Qui a écrit « Les Fleurs du mal » ?

La réponse

Les Fleurs du mal a été écrit par Charles Baudelaire.

Son unique recueil de poèmes, publié le 21 juin 1857 à Paris chez Auguste Poulet-Malassis. L’ouvrage rassemble presque toute sa production en vers depuis 1840.

1857
Première édition
100
Poèmes à l’origine
6
Pièces censurées

Le recueil fait scandale dès sa parution. Un mois plus tard, Baudelaire et ses éditeurs passent en procès pour outrage à la morale publique. Six poèmes sont retirés, l’amende tombe le 20 août 1857.

Ce n’est ni un poème isolé ni un roman, contrairement à une confusion fréquente en quiz. Les Fleurs du mal est un recueil unique, retravaillé sur près de vingt ans, dont Baudelaire modifie l’architecture jusqu’à sa mort en 1867.

Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra

Charles Baudelaire, seul auteur des Fleurs du mal

Fiche d’identité de l’auteur

Nom

Charles Baudelaire

Années

Paris 1821, Paris 1867

Rôle

Poète, critique d’art, traducteur

Recueil de vers

Un seul, de son vivant

Baudelaire n’a signé qu’un unique recueil de poésie versifiée. Cette rareté explique pourquoi son nom reste indissociable de ce titre.

L’homme

Photographié par Nadar au milieu des années 1850, Baudelaire incarne le dandy parisien tourmenté. Cette image, la plus célèbre du poète, fixe son visage grave au moment même où il achève son recueil.

Portrait photographique de Charles Baudelaire par Nadar, poète en costume sombre, regard grave, années 1850
Charles Baudelaire par Nadar. Source : Wikimedia Commons

Un recueil unique dans son œuvre

Baudelaire a publié d’autres textes, mais aucun autre recueil de vers. Le Spleen de Paris, souvent cité à côté, est un recueil de poèmes en prose, paru après sa mort en 1869. Les Paradis artificiels (1860) est un essai. Cette rareté explique pourquoi le nom de Baudelaire est indissociable de ce titre unique.

Le titre suggéré par un ami

Le titre définitif n’est pas de Baudelaire seul. C’est l’écrivain et critique Hippolyte Babou qui lui souffle Les Fleurs du mal, vers 1855. Les titres envisagés auparavant étaient Les Lesbiennes, puis Les Limbes. Le titre retenu est un oxymore : associer la fleur, image de beauté, au mal, cœur du projet baudelairien d’extraire le beau de la laideur.

Quand Les Fleurs du mal a-t-il été publié ?

De la composition à la parution

1840

Baudelaire commence à composer les premiers poèmes.

1855

La Revue des deux Mondes publie 18 poèmes sous ce titre, le 1er juin.

21 juin 1857

Parution du recueil chez Poulet-Malassis et De Broise, 1 100 exemplaires.

L’achevé d’imprimer porte la date du 21 juin 1857, retenue comme date de publication. La mise en vente à Paris s’échelonne sur la fin juin, ce qui explique les dates de 23 ou 25 juin parfois citées.

Une gestation de près de vingt ans

Les poèmes ne sont pas écrits d’un bloc en 1857. Baudelaire compose dès 1840. Le 1er juin 1855, la Revue des deux Mondes publie déjà 18 poèmes sous le titre Les Fleurs du Mal. Le recueil final est donc l’aboutissement d’un travail long, remanié édition après édition.

Le contexte du Second Empire

Page de titre de l'édition originale des Fleurs du mal de Charles Baudelaire, 1857
Édition originale, 1857. Source : Wikimedia Commons

L’édition originale

La parution intervient sous le Second Empire, régime attentif à la morale publique. La même 6e chambre correctionnelle de la Seine a jugé quelques mois plus tôt Madame Bovary de Flaubert. Flaubert fut acquitté, Baudelaire condamné, avec le même substitut du procureur, Ernest Pinard, au réquisitoire.

Le procès des Fleurs du mal en 1857

300 F
L’amende infligée à Baudelaire le 20 août 1857 pour outrage à la morale publique, réduite ensuite après intervention de l’impératrice Eugénie.

D’après le ministère de la Justice, le procureur général avait ordonné la saisie des exemplaires dès l’été 1857. La Cour de cassation n’a réhabilité l’œuvre que le 31 mai 1949, effaçant la censure des six poèmes.

6
Poèmes retirés
1949
Réhabilitation
92 ans
D’interdiction

Le verdict et l’amende

Le procès s’ouvre le 20 août 1857. Baudelaire est condamné pour outrage à la morale publique à 300 francs d’amende, ses éditeurs à 100 francs chacun. L’amende du poète est réduite après intervention de l’impératrice Eugénie. Le tribunal ordonne surtout le retrait de six pièces du recueil.

La condamnation de 1857 a été officiellement annulée près d’un siècle plus tard. D’après le ministère de la Justice, le procureur général avait ordonné la saisie des exemplaires dès l’été 1857. La Cour de cassation ne réhabilite l’œuvre que le 31 mai 1949, effaçant la censure des six poèmes.

