Qui a composé « La Marseillaise » ?

La réponse

Claude Joseph Rouget de Lisle a écrit les paroles et la musique de La Marseillaise dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, à Strasbourg. Officier du génie de 31 ans, il la composa sous le titre Chant de guerre pour l’armée du Rhin.

1792
Composition, nuit du 25 au 26 avril, à Strasbourg
1795
Décrétée chant national le 14 juillet
1879
Redevient hymne national sous la IIIe République

La confusion classique des quiz porte sur le nom de guerre. Le chant ne s’appelait pas La Marseillaise à sa naissance. Ce sont les volontaires marseillais qui l’imposèrent à Paris fin juillet 1792, et la foule le rebaptisa d’après eux.

Une seconde controverse persiste sur la musique. Rouget de Lisle n’était pas un grand compositeur, et plusieurs musicologues ont attribué la mélodie à d’autres auteurs. Aucune de ces thèses n’a jamais été prouvée.

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Rouget de Lisle, l’auteur reconnu de La Marseillaise

Claude Joseph Rouget de Lisle
Officier du génie, poète et violoniste, auteur d’une seule œuvre restée célèbre
Naissance
10 mai 1760, Lons-le-Saunier (Jura)
Mort
26 juin 1836, Choisy-le-Roi
Formation
École du génie de Mézières
En 1792
Lieutenant en garnison à Strasbourg
Son Hymne à la liberté, mis en musique par Ignace Pleyel, est joué à Paris dès septembre 1791. L’homme maîtrise les bases musicales, sans être un professionnel.
L’homme

Militaire de carrière, Rouget de Lisle ne laisse à la postérité qu’une seule œuvre, celle qui deviendra l’hymne national. Après 1792, il ne produit plus rien de comparable.

Monarchiste constitutionnel, il s’oppose à la destitution de Louis XVI et se retrouve emprisonné jusqu’en juillet 1794. Il termine sa vie dans la pauvreté et l’oubli relatif, pensionné tardivement.

Portrait gravé de Claude Joseph Rouget de Lisle en uniforme, officier du génie et auteur de La Marseillaise en 1792
Rouget de Lisle, gravure de l’Album du Centenaire, Wikimedia Commons

Un officier du génie poète à ses heures

En 1791, Rouget de Lisle est lieutenant en garnison à Strasbourg. Il se fait remarquer pour ses talents de poète et de violoniste. Son Hymne à la liberté, mis en musique par le compositeur Ignace Pleyel, est joué à Paris dès septembre 1791. L’homme maîtrise donc les bases du langage musical, sans être un professionnel.

Une œuvre unique dans une vie discrète

Après 1792, Rouget de Lisle ne produit plus rien de comparable. Monarchiste constitutionnel, il s’oppose à la destitution de Louis XVI et se retrouve emprisonné jusqu’en juillet 1794. Il termine sa vie dans la pauvreté et l’oubli relatif, pensionné tardivement par Louis-Philippe. Son unique chant de guerre lui survit comme symbole national.

La nuit de composition du 25 au 26 avril 1792

Cinq jours qui changent tout
20 avril 1792
La France révolutionnaire déclare la guerre à l’empereur d’Autriche.
25 avril
Le maire de Strasbourg, le baron de Dietrich, commande un chant patriotique à Rouget de Lisle lors d’une soirée entre militaires.
Nuit du 25 au 26
L’officier écrit d’un même élan les six premiers couplets et la mélodie.
26 avril
Dietrich chante le nouveau chant dans son salon, accompagné au clavecin et au violon. Titre d’origine : Chant de guerre pour l’armée du Rhin.

La date de création fait consensus chez les historiens. La France révolutionnaire déclare la guerre à l’empereur d’Autriche le 20 avril 1792. Cinq jours plus tard, à Strasbourg, tout se joue en une seule nuit.

Tableau d'Isidore Pils montrant Rouget de Lisle chantant La Marseillaise pour la première fois chez le maire Dietrich
Isidore Pils, 1849, Musée historique de Strasbourg, Wikimedia Commons
La première fois

Le baron Philippe-Frédéric de Dietrich constate que l’armée française n’a pas de chant capable de galvaniser ses soldats. Il connaissait Rouget de Lisle d’une loge maçonnique locale.

