La guerre de Cent Ans se termine en 1453, avec la bataille de Castillon le 17 juillet. Cette victoire française décisive, qui voit la mort du général anglais John Talbot, met fin à 116 ans de conflit entre les couronnes de France et d’Angleterre. Aucun traité de paix formel n’est signé : les Anglais quittent simplement le continent, ne conservant que Calais.
Astuce de mémorisation
Image mentale : une candole (1), une chaise (4), une main (5) et un trident (3) posés sur une bouche de canon qui fume. « 1-4-5-3 ». La date se retient aussi par un jumelage célèbre : 1453, c’est aussi l’année de la chute de Constantinople. Deux fins le même an : fin de l’Empire byzantin à l’Est, fin de la guerre de Cent Ans à l’Ouest. 1453 clôt le Moyen Âge.
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L’essentiel à savoir
Au printemps 1453, la reconquête française est presque achevée. Depuis Formigny en 1450, la Normandie est reprise. Bordeaux est tombée en 1451. Mais les Bordelais, qui tirent leur prospérité du commerce anglais du vin, se révoltent et appellent à l’aide le roi d’Angleterre Henri VI. Celui-ci envoie John Talbot, comte de Shrewsbury, vétéran légendaire, surnommé le « lion de l’Angleterre ».
Talbot débarque en Médoc le 20 octobre 1452 et reprend Bordeaux sans combattre, accueilli en libérateur. Au printemps 1453, il est rejoint par son fils et des renforts. Charles VII réplique en lançant trois armées convergentes sur la Gascogne. Son maître artilleur Jean Bureau, qui a déjà prouvé sa valeur à Formigny, dispose de la meilleure artillerie d’Europe : couleuvrines, bombardes et canons de campagne.
Le 17 juillet 1453, Talbot, âgé d’environ 70 ans, marche au secours de Castillon, petite ville de la Dordogne assiégée par les Français. Jean Bureau a aménagé un camp retranché d’environ 300 pièces d’artillerie, disposées derrière palissades et fossés. Croyant à une retraite française après une première escarmouche, Talbot ordonne la charge contre ce camp fortifié. Sa cavalerie se heurte à un feu d’artillerie concentré à bout portant.
La fin d’un empire continental
Talbot est désarçonné puis achevé d’un coup de hache, avec son fils. La débandade est totale : de nombreux Anglo-Gascons se noient dans la Dordogne en fuyant. En quelques heures, l’armée anglaise est décimée. Bordeaux résiste quelques mois encore, mais capitule le 19 octobre 1453. Les Anglais renoncent à l’Aquitaine et à toutes leurs possessions continentales de la dynastie Plantagenêt.
La bataille de Castillon marque aussi un tournant militaire : c’est la première utilisation massive et décisive de l’artillerie de campagne dans une bataille rangée. Les flèches anglaises, victorieuses à Crécy et Azincourt, sont supplantées par les boulets français. La guerre de Cent Ans s’éteint faute d’armée anglaise sur le continent, sans traité formel. Les rois d’Angleterre continueront à revendiquer le titre de « roi de France » jusqu’en 1802.
La guerre s’achève en 1453
Bataille de Castillon, 17 juillet. Mort de Talbot, capitulation de Bordeaux.
Bataille décisive
Castillon
17 juillet 1453, sur la Dordogne
Roi vainqueur
Charles VII
Le « Victorieux » ou « Bien-Servi »
Arme décisive
Artillerie Bureau
~300 pièces en camp retranché
Conséquence
Aquitaine française
Fin de 300 ans de présence anglaise
Pourquoi on parle de « date de référence »
Aucun traité de paix formel n’a été signé. La guerre s’est éteinte faute de troupes et de territoires, pas par un accord diplomatique. 1453 fait référence à la bataille de Castillon et à la reddition de Bordeaux la même année. Les hostilités reprendront ponctuellement jusqu’au traité de Picquigny en 1475.
Le savais-tu ?
Castillon fut presque entièrement éclipsée dans les chroniques de l’époque. Quelques semaines plus tôt, le 29 mai 1453, Constantinople était tombée aux mains des Turcs ottomans, mettant fin à l’Empire byzantin millénaire. Cet événement apocalyptique pour la chrétienté occupait toutes les conversations européennes. La fin de la guerre de Cent Ans, pourtant décisive pour la France, passa presque inaperçue. Deux fins d’époque se sont télescopées en 1453 : à l’Est celle d’un empire antique, à l’Ouest celle du Moyen Âge guerrier.
