En quelle année commence la guerre de Cent Ans ?

La réponse en un coup d’œil

La guerre de Cent Ans commence en 1337. Le 7 octobre, Édouard III revendique publiquement la couronne de France et défie Philippe VI de Valois. Les premiers combats d’ampleur n’éclatent toutefois que trois ans plus tard.


1337
Année de déclenchement retenue
116 ans
Durée réelle, jusqu’en 1453
7 oct.
Défi d’Édouard III à Westminster

Le déclencheur immédiat est juridique. Le 24 mai 1337, Philippe VI confisque la Guyenne, fief anglais sur le sol français. Pour un roi médiéval, reprendre un fief à son vassal équivaut à une déclaration de guerre.

Le conflit durera 116 ans, jusqu’en 1453. Le nom « guerre de Cent Ans » est une invention tardive d’historiens du XIXe siècle, pas une durée réelle.

Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.

1337, la date de référence retenue par les historiens

Une année, deux actes fondateurs

1337 condense deux ruptures : une confiscation et une revendication de trône.

24 mai 1337

Philippe VI confisque la Guyenne, fief tenu par Édouard III. Le suzerain reprend la terre au vassal rebelle : l’arme féodale ultime.

7 octobre 1337

À Westminster, Édouard III conteste la légitimité de Philippe VI et revendique la couronne de France pour lui-même.

Le 1er novembre, le chancelier Henry Burghersh présente les lettres de défi au roi de France, à Paris. La guerre est officiellement ouverte.

Le roi prétendant

C’est Édouard III d’Angleterre qui, en revendiquant la couronne de France, transforme un simple litige territorial en guerre dynastique. Petit-fils de Philippe le Bel par sa mère, il estime avoir des droits sur le trône. Cette prétention nourrit un conflit qui s’étirera sur plus d’un siècle.

Portrait d'Édouard III d'Angleterre, roi initiateur de la guerre de Cent Ans en 1337
Édouard III d’Angleterre. Source : Wikimedia Commons

Le 24 mai 1337 : la confiscation de la Guyenne

Philippe VI prononce la confiscation du duché de Guyenne, possession anglaise dans le sud-ouest. Édouard III tient ces terres en tant que vassal du roi de France, une situation héritée des Plantagenêts. Retirer le fief au vassal rebelle est l’arme féodale ultime.

Cet acte transforme un différend dynastique latent en affrontement ouvert. Bordeaux et la Gascogne sont directement visés.

Le 7 octobre 1337 : le défi d’Édouard III

À l’abbaye de Westminster, Édouard III conteste la légitimité de Philippe VI et revendique pour lui-même la couronne de France. Le 1er novembre, son chancelier Henry Burghersh, évêque de Lincoln, présente les lettres de défi au roi de France à Paris.

Ce geste diplomatique officialise la guerre. C’est cette revendication du trône, et non un simple litige territorial, qui donne au conflit sa dimension d’un siècle.

Pourquoi la date de début fait débat

Trois dates, un seul point de départ officiel

1328
La cause profondeMort de Charles IV sans héritier mâle. Édouard III écarté du trône.
Origine
1337
Le déclenchementConfiscation de la Guyenne puis défi d’Édouard III. Date retenue.
Référence
1340
Les premiers combatsBataille navale de L’Écluse. La guerre passe des mots aux armes.
Combats

Les premiers chocs

La déclaration de 1337 ne signifie pas combats immédiats. Faute d’argent, les deux rois tardent. La première grande bataille terrestre, Crécy, n’a lieu qu’en 1346 : les archers anglais y écrasent la chevalerie française et ouvrent une phase de domination anglaise.

Enluminure de la bataille de Crécy en 1346, premiers combats majeurs de la guerre de Cent Ans
La bataille de Crécy (1346), Chroniques de Froissart. Source : Wikimedia Commons

1337, déclaration contre premiers combats

La guerre est déclarée en 1337, mais les opérations militaires d’envergure tardent. Les deux rois manquent d’argent et doivent négocier l’impôt avec leurs parlements respectifs. Les premières hostilités passent par alliés interposés, notamment en Flandre.

La première grande bataille navale, L’Écluse, n’a lieu qu’en 1340. La bataille de Crécy, premier choc terrestre majeur, attend 1346.

Les racines remontent à 1328

La crise dynastique naît en février 1328, à la mort de Charles IV le Bel sans héritier mâle. Il est le dernier des fils de Philippe le Bel. La noblesse française élit Philippe de Valois, cousin germain du défunt, et écarte la candidature d’Édouard III, pourtant petit-fils de Philippe le Bel par sa mère Isabelle.