Le lendemain de la nuit de composition, Dietrich chante lui-même le chant dans son salon, accompagné par sa femme au clavecin et par l’officier au violon.

La commande du maire Dietrich

Le baron Philippe-Frédéric de Dietrich, maire de Strasbourg, constate que l’armée française n’a pas de chant capable de galvaniser ses soldats. Lors d’une soirée réunissant des militaires, il demande à Rouget de Lisle de composer un hymne patriotique. Les deux hommes se connaissaient d’une loge maçonnique locale.

Une création en quelques heures

Dans la nuit du 25 au 26 avril, l’officier écrit d’un même élan les six premiers couplets et la mélodie. Le lendemain, Dietrich chante lui-même le nouveau chant dans son salon, accompagné par sa femme au clavecin et par Rouget de Lisle au violon. Le titre d’origine reste Chant de guerre pour l’armée du Rhin, dédié au maréchal Luckner.

Pourquoi ce chant s’appelle La Marseillaise

De Strasbourg au nom marseillais
Strasbourg
26 avril 1792
Composition du chant, à l’autre bout de la France.
Marseille
23 juin 1792
Les fédérés l’adoptent comme chant de marche vers Paris.
Paris
30 juillet 1792
La foule le baptise d’après les marcheurs venus du Sud.
Le nom actuel n’a aucun rapport avec le lieu de composition. Il vient de ceux qui l’ont porté, non de sa musique.

Le nom actuel n’a aucun rapport avec le lieu de composition, qui est Strasbourg, à l’autre bout de la France. Le baptême vient de la diffusion du chant vers le sud, puis de sa remontée triomphale vers la capitale.

Le voyage de Strasbourg à Marseille

Le Chant de guerre de l’armée du Rhin est chanté à Montpellier le 17 juin 1792. François Mireur, officier des volontaires de l’Hérault, l’apporte à Marseille le 23 juin. Les fédérés marseillais l’adoptent aussitôt comme chant de marche pour monter à Paris.

Le baptême parisien de juillet 1792

Les volontaires des Bouches-du-Rhône entonnent le chant lors de leur entrée dans Paris, le 30 juillet 1792. La foule parisienne, sans se soucier des titres officiels, le baptise immédiatement d’après ces marcheurs venus du Sud. La Marseillaise est née, non de sa musique, mais de ceux qui l’ont portée.

La controverse sur l’auteur de la musique

La paternité contestée

La mélodie n’est pas signée et semble trop élaborée pour un amateur. Trois noms ont été avancés, aucun n’a été prouvé.

Ignace Pleyel
Maître de chapelle autrichien à Strasbourg
Écarté : il était à Londres de décembre 1791 à mai 1792
J.-B. L. Grisons
Maître de chapelle à Saint-Omer, oratorio Esther
Similitudes réelles, mais cas jugé indécidable
G. B. Viotti
Violoniste, composition de 1781
Attribution récente, jamais démontrée
En 1863, le musicologue Fétis attribue la musique à Guillaume Navoigille, puis se rétracte sous la menace d’un procès. Officiellement, la paternité revient à Rouget de Lisle.

Si la paternité des paroles n’a jamais été sérieusement contestée, celle de la mélodie alimente les débats depuis deux siècles. L’argument central est technique. La musique semble trop élaborée pour un amateur, et elle n’est pas signée, contrairement aux autres compositions de Rouget de Lisle.

Les noms avancés par les musicologues

Plusieurs auteurs ont été suggérés. Ignace Pleyel, maître de chapelle autrichien à Strasbourg, revient souvent, mais il se trouvait à Londres de décembre 1791 à mai 1792, ce qui l’écarte. Jean-Baptiste Lucien Grisons, maître de chapelle à Saint-Omer, aurait écrit une Marche d’Assuérus dans son oratorio Esther présentant de fortes similitudes mélodiques. Plus récemment, le nom du violoniste Giovanni Battista Viotti a été avancé pour une composition datée de 1781.

Une paternité jamais renversée

Aucune de ces thèses n’a résisté à l’examen. En 1863, le musicologue François-Joseph Fétis attribue la musique à Guillaume Navoigille, puis se rétracte sous la menace d’un procès, reconnaissant avoir été mystifié. Le cas de l’oratorio Esther de Grisons reste le seul jugé indécidable par certains spécialistes, sans preuve pour autant. Officiellement, la paternité revient à Rouget de Lisle.

