Émile Zola a écrit Germinal, publié en librairie le 2 mars 1885 chez Charpentier. Treizième roman du cycle des Rougon-Macquart, il raconte la grève des mineurs de Montsou menée par Étienne Lantier. Zola s’est inspiré de la grève des mineurs d’Anzin de 1884, où il s’est rendu pour se documenter.
Astuce de mémorisation
Germinal = germer. Zola fait germer la révolte ouvrière comme le blé au printemps. Germinal est d’ailleurs le septième mois du calendrier républicain, celui de la germination. Associer mentalement : grain noir de charbon → germe → colère qui sort de terre. Le titre porte toute la thèse.
Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.
L’essentiel à savoir
Émile Zola (1840-1902) publie Germinal en feuilleton dans le quotidien Gil Blas du 26 novembre 1884 au 25 février 1885. Le roman paraît en librairie chez Charpentier le 2 mars 1885.
Le roman est le treizième volume du cycle des Rougon-Macquart, fresque de vingt romans consacrée à une famille sous le Second Empire. Zola y incarne sa méthode naturaliste fondée sur l’enquête documentaire.
Une enquête sur le terrain
Du 23 février au 2 mars 1884, Zola se rend dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais alors qu’éclate la grande grève des mineurs d’Anzin. Présenté comme le secrétaire du député Alfred Giard, il parcourt les corons pendant huit jours.
Zola descend dans la fosse Renard de la Compagnie des mines d’Anzin à Denain. Il interroge mineurs, porions et ingénieurs, puis compile ses observations dans un carnet intitulé Mes notes sur Anzin.
Le personnage principal, Étienne Lantier, est inspiré d’Émile Basly, meneur syndical de la grève d’Anzin. Fils de Gervaise Macquart (héroïne de L’Assommoir), il arrive à Montsou, ville imaginaire dont le nom signifie « beaucoup de sous ».
Un roman social et politique
Dans son dossier préparatoire, Zola résume son ambition : « le soulèvement des salariés, le coup d’épaule donné à la société, qui craque un instant ». Le roman est conçu comme un plaidoyer pour les exploités.
Le livre paraît quelques semaines avant la mort de Victor Hugo, survenue le 22 mai 1885. Cette coïncidence est souvent interprétée comme une passation symbolique entre le romantisme social des Misérables et le naturalisme engagé de Zola.
En 1902, aux obsèques de Zola, une délégation de mineurs de Denain suit le cortège en scandant « Germinal ! Germinal ! ». L’appartenance du roman à la culture ouvrière est alors scellée.
L’auteur de Germinal est Émile Zola
Roman naturaliste inspiré de la grève des mineurs d’Anzin.
Publication
2 mars 1885
Librairie Charpentier
Feuilleton
Gil Blas
Nov. 1884 – fév. 1885
Cycle
Rougon-Macquart
13e volume sur 20
Mouvement
Naturalisme
Enquête de terrain à Anzin
Le titre décodé
Germinal est le septième mois du calendrier républicain (21 mars – 19 avril), celui de la germination. Zola y voit la métaphore de la conscience ouvrière qui germe, comme le blé sort de la terre noire. Du latin germen : la semence.
Le savais-tu ?
Pour descendre dans les mines d’Anzin, Zola s’est fait passer pour le secrétaire du député Alfred Giard. Il est entré dans la fosse en redingote, col haut, chapeau rigide et carnet à la main, accepté partout grâce à cette couverture. La Compagnie des mines n’aurait jamais laissé entrer un romancier venu documenter une grève.
Questions fréquentes
Quelle place occupe Germinal dans les Rougon-Macquart ?
Germinal est le treizième roman sur vingt du cycle. La série, publiée de 1871 à 1893, retrace l’histoire d’une famille sous le Second Empire. Étienne Lantier, héros de Germinal, est le fils de Gervaise Macquart, elle-même protagoniste de L’Assommoir paru en 1877. Zola tisse ainsi des liens génétiques entre ses romans.
Quel est le personnage principal du roman ?
Étienne Lantier, jeune mécanicien de vingt et un ans, renvoyé pour avoir giflé son employeur des chemins de fer du Nord. Il arrive à pied à Montsou, ville minière imaginaire, et se fait embaucher au fond. Il devient le meneur de la grève. Le personnage est inspiré d’Émile Basly, meneur syndical réel de la grève d’Anzin en 1884.
Quelle catastrophe a inspiré Zola pour le final ?
La catastrophe des mines de Lalle à Bessèges, survenue le 11 octobre 1861. L’inondation d’un puits avait fait de nombreuses victimes. Zola s’en inspire pour l’épisode final où Souvarine sabote l’entrée d’un puits, piégeant Étienne, Catherine et Chaval au fond. La même catastrophe avait inspiré Hector Malot pour Sans famille.
Le roman a-t-il été un succès immédiat ?
Oui, malgré les critiques. Le Figaro, pourtant conservateur, titre en une : « Germinal ! Un livre puissant, un livre superbe ! ». Le roman est traduit dans plus de cent pays. Il devient rapidement un classique de la littérature ouvrière et identifie durablement Zola à la cause sociale, bien avant son J’accuse de 1898.
Quelles adaptations célèbres existent ?
Les deux principales sont cinématographiques. Yves Allégret réalise Germinal en 1963 avec Jean Sorel et Claude Brasseur. Claude Berri tourne la version la plus connue en 1993, avec Renaud dans le rôle d’Étienne, Miou-Miou en Maheude et Gérard Depardieu en Maheu. Une série télévisée de David Hourrègue a été diffusée en 2021.
Pourquoi les mineurs scandaient-ils Germinal à l’enterrement de Zola ?
Le 5 octobre 1902, lors des obsèques de Zola à Paris, une délégation de mineurs venus de Denain suit le cortège en criant le titre du roman. Ce cri scellait la reconnaissance du romancier comme voix de la classe ouvrière. Depuis Germinal, le mineur de fond est devenu dans l’imaginaire français l’archétype du héros populaire.
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