Questions fréquentes
Pourquoi appelle-t-on cette guerre « de Cent Ans » alors qu’elle en dure 116 ?
L’expression est une simplification postérieure, apparue au XIXe siècle pour désigner le conflit qui opposa la France à l’Angleterre de 1337 à 1453. En réalité, il ne s’agit pas d’une guerre continue, mais d’une série de conflits séparés par de longues trêves. Le chiffre de cent ans est commode pour retenir l’ordre de grandeur, mais la durée exacte est de 116 années. Certains historiens remontent même au conflit franco-anglais du XIIe siècle pour élargir la période.
Qui était John Talbot ?
John Talbot, comte de Shrewsbury, était le général anglais le plus réputé de sa génération. Né vers 1387, il combattit pendant plus de quarante ans, notamment contre Jeanne d’Arc à Orléans et Patay en 1429. Âgé d’environ 70 ans à Castillon, surnommé le « lion de l’Angleterre », il fut envoyé par Henri VI pour sauver la Guyenne rebelle. Son mauvais jugement tactique face à l’artillerie française lui coûta la vie, ainsi qu’à son fils John, baron de L’Isle, tué à ses côtés.
Pourquoi l’Aquitaine appartenait-elle aux Anglais ?
L’Aquitaine, ou Guyenne, était entrée dans le domaine anglais en 1152 par le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri II Plantagenêt, futur roi d’Angleterre. Elle y resta pendant trois siècles, jouissant d’une large autonomie et d’importants privilèges commerciaux, notamment pour l’exportation du vin vers l’Angleterre. Cette appartenance expliquait la prospérité bordelaise et la fidélité des Gascons à la couronne anglaise, qui tenta même de se réaffirmer en 1452 avec l’expédition de Talbot.
Qu’a gardé l’Angleterre en France après 1453 ?
La seule possession anglaise subsistante en France après Castillon fut la ville de Calais, conservée comme tête de pont stratégique sur la Manche. Elle resta anglaise pendant plus d’un siècle encore, jusqu’à sa reprise par François de Guise en janvier 1558 sous Henri II. La perte de Calais fut vécue comme un traumatisme national en Angleterre : la reine Marie Tudor aurait déclaré qu’à sa mort, on trouverait gravé « Calais » sur son cœur.
Comment Jean Bureau a-t-il révolutionné la guerre ?
Jean Bureau, maître de l’artillerie de Charles VII, créa à Castillon le premier usage massif et coordonné de l’artillerie de campagne dans l’histoire militaire européenne. Jusque-là, les canons servaient surtout aux sièges. Bureau les déploya en batterie, protégés par des palissades, pour créer un camp retranché d’une puissance de feu inédite. Cette innovation tactique annonçait la fin de la cavalerie médiévale dominante et l’entrée dans l’ère de la guerre moderne, basée sur la poudre à canon.
Quelles ont été les conséquences pour la France ?
La fin de la guerre de Cent Ans consacre l’unité territoriale du royaume de France, qui atteint approximativement ses frontières modernes. La monarchie sort renforcée, les princes féodaux affaiblis. Un sentiment national naissant, cristallisé autour de figures comme Jeanne d’Arc et Charles VII, commence à émerger. La fiscalité royale permanente, établie pour financer la guerre, subsiste et devient le socle de l’État moderne. 1453 marque symboliquement la sortie du Moyen Âge guerrier et l’entrée dans la Renaissance.
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Sources
- Wikipédia – Déroulement de la bataille du 17 juillet 1453 et rôle décisif de l’artillerie des frères Bureau
- Herodote.net – Mort de Talbot, reddition de Bordeaux et fin des possessions continentales Plantagenêt
- Région Nouvelle-Aquitaine – Parcours militaire de John Talbot et contexte de l’expédition de 1452
- Persée – Étude historique sur la bataille de Castillon et la perte de la Gascogne anglaise
- France Archives – Archives officielles sur la fin de la guerre de Cent Ans et la bataille de Castillon