Selon le Ministère des Armées, la paternité de la musique reste discutée. D’après le Ministère des Armées, la mélodie est aussi attribuée à Jean-Baptiste Lucien Grisons et, plus récemment, revendiquée pour Giovanni Battista Viotti dans une composition de 1781. Ces hypothèses n’ont jamais supplanté l’attribution à Rouget de Lisle.

De chant révolutionnaire à hymne national officiel

Un siècle d’allers-retours
1795
Décrétée chant national par la Convention, le 14 juilletAdoptée
1804
Écartée sous l’Empire au profit du Chant du départ, sans interdiction formelleÉcartée
1814
La Restauration la proscrit comme chant séditieuxInterdite
1830
Réhabilitée. Berlioz en réalise une orchestration grandiose dédiée à Rouget de LisleRetour
1879
La IIIe République en refait l’hymne national, le 14 févrierOfficielle
1887
Version officielle pour orchestre adoptée le 20 mai, réduite à trois couplets
1940
Supplantée par Maréchal, nous voilà sous Vichy jusqu’en 1944Écartée

Entre sa création en 1792 et son statut définitif, le chant traverse un siècle mouvementé, alternant interdictions et retours en grâce au gré des régimes.

Le Départ des volontaires de 1792, haut-relief de François Rude surnommé La Marseillaise, sur l'Arc de Triomphe à Paris
Le Départ des volontaires de 1792, François Rude, Arc de Triomphe, Wikimedia Commons

Les adoptions et interdictions successives

La Convention décrète le chant national par le décret du 26 messidor an III, soit le 14 juillet 1795. Napoléon ne l’interdit pas formellement sous l’Empire, mais lui préfère le Chant du départ. C’est la Restauration qui la proscrit comme chant séditieux. La Marseillaise réapparaît lors de la Révolution de 1830, quand Hector Berlioz en réalise une orchestration grandiose dédiée à Rouget de Lisle. Sous Vichy, entre 1940 et 1944, elle est supplantée par le chant Maréchal, nous voilà.

La version officielle de 1887

La IIIe République en refait l’hymne national le 14 février 1879. Faute de partition de référence unique, le ministre de la Guerre Georges Boulanger lance un concours en 1886. Une commission adopte la version officielle pour orchestre le 20 mai 1887, en prévision du centenaire de la Révolution. Cette version ne retient que trois couplets, écartant les strophes les plus sanguinaires. La partition de Pierre Dupont, officialisée en 1938, reste en usage aujourd’hui.

Le couplet des enfants, une strophe ajoutée après coup

6 + 1
Rouget de Lisle a écrit six couplets. Le septième est arrivé six mois plus tard.
Les six d’origine

Écrits dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, ils forment le chant tel que Rouget de Lisle l’a conçu.

Le couplet des enfants

Ajouté en octobre 1792. Sa paternité est disputée entre Louis Du Bois, l’abbé Pessonneaux et les frères Chénier.

La Marseillaise que l’on connaît compte sept couplets, mais Rouget de Lisle n’en a écrit que six. Le septième, dit couplet des enfants, est une addition d’octobre 1792, postérieure de six mois à la composition originale.

Sa paternité elle-même est disputée. Le poète normand Louis Du Bois et l’abbé Antoine Pessonneaux l’ont chacun revendiquée, et elle a même été attribuée à André Chénier ou à son frère Marie-Joseph. Cette strophe supplémentaire illustre que l’hymne s’est construit par couches, bien après sa nuit fondatrice.

Astuce de mémorisation

Pour retenir Rouget de Lisle et l’année 1792, pensez au rouge du drapeau et de la Révolution : Rouget commence par rouge. Et 1792, c’est l’année où la France entre en guerre et devient une République. Le rouge de Rouget teinte l’année où tout bascule, 1792, celle de la guerre et du chant qui l’accompagne.

Questions fréquentes sur La Marseillaise

Qui a écrit les paroles de La Marseillaise ?

Les six premiers couplets sont de Claude Joseph Rouget de Lisle, rédigés dans la nuit du 25 au 26 avril 1792. Le septième couplet, dit couplet des enfants, fut ajouté en octobre 1792, et sa paternité reste disputée entre le poète Louis Du Bois et l’abbé Antoine Pessonneaux. Rouget de Lisle est donc l’auteur du texte fondateur, mais pas de l’intégralité de l’hymne actuel.

