Dans quelle ville siège la Cour internationale de Justice ?

La réponse

La Cour internationale de Justice siège à La Haye, aux Pays-Bas, dans le Palais de la Paix depuis 1946.


1946

Installation au Palais de la Paix

15 juges

Élus pour neuf ans

Seul

Organe de l’ONU hors de New York

Le choix de La Haye ne date pas de 1946. La ville hébergeait déjà la Cour permanente d’arbitrage depuis 1899, puis la Cour permanente de Justice internationale à partir de 1922, dans le même bâtiment. La CIJ hérite d’un demi-siècle de tradition juridique néerlandaise.

Le piège classique des quiz confond la CIJ avec la Cour pénale internationale. Les deux siègent à La Haye, mais l’une juge des États, l’autre des individus. La distinction structure tout le droit international contemporain.

Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.

La Haye, capitale mondiale du droit international

Les six organes principaux de l’ONU

Cinq siègent à New York. Un seul fait exception.

New York, États-Unis

Assemblée générale Conseil de sécurité Conseil économique et social Secrétariat Conseil de tutelle

L’exception

La Haye

Cour internationale de Justice, Pays-Bas

La justice interétatique s’est enracinée aux Pays-Bas dès 1899, bien avant la création de l’ONU en 1945.

La Cour occupe le Palais de la Paix, un édifice néo-gothique posé dans un domaine boisé de 7 hectares au cœur de la ville. Le bâtiment n’appartient pas à l’ONU : il reste la propriété de la Fondation Carnegie, qui l’administre depuis sa construction.

Un statut unique au sein de l’ONU

Sur les six organes principaux des Nations unies, cinq siègent à New York : l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social, le Secrétariat et le Conseil de tutelle. La CIJ fait exception. Cette singularité géographique traduit une réalité juridique. La justice interétatique s’est enracinée aux Pays-Bas bien avant la création de l’ONU en 1945.

Une ville, plusieurs juridictions internationales

Façade du Palais de la Paix vue depuis les jardins, à La Haye aux Pays-Bas
Palais de la Paix, La Haye, Wikimedia Commons

La ville

La Haye concentre aujourd’hui un écosystème judiciaire dense. La CIJ y côtoie la Cour pénale internationale, la Cour permanente d’arbitrage, le Tribunal spécial résiduel pour la Sierra Leone et Europol. La ville se présente d’ailleurs comme la capitale internationale de la paix et de la justice, un positionnement assumé depuis la première conférence de la paix de 1899.

Le Palais de la Paix, siège emblématique

Six ans de chantier, un don américain

La construction du Palais de la Paix, de la première pierre à l’inauguration.

1907

Début de la construction

1913

Inauguration, le 28 août

1,5 M$

Don d’Andrew Carnegie

Magnat de l’acier d’origine écossaise émigré aux États-Unis, Andrew Carnegie voulait offrir à l’arbitrage international un lieu digne de sa mission.

Le Palais de la Paix fut inauguré le 28 août 1913, après six ans de travaux. Son financement raconte une histoire singulière du pacifisme du début du XXe siècle.

Le don d’Andrew Carnegie

Vue extérieure complète du Palais de la Paix de La Haye, façade principale en brique et pierre avec sa tour d'horloge
Palais de la Paix, La Haye, 2024, Der Wolf im Wald, Wikimedia Commons

L’industriel Andrew Carnegie, magnat de l’acier d’origine écossaise émigré aux États-Unis, versa 1,5 million de dollars pour bâtir l’édifice. Pacifiste convaincu, il voulait offrir à l’arbitrage international un lieu digne de sa mission. La construction s’étala de 1907 à 1913.

D’après la Cour internationale de Justice, le Palais de la Paix fut construit de 1907 à 1913 pour la Cour permanente d’arbitrage grâce au don d’Andrew Carnegie, et le domaine s’étend sur 7 hectares au cœur de La Haye. La Fondation Carnegie en demeure propriétaire et administrateur.

Un bâtiment orné par les nations

Carnegie avait exigé que chaque pays contribue par un don symbolique. Le résultat compose une mosaïque diplomatique : marbre d’Italie, chênes des États-Unis, fontaine du Danemark, grilles d’Allemagne, portes de Belgique, soie du Japon. L’édifice abrite aussi la Cour permanente d’arbitrage et l’Académie de droit international de La Haye.