Les six poèmes censurés

La censure

Les pièces retirées, jugées d’un réalisme offensant, restent interdites en France jusqu’en 1949. Poulet-Malassis les publie en Belgique dès février 1866, dans un recueil intitulé Les Épaves, orné de ce frontispice symbolique.

Frontispice gravé inédit pour Les Fleurs du mal de Baudelaire, motif symbolique du recueil censuré
Frontispice inédit pour Les Fleurs du mal. Source : Wikimedia Commons

Les pièces retirées sont Les Bijoux, Le Léthé, À celle qui est trop gaie, Lesbos, Femmes damnées et Les Métamorphoses du vampire. Jugées d’un « réalisme grossier et offensant pour la pudeur », elles restent interdites en France jusqu’en 1949. Poulet-Malassis les publie en Belgique dès février 1866, dans un recueil intitulé Les Épaves.

Combien de poèmes et de sections dans Les Fleurs du mal ?

Le piège des éditions

Édition de 1857

100

poèmes, 5 sections

Sans « Tableaux parisiens ». Tirage : 1 100 exemplaires.

Édition de 1861

126

poèmes, 6 sections

Version de référence. Ajout de « Tableaux parisiens ». Tirage : 1 500.

L’erreur la plus fréquente : croire à six sections dès 1857. La sixième n’apparaît qu’en 1861.

L’édition de 1857 : 100 poèmes, cinq sections

Page de titre illustrée des Fleurs du mal par Carlos Schwabe, édition de 1900, motif floral symboliste
Page de titre illustrée par Carlos Schwabe, 1900. Source : Wikimedia Commons

Cinq sections d’origine

La première édition contient 100 poèmes en cinq sections : Spleen et Idéal, Le Vin, Fleurs du Mal, Révolte et La Mort. C’est le point le plus souvent mal retenu.

La première édition contient 100 poèmes, répartis en cinq sections : Spleen et Idéal, Le Vin, Fleurs du Mal, Révolte et La Mort. C’est le point le plus souvent mal retenu : Tableaux parisiens n’existe pas encore dans cette version.

L’édition de 1861 : 126 poèmes, six sections

La deuxième édition, tirée à 1 500 exemplaires, retire les six pièces condamnées et intègre trente-cinq poèmes nouveaux. Le recueil atteint 126 poèmes au total. Une sixième section apparaît, Tableaux parisiens, insérée en deuxième position après Spleen et Idéal. Cette édition de 1861 est considérée comme la version de référence.

Le poème liminaire « Au lecteur »

Un poème ouvre le recueil sans être numéroté dans le décompte : Au lecteur. Il s’adresse directement au lecteur, désigné « hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère ». Présent dans toutes les éditions, il donne le ton du recueil avant même la première section.

Que raconte Les Fleurs du mal ?

Un itinéraire, pas une liste

De l’aspiration à l’idéal jusqu’à la mort, chaque section tente d’échapper au spleen.

L’idéalLa mort

Spleen et Idéal : le tiraillement fondateur.

Tableaux parisiens : la fuite dans la ville.

Le Vin : la fuite dans l’ivresse.

Fleurs du Mal : la fuite dans les plaisirs.

Révolte : la provocation, le rejet.

La Mort : le dernier voyage possible.

Le tiraillement entre spleen et idéal

Spleen et idéal

L’illustrateur symboliste Carlos Schwabe traduit en image le balancement du recueil : l’élan vers le beau, la chute dans l’angoisse. La première section oppose ces deux pôles et structure l’ensemble.

Illustration symboliste de Carlos Schwabe pour la section Spleen et Idéal des Fleurs du mal
Spleen et Idéal par Carlos Schwabe. Source : Wikimedia Commons

La première et plus longue section, Spleen et Idéal, oppose deux pôles. L’idéal désigne l’aspiration au beau, à l’amour, à l’élévation. Le spleen nomme l’angoisse, l’ennui, le dégoût de vivre. Ce balancement structure tout le recueil.

Les échappatoires et la chute

Les sections suivantes tentent de fuir le spleen. Tableaux parisiens plonge dans la ville, Le Vin dans l’ivresse, Fleurs du Mal dans les plaisirs charnels, Révolte dans la provocation. Chaque tentative échoue. La Mort referme le parcours comme dernier voyage possible.

L’idée des « correspondances »

Baudelaire relie le monde matériel et le monde spirituel par un jeu de correspondances entre sons, couleurs et parfums. Ce principe, exposé dans le sonnet Correspondances, annonce le symbolisme. Victor Hugo salue chez Baudelaire un « frisson nouveau ».

Pourquoi Les Fleurs du mal reste une œuvre majeure

Une rupture dans la poésie française

Baudelaire fait entrer la ville, l’ennui et la laideur dans un art réservé au beau.

Héritage

Il prolonge le romantisme et son goût du moi lyrique.

Rupture

Il annonce le symbolisme par les correspondances.

Postérité

Verlaine, Rimbaud et Mallarmé s’en réclament.

Cette position de passeur, entre plusieurs courants, explique sa place centrale dans les programmes et les concours.

