Charles Baudelaire a écrit Les Fleurs du mal, recueil poétique publié le 21 juin 1857 chez Poulet-Malassis et de Broise. L’œuvre, composée à l’origine de cent poèmes, marque la naissance de la modernité poétique française et vaut à son auteur un procès retentissant pour outrage aux bonnes mœurs.
Astuce de mémorisation
Retenir le trio BAU-57-MAL. Baudelaire publie en 1857 des fleurs qui font MAL à la morale. Imaginer un bouquet noir qui pique le lecteur : chaque épine est un poème retiré. Six épines retirées du bouquet, six poèmes censurés.
Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.
L’essentiel à savoir
Charles Baudelaire (1821-1867) publie Les Fleurs du mal le 21 juin 1857 chez les éditeurs Poulet-Malassis et de Broise, à 1100 exemplaires. Le titre définitif a été suggéré par l’écrivain Hippolyte Babou.
Le recueil est dédié à Théophile Gautier, qualifié par Baudelaire de « parfait magicien ès lettres françaises ». Cette première dédicace fut d’ailleurs retirée des éditions ultérieures.
La première édition compte exactement cent poèmes répartis en cinq sections, précédés d’une adresse au lecteur. La progression mène de l’idéal vers la mort, avec Spleen et Idéal en ouverture.
Le procès de 1857
Le 5 juillet 1857, un article virulent de Gustave Bourdin dans Le Figaro déclenche une campagne médiatique. Le 17 juillet, le procureur général ordonne la saisie des exemplaires.
Le procès s’ouvre le 20 août 1857 devant la sixième chambre correctionnelle de la Seine. Le réquisitoire est prononcé par Ernest Pinard, procureur qui avait déjà requis contre Madame Bovary quelques mois plus tôt.
Baudelaire est condamné à 300 francs d’amende pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs. Six poèmes doivent être retirés : Les bijoux, Le Léthé, À celle qui est trop gaie, Lesbos, Femmes damnées et Les métamorphoses du vampire.
Une réhabilitation tardive
La seconde édition de 1861, amputée des six pièces censurées, est augmentée de trente et un poèmes nouveaux. L’édition posthume de 1868 totalise 151 poèmes.
La réhabilitation intervient le 31 mai 1949, grâce à la loi du 25 septembre 1946. La Chambre criminelle de la Cour de cassation casse enfin le jugement de 1857, près d’un siècle après la condamnation.
L’auteur des Fleurs du mal est Charles Baudelaire
Recueil publié le 21 juin 1857, condamné pour outrage aux bonnes mœurs.
Publication
21 juin 1857
Poulet-Malassis et de Broise
Procès
20 août 1857
Procureur Ernest Pinard
Amende
300 francs
Outrage aux bonnes mœurs
Réhabilitation
31 mai 1949
Cour de cassation
Les six poèmes censurés
Les bijoux, Le Léthé, À celle qui est trop gaie, Lesbos, Femmes damnées, Les métamorphoses du vampire. Retirés de l’édition française, ils paraissent à Bruxelles en 1866 sous le titre Les Épaves.
Le savais-tu ?
Le manuscrit original des Fleurs du mal a disparu. Le dossier du procès de 1857, lui, a été détruit en 1871 lors de l’incendie du greffe du Palais de justice de Paris pendant la Commune. La trace juridique de la condamnation ne subsiste que dans la Gazette des tribunaux du 21 août 1857.
Questions fréquentes
Qui a suggéré le titre Les Fleurs du mal ?
Le titre définitif a été proposé par Hippolyte Babou, écrivain et critique littéraire ami de Baudelaire. Avant cela, le recueil s’intitulait successivement Les Lesbiennes puis Les Limbes. Le titre s’impose en 1855, lorsque dix-huit poèmes paraissent sous ce titre dans la Revue des deux Mondes.
Qui a défendu Baudelaire au procès ?
La défense est assurée par maître Gustave Chaix d’Est-Ange fils, secondé par maître Lançon. L’avocat plaide l’indépendance de l’artiste et la beauté de l’œuvre. Les amis du poète, dont Théophile Gautier et Prosper Mérimée, tentent d’intervenir dans la presse, sans succès.
Pourquoi l’amende a-t-elle été réduite ?
Condamné initialement à 300 francs, Baudelaire adresse une lettre à l’impératrice Eugénie de Montijo le 6 novembre 1857. Il y invoque la « pauvreté proverbiale des poètes ». L’intervention impériale aboutit à une réduction significative de l’amende, ramenée à 50 francs.
Baudelaire est-il mort avant la réhabilitation ?
Oui, largement. Le poète meurt le 31 août 1867 à Paris, dix ans après la condamnation. La réhabilitation judiciaire n’intervient que le 31 mai 1949, soit quatre-vingt-deux ans après sa mort. Baudelaire n’a jamais vu son recueil blanchi par la justice française.
À qui est dédié le recueil ?
Les Fleurs du mal sont dédiées à Théophile Gautier. La dédicace originale de mars 1857 le qualifie de « parfait magicien ès lettres françaises » et de « poète impeccable ». Baudelaire lui offre ses « fleurs maladives » avec une « profonde humilité ». Cette dédicace a été supprimée des éditions suivantes.
Quelles sont les sections du recueil ?
L’édition de 1857 comporte cinq sections, dans l’ordre : Spleen et Idéal, Fleurs du mal, Révolte, Le Vin, La Mort. La seconde édition de 1861 ajoute une section, Tableaux parisiens, placée entre Spleen et Idéal et Les Fleurs du mal. La progression mène de l’aspiration spirituelle à la résignation face à la mort.
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Sources
- Ministère de la Justice – procès du 20 août 1857, chef d’accusation et peine
- BnF Essentiels – dates de publication, liste des six poèmes censurés, réhabilitation 1949
- Le Droit Criminel – arrêt de réhabilitation, détail du jugement original
- RetroNews (BnF) – déroulement du procès et articles de presse de 1857