Claude Joseph Rouget de Lisle a écrit les paroles et la musique de La Marseillaise dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, à Strasbourg. Officier du génie de 31 ans, il la composa sous le titre Chant de guerre pour l’armée du Rhin.
La confusion classique des quiz porte sur le nom de guerre. Le chant ne s’appelait pas La Marseillaise à sa naissance. Ce sont les volontaires marseillais qui l’imposèrent à Paris fin juillet 1792, et la foule le rebaptisa d’après eux.
Une seconde controverse persiste sur la musique. Rouget de Lisle n’était pas un grand compositeur, et plusieurs musicologues ont attribué la mélodie à d’autres auteurs. Aucune de ces thèses n’a jamais été prouvée.
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Ouvrir l’app KultraRouget de Lisle, l’auteur reconnu de La Marseillaise
Militaire de carrière, Rouget de Lisle ne laisse à la postérité qu’une seule œuvre, celle qui deviendra l’hymne national. Après 1792, il ne produit plus rien de comparable.
Monarchiste constitutionnel, il s’oppose à la destitution de Louis XVI et se retrouve emprisonné jusqu’en juillet 1794. Il termine sa vie dans la pauvreté et l’oubli relatif, pensionné tardivement.
Un officier du génie poète à ses heures
En 1791, Rouget de Lisle est lieutenant en garnison à Strasbourg. Il se fait remarquer pour ses talents de poète et de violoniste. Son Hymne à la liberté, mis en musique par le compositeur Ignace Pleyel, est joué à Paris dès septembre 1791. L’homme maîtrise donc les bases du langage musical, sans être un professionnel.
Une œuvre unique dans une vie discrète
Après 1792, Rouget de Lisle ne produit plus rien de comparable. Monarchiste constitutionnel, il s’oppose à la destitution de Louis XVI et se retrouve emprisonné jusqu’en juillet 1794. Il termine sa vie dans la pauvreté et l’oubli relatif, pensionné tardivement par Louis-Philippe. Son unique chant de guerre lui survit comme symbole national.
La nuit de composition du 25 au 26 avril 1792
La date de création fait consensus chez les historiens. La France révolutionnaire déclare la guerre à l’empereur d’Autriche le 20 avril 1792. Cinq jours plus tard, à Strasbourg, tout se joue en une seule nuit.
Le baron Philippe-Frédéric de Dietrich constate que l’armée française n’a pas de chant capable de galvaniser ses soldats. Il connaissait Rouget de Lisle d’une loge maçonnique locale.
Le lendemain de la nuit de composition, Dietrich chante lui-même le chant dans son salon, accompagné par sa femme au clavecin et par l’officier au violon.
La commande du maire Dietrich
Le baron Philippe-Frédéric de Dietrich, maire de Strasbourg, constate que l’armée française n’a pas de chant capable de galvaniser ses soldats. Lors d’une soirée réunissant des militaires, il demande à Rouget de Lisle de composer un hymne patriotique. Les deux hommes se connaissaient d’une loge maçonnique locale.
Une création en quelques heures
Dans la nuit du 25 au 26 avril, l’officier écrit d’un même élan les six premiers couplets et la mélodie. Le lendemain, Dietrich chante lui-même le nouveau chant dans son salon, accompagné par sa femme au clavecin et par Rouget de Lisle au violon. Le titre d’origine reste Chant de guerre pour l’armée du Rhin, dédié au maréchal Luckner.
Pourquoi ce chant s’appelle La Marseillaise
Le nom actuel n’a aucun rapport avec le lieu de composition, qui est Strasbourg, à l’autre bout de la France. Le baptême vient de la diffusion du chant vers le sud, puis de sa remontée triomphale vers la capitale.
Le voyage de Strasbourg à Marseille
Le Chant de guerre de l’armée du Rhin est chanté à Montpellier le 17 juin 1792. François Mireur, officier des volontaires de l’Hérault, l’apporte à Marseille le 23 juin. Les fédérés marseillais l’adoptent aussitôt comme chant de marche pour monter à Paris.
Le baptême parisien de juillet 1792
Les volontaires des Bouches-du-Rhône entonnent le chant lors de leur entrée dans Paris, le 30 juillet 1792. La foule parisienne, sans se soucier des titres officiels, le baptise immédiatement d’après ces marcheurs venus du Sud. La Marseillaise est née, non de sa musique, mais de ceux qui l’ont portée.
La controverse sur l’auteur de la musique
La mélodie n’est pas signée et semble trop élaborée pour un amateur. Trois noms ont été avancés, aucun n’a été prouvé.
Si la paternité des paroles n’a jamais été sérieusement contestée, celle de la mélodie alimente les débats depuis deux siècles. L’argument central est technique. La musique semble trop élaborée pour un amateur, et elle n’est pas signée, contrairement aux autres compositions de Rouget de Lisle.
Les noms avancés par les musicologues
Plusieurs auteurs ont été suggérés. Ignace Pleyel, maître de chapelle autrichien à Strasbourg, revient souvent, mais il se trouvait à Londres de décembre 1791 à mai 1792, ce qui l’écarte. Jean-Baptiste Lucien Grisons, maître de chapelle à Saint-Omer, aurait écrit une Marche d’Assuérus dans son oratorio Esther présentant de fortes similitudes mélodiques. Plus récemment, le nom du violoniste Giovanni Battista Viotti a été avancé pour une composition datée de 1781.
