferriprive, l’une des carences nutritionnelles les plus répandues dans le monde.

Fer héminique, fer non héminique

Le fer alimentaire existe sous deux formes. Le fer héminique, présent uniquement dans les aliments d’origine animale, est bien mieux absorbé que le fer non héminique des végétaux. La vitamine C consommée au même repas améliore l’absorption du fer végétal, tandis que le thé et le café la freinent.

Selon l’Anses (références nutritionnelles, mise à jour 2021), un homme adulte a besoin de 11 mg de fer par jour, contre 16 mg pour une femme non ménopausée, en raison des pertes menstruelles. Ces repères font du fer un nutriment sous surveillance de santé publique en France.

Astuce de mémorisation

Astuce de mémorisation

FErrum = FEr Fe

Les deux premières lettres sont déjà là, identiques dans le mot latin et dans le mot français. Pour ancrer, imaginer un forgeron romain qui estampille son fer au fer rouge d’un sceau marqué « FE ». Image absurde, mémoire immédiate. Et pour ne jamais confondre avec Fr, retenir que le francium est bien trop rare pour tenir dans une forge.

Un blocage nucléaire qui fait exploser les étoiles

Fait notable
H
Hydrogène
He
Hélium
C
Carbone
O
Oxygène
Si
Silicium
Fe
Fer 56
STOP

Les étoiles massives fusionnent des noyaux de plus en plus lourds pour produire de l’énergie, jusqu’au fer. Une fois le fer 56 atteint, la fusion cesse de libérer de l’énergie et commence à en consommer. Ce blocage déclenche l’effondrement du cœur stellaire et l’explosion en supernova. Le fer marque la limite au-delà de laquelle une étoile ne peut plus se nourrir de sa propre fusion.

Questions fréquentes sur le symbole chimique du fer

Quelle est la différence entre le fer et l’acier ?

Le fer pur est un métal relativement tendre, peu employé tel quel dans l’industrie. L’acier est un alliage de fer et de carbone, dont la teneur en carbone varie entre 0,02 % et 2,1 %. Cet ajout modifie profondément les propriétés mécaniques : l’acier devient plus dur et plus résistant à la traction. D’autres éléments comme le chrome ou le nickel donnent les aciers inoxydables.

Pourquoi le fer rouille-t-il ?

La rouille résulte de l’oxydation du fer en présence d’eau et d’oxygène. Le métal réagit avec l’oxygène pour former des oxydes ferriques hydratés, de couleur brune. Le problème vient de la structure poreuse de la rouille : elle ne protège pas la surface, contrairement à l’oxyde d’aluminium. L’oxydation progresse donc en profondeur jusqu’à la destruction de la pièce métallique.

Le fer est-il magnétique ?

Oui, le fer est ferromagnétique à température ambiante : il est fortement attiré par les aimants et peut être aimanté. Cette propriété disparaît au-dessus de 770 °C, le point de Curie, où le fer devient paramagnétique. Le nickel et le cobalt sont les deux autres métaux naturellement ferromagnétiques, ce qui n’a rien d’un hasard puisqu’ils forment avec le fer la triade des métaux ferreux.

Quels aliments sont les plus riches en fer ?

Les meilleures sources sont le boudin noir, les abats comme le foie, les viandes rouges et certains fruits de mer, notamment les palourdes et les huîtres. Ce fer d’origine animale, dit héminique, est mieux absorbé que le fer végétal des lentilles, épinards ou graines de courge. Associer une source de vitamine C au repas augmente sensiblement l’absorption du fer non héminique.

Pourquoi le fer 56 est-il si particulier ?

Le fer 56 est l’isotope le plus abondant du fer, avec près de 92 % des atomes, et le noyau le plus stable produit par la fusion stellaire. Son énergie de liaison par nucléon est parmi les plus élevées de tous les éléments. C’est cette stabilité qui explique que la fusion s’arrête au fer dans les étoiles massives et déclenche leur effondrement en supernova.

Combien d’isotopes stables possède le fer ?

Le fer compte quatre isotopes stables : le fer 54, le fer 56, le fer 57 et le fer 58. Le fer 56 domine très largement avec environ 91,75 % des atomes naturels. Le fer possède par ailleurs de nombreux isotopes radioactifs, dont le fer 60, dont la demi-vie dépasse le million d’années et sert de traceur en cosmochimie.

Le fer se trouve-t-il à l’état pur dans la nature ?

Rarement. Le fer terrestre existe presque toujours sous forme d’oxydes dans les minerais, comme l’hématite. Le fer natif, non oxydé, provient surtout des météorites, où il apparaît allié au nickel. C’est ce fer météoritique que les premières civilisations ont travaillé avant de maîtriser la réduction du minerai, plusieurs siècles avant l’âge du fer proprement dit.

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Fiche rédigée et vérifiée par Alan Chevereau, consultant SEO, fondateur de Kultra. Les données chimiques et industrielles sont recoupées avec les fiches de la Royal Society of Chemistry, de la Société Chimique de France et les statistiques de la World Steel Association.