Rôle et compétences de la Cour

Deux compétences, deux logiques

Contentieuse

Trancher les différends

Litiges frontaliers, souveraineté maritime, interprétation de traités. L’arrêt est obligatoire et sans appel, mais seulement pour les États ayant accepté la juridiction.

Consultative

Éclairer une question

Les organes et institutions de l’ONU demandent un avis juridique. Sans force obligatoire, mais d’un poids moral et juridique considérable.

Le 23 juillet 2025, la Cour a rendu à l’unanimité un avis consultatif majeur sur les obligations des États face au changement climatique.

La CIJ est l’organe judiciaire principal de l’ONU, institué en juin 1945 par la Charte des Nations unies. Son activité repose sur deux compétences bien distinctes.

La compétence contentieuse

La Cour tranche les différends juridiques que les États acceptent de lui soumettre : litiges frontaliers, souveraineté maritime, interprétation de traités. Ses arrêts sont juridiquement obligatoires pour les parties et sans appel possible. Un État reste toutefois libre de reconnaître ou non la compétence de la Cour au préalable.

La compétence consultative

Les organes et institutions spécialisées de l’ONU peuvent demander à la Cour un avis sur une question juridique. Ces avis n’ont pas force obligatoire, mais leur poids moral et juridique est considérable. Le 23 juillet 2025, la Cour a rendu à l’unanimité son 29e avis consultatif, précisant les obligations juridiques des États face au changement climatique.

Composition et fonctionnement

Fiche d’identité de la Cour

Composition
15 juges, de nationalités toutes différentes
Mandat
9 ans, renouvelable, par tiers tous les 3 ans
Élection
Assemblée générale et Conseil de sécurité, majorité absolue dans les deux
Présidence
Yuji Iwasawa (Japon), depuis 2024, pour 3 ans
Juge français
Ronny Abraham
Langues officielles
Français et anglais, à parité stricte

La Cour se compose de quinze juges de nationalités toutes différentes, élus pour neuf ans. Le renouvellement s’opère par tiers, cinq sièges tous les trois ans, ce qui assure la continuité de la jurisprudence.

L’élection des juges

Les juges

Les juges sont élus conjointement par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité, à la majorité absolue dans chacun des deux organes. Ils sont choisis parmi les jurisconsultes et hauts magistrats les plus qualifiés, sur des listes présentées par les groupes nationaux de la Cour permanente d’arbitrage. Une fois élus, ils siègent en toute indépendance et ne représentent pas leur pays d’origine.

Juges de la Cour internationale de Justice en robe lors d'une audience dans la Grande Salle de Justice
Audience de la CIJ, Jeroen Bouman, Wikimedia Commons

Présidence et langues officielles

Les juges élisent parmi eux un président pour trois ans. Depuis 2024, la présidence est assurée par le juge japonais Yuji Iwasawa. La France y dispose d’un juge, Ronny Abraham. Les deux seules langues officielles sont le français et l’anglais : chaque arrêt est rédigé dans les deux, et les audiences bénéficient d’une interprétation simultanée.

CIJ ou CPI, ne plus confondre

Deux juridictions, une même ville, des missions opposées.

CIJ

Cour internationale de Justice

Juge des États

Frontières, traités, responsabilité d’un pays

Organe de l’ONU, inscrit dans sa Charte

Créée en 1945

CPI

Cour pénale internationale

Juge des individus

Génocide, crimes de guerre, crimes contre l’humanité

Institution indépendante, Statut de Rome

Créée en 2002

La confusion est la plus fréquente sur ce sujet. Deux juridictions, une même ville, des missions opposées.

Deux missions radicalement distinctes

Bâtiment moderne de la Cour pénale internationale à La Haye, distinct du Palais de la Paix
Cour pénale internationale, La Haye, Wikimedia Commons

La CPI

La CIJ juge des États : conflits de frontières, différends sur des traités, responsabilité internationale d’un pays. La Cour pénale internationale, créée en 2002, juge des individus pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. L’une relève de la responsabilité étatique, l’autre de la responsabilité pénale personnelle. Aucun lien hiérarchique ne les unit.

Des origines et un rattachement différents

La CIJ est un organe de l’ONU, inscrit dans sa Charte. La CPI est une institution indépendante, née du Statut de Rome, à laquelle l’ONU n’est pas partie. Leur proximité géographique à La Haye alimente le piège, mais rien ne les relie sur le plan institutionnel.

Astuce de mémorisation

À retenir 48 heures

La Haye comme une haie qui borde les frontières entre pays.