Cette éviction, justifiée un siècle plus tard par la loi salique, constitue la cause profonde. Elle explique pourquoi la revendication anglaise de 1337 vise directement le trône.

Le déclencheur réel : un conflit de vassalité

Le paradoxe qui rend la guerre inévitable

Un roi souverain

Édouard III

Règne sur l’Angleterre, ne rend de comptes à personne sur son île.

est aussi

Un vassal du roi de France

Duc de Guyenne

Pour ses terres continentales, il doit hommage à Philippe VI.

Un souverain ne peut durablement s’agenouiller devant un autre souverain. Cette contradiction, héritée de 1066, traverse près de trois siècles avant d’exploser en 1337.
Enluminure de Jean Fouquet montrant Édouard III rendant hommage à Philippe VI de Valois pour l'Aquitaine
Édouard III rend hommage à Philippe VI pour l’Aquitaine, enluminure de Jean Fouquet, Grandes Chroniques de France. Source : Wikimedia Commons

L’héritage empoisonné de 1066

En 1066, Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, devient roi d’Angleterre tout en restant vassal du roi de France pour son duché. Un souverain ne peut durablement rendre hommage à un autre souverain. Cette contradiction féodale traverse près de trois siècles avant d’exploser.

La laine flamande comme étincelle économique

En août 1336, Édouard III impose un embargo sur les exportations de laine anglaise vers la Flandre. Les drapiers de Gand, Bruges et Ypres, ruinés, se soulèvent. Menés par Jacob van Artevelde, marchand de Gand, ils poussent Édouard III à se proclamer roi de France pour légitimer leur rébellion contre leur comte, fidèle à Paris. L’économie textile pèse ainsi directement sur le calendrier de la guerre.

1337-1453 : pourquoi 116 ans et non cent

116
années réelles, de 1337 à 1453, soit seize de plus que ce que le nom laisse croire. Une succession de guerres entrecoupée de longues trêves.

Combats intenses, pas conflit continu

13371453
Phases de guerre Trêves
1337-1360
Phase édouardienne, avantage anglais
1388-1411
Longue trêve, près de 25 ans de paix
1415-1453
Phase lancastrienne, puis reconquête
Arbre généalogique reliant les rois de France et d'Angleterre à l'origine de la guerre de Cent Ans
La rivalité dynastique Valois contre Plantagenêt, nœud du conflit. Source : Wikimedia Commons

Une succession de guerres, pas un combat continu

La guerre de Cent Ans n’est pas un affrontement ininterrompu. Elle alterne phases de combats intenses et longues trêves, dont une paix de près de vingt-cinq ans entre 1388 et 1411. Les historiens la découpent en grandes phases : la phase édouardienne (1337-1360), la reconquête de Charles V, puis la phase lancastrienne qui s’achève en 1453.

Un nom forgé au XIXe siècle

L’expression « guerre de Cent Ans » n’existe pas à l’époque médiévale. Elle est une construction d’historiens du XIXe siècle cherchant à regrouper cette série de conflits sous une étiquette unique. Le chiffre rond de cent l’a emporté sur la durée exacte de 116 ans.

Les rois face à face en 1337

Royaume de France

Philippe VI de Valois

Règne 1328-1350

  • Premier roi de la dynastie des Valois
  • Élu par la noblesse, autorité fragile
  • Écrase les Flamands au Mont Cassel dès 1328

Royaume d’Angleterre

Édouard III

Règne 1327-1377

  • Maison Plantagenêt
  • Petit-fils de Philippe le Bel par sa mère
  • Revendique la couronne de France en 1337

Le premier affrontement armé

Le 24 juin 1340, la flotte d’Édouard III anéantit la marine française à L’Écluse, au large de la Flandre. Cette victoire navale donne aux Anglais la maîtrise de la Manche pour des années et marque le vrai passage des rivalités de 1337 à la guerre ouverte.

Enluminure de la bataille navale de L'Écluse en 1340 entre flottes anglaise et française
La bataille de L’Écluse (1340), Chroniques de Froissart. Source : Wikimedia Commons

Philippe VI de Valois, le roi contesté

Élu par la noblesse en 1328, Philippe VI (règne 1328-1350) inaugure la dynastie des Valois. Son autorité reste fragile, ce qui explique sa fermeté envers l’Angleterre. Il tente d’asseoir sa légitimité en écrasant dès 1328 les Flamands révoltés au Mont Cassel.