Une paternité jamais renversée
Aucune de ces thèses n’a résisté à l’examen. En 1863, le musicologue François-Joseph Fétis attribue la musique à Guillaume Navoigille, puis se rétracte sous la menace d’un procès, reconnaissant avoir été mystifié. Le cas de l’oratorio Esther de Grisons reste le seul jugé indécidable par certains spécialistes, sans preuve pour autant. Officiellement, la paternité revient à Rouget de Lisle.
Selon le Ministère des Armées, la paternité de la musique reste discutée. D’après le Ministère des Armées, la mélodie est aussi attribuée à Jean-Baptiste Lucien Grisons et, plus récemment, revendiquée pour Giovanni Battista Viotti dans une composition de 1781. Ces hypothèses n’ont jamais supplanté l’attribution à Rouget de Lisle.
De chant révolutionnaire à hymne national officiel
Entre sa création en 1792 et son statut définitif, le chant traverse un siècle mouvementé, alternant interdictions et retours en grâce au gré des régimes.
Les adoptions et interdictions successives
La Convention décrète le chant national par le décret du 26 messidor an III, soit le 14 juillet 1795. Napoléon ne l’interdit pas formellement sous l’Empire, mais lui préfère le Chant du départ. C’est la Restauration qui la proscrit comme chant séditieux. La Marseillaise réapparaît lors de la Révolution de 1830, quand Hector Berlioz en réalise une orchestration grandiose dédiée à Rouget de Lisle. Sous Vichy, entre 1940 et 1944, elle est supplantée par le chant Maréchal, nous voilà.
La version officielle de 1887
La IIIe République en refait l’hymne national le 14 février 1879. Faute de partition de référence unique, le ministre de la Guerre Georges Boulanger lance un concours en 1886. Une commission adopte la version officielle pour orchestre le 20 mai 1887, en prévision du centenaire de la Révolution. Cette version ne retient que trois couplets, écartant les strophes les plus sanguinaires. La partition de Pierre Dupont, officialisée en 1938, reste en usage aujourd’hui.
Le couplet des enfants, une strophe ajoutée après coup
Écrits dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, ils forment le chant tel que Rouget de Lisle l’a conçu.
Ajouté en octobre 1792. Sa paternité est disputée entre Louis Du Bois, l’abbé Pessonneaux et les frères Chénier.
La Marseillaise que l’on connaît compte sept couplets, mais Rouget de Lisle n’en a écrit que six. Le septième, dit couplet des enfants, est une addition d’octobre 1792, postérieure de six mois à la composition originale.
Sa paternité elle-même est disputée. Le poète normand Louis Du Bois et l’abbé Antoine Pessonneaux l’ont chacun revendiquée, et elle a même été attribuée à André Chénier ou à son frère Marie-Joseph. Cette strophe supplémentaire illustre que l’hymne s’est construit par couches, bien après sa nuit fondatrice.
Pour retenir Rouget de Lisle et l’année 1792, pensez au rouge du drapeau et de la Révolution : Rouget commence par rouge. Et 1792, c’est l’année où la France entre en guerre et devient une République. Le rouge de Rouget teinte l’année où tout bascule, 1792, celle de la guerre et du chant qui l’accompagne.
Questions fréquentes sur La Marseillaise
Qui a écrit les paroles de La Marseillaise ?
En quelle année La Marseillaise a-t-elle été composée ?
Où La Marseillaise a-t-elle vraiment été composée ?
Pourquoi doute-t-on que Rouget de Lisle ait écrit la musique ?
Quel était le titre d’origine de La Marseillaise ?
Combien de couplets compte La Marseillaise ?
La Marseillaise a-t-elle déjà été interdite en France ?
Qui a orchestré La Marseillaise pour en faire un hymne moderne ?
Un chant né en une nuit, porté par toute une nation
Composée en quelques heures à Strasbourg, baptisée par des Marseillais, disputée par des musicologues : La Marseillaise incarne une histoire collective plus vaste que son créateur.
Rouget de Lisle reste l’auteur d’une œuvre unique qui a traversé deux siècles de tumultes. Composée en quelques heures à Strasbourg, baptisée par des Marseillais, disputée par des musicologues, La Marseillaise incarne une histoire collective plus vaste que son créateur. Pour explorer d’autres symboles fondateurs de la République, découvrez l’auteur de la devise de la République française.
- Présidence de la République, La Marseillaise de Rouget de Lisle
- Chemins de mémoire, Ministère des Armées, La Marseillaise d’hier à aujourd’hui
- Ministère des Armées, La Marseillaise, chant militaire
- Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, La Marseillaise de Rouget de Lisle
- Philharmonie de Paris, Musée de la musique, genèse et citations de La Marseillaise
- Histoire par l’image, Rouget de Lisle composant La Marseillaise
- Réseau Canopé, dossier documentaire La Marseillaise
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