Le pont entre romantisme et symbolisme

Portrait peint de Charles Baudelaire lisant, par Gustave Courbet, vers 1848, huile sur toile
Portrait de Baudelaire par Gustave Courbet, Musée Fabre. Source : Wikimedia Commons

Le poète peint

Gustave Courbet peint son ami vers 1848, à 26 ans, plongé dans la lecture. Le tableau, aujourd’hui au Musée Fabre de Montpellier, fixe l’image du poète encore inconnu, absorbé dans sa pensée.

Baudelaire hérite du romantisme mais ouvre la voie au symbolisme. Sa recherche de correspondances influence directement Verlaine, Rimbaud et Mallarmé. Cette position charnière explique sa place centrale dans les programmes scolaires et les concours.

Une figure de « poète maudit »

Incompris de son vivant, endetté, condamné en justice, Baudelaire incarne la figure du poète maudit, qu’il met en scène dès le poème L’Albatros : l’oiseau majestueux en vol devient ridicule et impuissant une fois posé sur le pont du navire, image du poète inadapté au monde ordinaire.

Astuce de mémorisation

Astuce de mémorisation

Pour retenir l’auteur : « Baudelaire cultive des fleurs dans un malheur ». Le prénom Charles se rattache au XIXe siècle.

Pour distinguer 1857 (100 poèmes) et 1861 (126 poèmes) : « 57 avant, 61 après le procès ». Le procès de 1857 précède l’édition augmentée de 1861.

Baudelaire, un nom pour un seul recueil

Un poète, un unique recueil de vers, quatre éditions et un procès retentissant.

Charles Baudelaire a fait de Les Fleurs du mal le laboratoire de la poésie moderne, entre spleen et idéal, censure et postérité. Retenir l’auteur est facile, retenir 1857, 100 poèmes, le procès et la réhabilitation de 1949 demande une méthode.

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Questions fréquentes sur Les Fleurs du mal

Baudelaire a-t-il écrit d’autres livres ?

Oui, mais un seul recueil de poèmes en vers. Baudelaire a publié Les Paradis artificiels en 1860, un essai sur le vin et l’opium, et de nombreux textes de critique d’art. Le Spleen de Paris, recueil de poèmes en prose, paraît en 1869 après sa mort. Les Fleurs du mal demeure son unique recueil poétique versifié, ce qui explique son identification totale à ce titre.

Pourquoi Les Fleurs du mal a-t-il été censuré ?

Le recueil est jugé contraire à la morale publique sous le Second Empire, régime sourcilleux sur les bonnes mœurs. Six poèmes évoquant l’amour saphique, le corps ou la mort de façon crue sont visés. Le tribunal parle de « réalisme grossier et offensant pour la pudeur ». La censure de ces six pièces dure en France jusqu’à leur réhabilitation en 1949.

Quelle édition des Fleurs du mal faut-il retenir ?

L’édition de 1861, avec ses 126 poèmes et ses six sections, sert de référence. Baudelaire y a intégré la section Tableaux parisiens et de nombreux poèmes nouveaux. Il projetait une troisième édition remaniée, que la maladie et la mort en 1867 l’ont empêché d’achever. L’édition posthume de 1868 reprend l’ensemble augmenté des dernières pièces.

Qui était l’éditeur des Fleurs du mal ?

Auguste Poulet-Malassis, jeune éditeur ami de Baudelaire, publie le recueil avec son associé Eugène de Broise. Condamné avec le poète en 1857, il connaît ensuite des difficultés financières. Réfugié en Belgique, il y publie en 1866 les poèmes censurés sous le titre Les Épaves, ce qui lui vaut une nouvelle condamnation à Lille la même année.

Baudelaire a-t-il fait de la prison pour ce recueil ?

Non. La peine prononcée en 1857 est financière, non carcérale : une amende de 300 francs, réduite ensuite. Le retrait des six poèmes accompagne cette condamnation. Baudelaire a bien connu une menace de prison, mais pour dettes, sans lien direct avec le procès du recueil. La confusion vient du climat judiciaire qui entoure toute cette période de sa vie.

Quel est le poème le plus connu du recueil ?

L’Albatros figure parmi les plus étudiés, avec sa métaphore du poète inadapté au monde. Correspondances est tout aussi central pour comprendre la poétique baudelairienne et son influence sur le symbolisme. L’Invitation au voyage et Spleen reviennent également souvent dans les manuels et les sujets de concours.

À quel mouvement littéraire rattache-t-on Baudelaire ?

Baudelaire occupe une position charnière. Héritier du romantisme, il annonce le symbolisme par sa recherche de correspondances entre les sensations. On le range parfois parmi les précurseurs du Parnasse pour son exigence formelle. Cette place de passeur, entre plusieurs courants, fait de lui une référence incontournable de la poésie du XIXe siècle.

Combien de temps Baudelaire a-t-il mis à écrire le recueil ?

Près de vingt ans. Les premiers poèmes datent de 1840, certains paraissent en revue dès 1845 et 1855. Baudelaire retravaille sans cesse l’ordre et le contenu, jusqu’à sa mort en 1867. Le recueil publié en 1857 n’est donc pas un livre écrit d’un jet, mais la synthèse organisée d’une vie entière de composition poétique.

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