En quelle année La Marseillaise a-t-elle été composée ?

La composition date d’avril 1792, plus précisément de la nuit du 25 au 26. Il ne faut pas confondre cette date de création avec celle de l’adoption comme hymne national, survenue le 14 juillet 1795, ni avec le rétablissement définitif du 14 février 1879 sous la IIIe République. Trois dates distinctes jalonnent l’histoire du chant.

Où La Marseillaise a-t-elle vraiment été composée ?

À Strasbourg, dans l’est de la France, et non à Marseille. Le chant naît chez le maire de la ville, le baron de Dietrich, dans le contexte de la guerre contre l’Autriche. Son nom vient plus tard des volontaires marseillais qui le popularisent à Paris. Le lieu de naissance et le nom de l’hymne appartiennent donc à deux villes opposées géographiquement.

Pourquoi doute-t-on que Rouget de Lisle ait écrit la musique ?

Parce que la mélodie paraît trop complexe pour un simple amateur et qu’elle n’est pas signée, à la différence de ses autres compositions. Des musicologues ont proposé Ignace Pleyel, Jean-Baptiste Grisons ou Giovanni Battista Viotti. Aucune attribution alternative n’a jamais été démontrée, et l’auteur officiel demeure Rouget de Lisle.

Quel était le titre d’origine de La Marseillaise ?

Le chant s’intitulait Chant de guerre pour l’armée du Rhin, dédié au maréchal Luckner qui commandait cette armée. Il fut ensuite appelé Chant des Marseillais, puis Marche des Marseillais, avant que la foule parisienne ne fixe le nom La Marseillaise à l’été 1792. Le titre patriotique initial n’évoquait donc en rien la ville de Marseille.

Combien de couplets compte La Marseillaise ?

L’hymne compte sept couplets au total, dont six écrits par Rouget de Lisle en 1792 et un septième ajouté en octobre de la même année. La version officielle chantée aujourd’hui n’en retient que trois, les autres ayant été écartés en 1887 pour leur caractère jugé trop violent. Seul le premier couplet est réellement connu du grand public.

La Marseillaise a-t-elle déjà été interdite en France ?

Oui, à plusieurs reprises. Napoléon Ier l’écarte sous l’Empire, la Restauration l’interdit ensuite, et le régime de Vichy la remplace de fait par Maréchal, nous voilà entre 1940 et 1944. Elle est chaque fois réhabilitée lors des périodes révolutionnaires ou républicaines, notamment en 1830 et en 1879. Son statut a longtemps épousé les changements de régime.

Qui a orchestré La Marseillaise pour en faire un hymne moderne ?

Plusieurs musiciens s’y sont attelés. François-Joseph Gossec l’orchestre dès 1792, Hector Berlioz en réalise une version grandiose vers 1830, dédiée à Rouget de Lisle. La version officielle pour orchestre militaire date de 1887, après un concours lancé par le ministre Boulanger. La partition en usage aujourd’hui est celle de Pierre Dupont, officialisée en 1938.

Un chant né en une nuit, porté par toute une nation

Ce qu’il faut retenir

Composée en quelques heures à Strasbourg, baptisée par des Marseillais, disputée par des musicologues : La Marseillaise incarne une histoire collective plus vaste que son créateur.

Rouget de Lisle
Auteur reconnu, paroles et musique
Strasbourg
Lieu de composition, pas Marseille
1792
Nuit du 25 au 26 avril
7 couplets
6 d’origine, 3 chantés aujourd’hui

Rouget de Lisle reste l’auteur d’une œuvre unique qui a traversé deux siècles de tumultes. Composée en quelques heures à Strasbourg, baptisée par des Marseillais, disputée par des musicologues, La Marseillaise incarne une histoire collective plus vaste que son créateur. Pour explorer d’autres symboles fondateurs de la République, découvrez l’auteur de la devise de la République française.

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L’auteur

Alan Chevereau, consultant SEO. Fiche vérifiée sur sources institutionnelles françaises, de la Présidence de la République au Ministère des Armées, pour distinguer les faits établis des controverses persistantes autour de l’hymne national.