Visualiser quinze juges en robe qui taillent la haie séparant deux États en litige, au bord d’un étang néerlandais. Ni New York, où siège le reste de l’ONU, ni Genève, dédiée aux droits humains.

Juger les États égale La Haye.

La Haye comme une haie qui borde et délimite les frontières entre pays. Visualiser quinze juges en robe qui taillent la haie séparant deux États en litige, au bord d’un étang néerlandais. Ni New York, où siège le reste de l’ONU, ni Genève, dédiée aux droits humains : c’est La Haye qui tranche entre les nations. Juger les États égale La Haye.

Un fait notable sur le Palais de la Paix

2026

80 ans de la Cour

Pour les 80 ans de la Cour, la Fondation Carnegie a offert un vitrail dont la pièce maîtresse provient d’une église réformée de Rotterdam datée de 1931. Cet élément a survécu aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale, ce qui en fait un symbole de résilience au cœur d’un bâtiment consacré à la paix.

Pour les 80 ans de la Cour en 2026, la Fondation Carnegie a offert un vitrail dont la pièce maîtresse provient d’une église réformée de Rotterdam datée de 1931. Cet élément a survécu aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale, ce qui en fait un symbole de résilience au cœur d’un bâtiment consacré à la paix.

L’essentiel en une phrase

La CIJ siège à La Haye, dans le Palais de la Paix, seule des six institutions principales de l’ONU à ne pas siéger à New York.

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Questions fréquentes sur le siège de la Cour internationale de Justice

Quelle est la différence entre la CIJ et la CPI ?

La CIJ règle les différends entre États : frontières, traités, souveraineté maritime. La Cour pénale internationale, créée en 2002 et installée elle aussi à La Haye, juge des individus pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Les deux institutions sont indépendantes et relèvent de systèmes juridiques totalement distincts, malgré leur voisinage géographique.

Pourquoi la Cour siège-t-elle à La Haye et pas à New York ?

Parce que La Haye accueillait déjà la justice internationale avant l’ONU. La Cour permanente d’arbitrage s’y installe dès 1899, puis la Cour permanente de Justice internationale en 1922, dans le Palais de la Paix. La CIJ hérite naturellement de ce lieu en 1946, ce qui en fait le seul organe principal de l’ONU hors de New York.

Comment sont élus les juges de la Cour ?

Les quinze juges sont élus conjointement par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité de l’ONU, à partir de listes présentées par les groupes nationaux de la Cour permanente d’arbitrage. Ils doivent obtenir la majorité absolue dans les deux organes. Le mandat dure neuf ans, renouvelable. Les juges siègent en toute indépendance et ne représentent pas leur pays.

Un État peut-il refuser un arrêt de la Cour ?

Les arrêts sont obligatoires pour les parties ayant accepté la compétence de la Cour, et aucun appel n’est possible. En cas de non-exécution, la partie lésée peut saisir le Conseil de sécurité, qui peut recommander ou décider de mesures. Dans les faits, certains États ignorent les décisions, comme les États-Unis dans l’affaire Nicaragua en 1986.

Qui préside actuellement la Cour ?

La présidence est assurée depuis 2024 par le juge japonais Yuji Iwasawa, élu par ses pairs pour un mandat de trois ans. Le président dirige les audiences, préside les délibérés et dispose d’une voix prépondérante en cas de partage égal des voix. La France dispose par ailleurs d’un juge à la Cour, Ronny Abraham, magistrat de longue date.

Quelles sont les langues de travail de la Cour ?

Le français et l’anglais sont les deux seules langues officielles. Toute procédure peut être menée dans l’une ou l’autre, et chaque arrêt est rédigé intégralement dans les deux. Les pièces et plaidoiries sont traduites, les audiences bénéficient d’une interprétation simultanée. Une partie peut demander à s’exprimer dans une troisième langue, mais à ses propres frais.

Où se trouvent les autres sièges institutionnels de l’ONU ?

Le siège principal des Nations unies est à New York. Genève héberge l’Office européen et le Conseil des droits de l’homme. Vienne accueille l’AIEA et l’ONUDC. Nairobi concentre les agences environnementales. Paris abrite l’UNESCO, Rome la FAO. La Haye reste réservée aux institutions judiciaires internationales, CIJ et CPI en tête.

À propos de l’auteur

Fiche rédigée par Alan Chevereau, consultant SEO, spécialiste des contenus de culture générale vérifiés et sourcés. Chaque fiche Kultra croise les sources institutionnelles pour livrer un fait exact, hiérarchisé et mémorisable.