Édouard III d’Angleterre, le prétendant

Édouard III (règne 1327-1377) appartient à la maison Plantagenêt. Petit-fils de Philippe le Bel par sa mère, il estime avoir des droits sur la couronne de France. Sa revendication de 1337 ouvre plus d’un siècle de guerre et engage successivement cinq rois de chaque camp.

Astuce de mémorisation

Pour retenir 1337, lisez les chiffres à l’envers : 7-3-3-1, comme un compte à rebours qui descend puis retombe sur 1.

Autre ancrage : le 7 octobre 1337, le 7 du jour annonce déjà le 7 de 1337. La date de début porte deux fois le chiffre 7.

Questions fréquentes sur le début de la guerre de Cent Ans

Quel événement précis déclenche la guerre en 1337 ?

La confiscation de la Guyenne par Philippe VI, le 24 mai 1337, met le feu aux poudres. En reprenant ce fief à Édouard III, le roi de France pose l’acte féodal le plus grave possible envers un vassal. Édouard III répond le 7 octobre en revendiquant la couronne de France, ce qui transforme le litige territorial en guerre dynastique ouverte.

Pourquoi parle-t-on de 1337 et pas de 1328 ?

1328 marque la crise de succession, avec la mort de Charles IV et l’éviction d’Édouard III au profit de Philippe VI. Mais aucune guerre n’éclate alors. Il faut attendre 1337 et la revendication armée d’Édouard III pour que le conflit devienne effectif. 1328 est la cause profonde, 1337 le déclenchement.

La guerre commence-t-elle vraiment par des combats en 1337 ?

Non, et c’est une confusion fréquente. La déclaration date de 1337, mais les rois manquent de moyens financiers. Les premières opérations sérieuses passent par alliés interposés en Flandre. La première grande bataille, navale, se déroule à L’Écluse en 1340, et Crécy attend 1346.

Combien de temps a duré la guerre de Cent Ans exactement ?

Cent seize ans, de 1337 à 1453, soit seize de plus que le nom ne l’indique. Ce n’est pas un conflit continu mais une alternance de guerres et de trêves, dont certaines très longues. Le chiffre de cent est une approximation commode retenue par les historiens du XIXe siècle.

Qui règne en France et en Angleterre en 1337 ?

En France, Philippe VI de Valois, premier roi de sa dynastie, élu en 1328. En Angleterre, Édouard III, de la maison Plantagenêt. Ce sont les deux protagonistes de l’ouverture du conflit. Au total, cinq rois de France et cinq d’Angleterre se succéderont durant les 116 ans de guerre.

Pourquoi le roi d’Angleterre revendique-t-il le trône de France ?

Édouard III est petit-fils de Philippe le Bel par sa mère Isabelle de France. À la mort de Charles IV sans fils, il figure parmi les prétendants légitimes. La noblesse française l’écarte car il descend par les femmes, un principe formalisé plus tard sous le nom de loi salique. Cette éviction nourrit sa revendication de 1337.

Quel rôle joue la Flandre au début de la guerre ?

Un rôle économique décisif. L’embargo d’Édouard III sur la laine anglaise en 1336 ruine les drapiers flamands, qui se soulèvent sous la conduite de Jacob van Artevelde. Ils encouragent le roi d’Angleterre à se proclamer roi de France, offrant à sa revendication un appui militaire et une légitimité sur le continent.

Un conflit qui refonde la France

Ce que 1337 a ouvert

Une querelle de deux rois devenue la matrice de la nation française.

1453
Fin du conflit, Anglais chassés du continent
10 rois
Cinq français, cinq anglais engagés
1 nation
Émergence du sentiment national français

1337 ouvre une guerre qui dépasse largement la querelle de deux rois. En 116 ans, elle fait émerger un sentiment national français, incarné plus tard par Jeanne d’Arc, et met fin à la présence anglaise sur le continent. La date de fin de la guerre de Cent Ans en 1453 referme ce cycle. Pour situer ce conflit parmi les grandes dates du Moyen Âge, le hub culture générale rassemble les repères essentiels.

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À propos de l’auteur

Fiche rédigée par Alan Chevereau, consultant SEO, spécialisé dans la vérification factuelle et la structuration de contenus de culture générale. Chaque date et chaque source de cette fiche ont été contrôlées à partir de références institutionnelles et académiques.