Quel traité met officiellement fin à la Première Guerre mondiale ?

Histoire

Le traité qui met officiellement fin à la Première Guerre mondiale avec l’Allemagne est le traité de Versailles. Signé le 28 juin 1919 dans la galerie des Glaces du château de Versailles, cinq ans jour pour jour après l’attentat de Sarajevo, il impose à l’Allemagne de lourdes réparations, des pertes territoriales et une drastique limitation militaire.

28 juin 1919Date de signature
Art. 231Clause de culpabilité
100 000Hommes max. pour l’armée allemande

Astuce de mémorisation

Image mentale : la galerie des Glaces, ces miroirs géants où fut proclamé l’Empire allemand en 1871. Cinquante ans plus tard, Clemenceau y renvoie l’humiliation à l’Allemagne, sous le portrait de Louis XIV. Versailles = « revanche française ». Et pour la date : 28 juin 1919, exactement cinq ans après le 28 juin 1914 (l’attentat de Sarajevo). Le même jour ouvre et ferme la boucle de la guerre.

Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.

L’essentiel à savoir

L’armistice du 11 novembre 1918 a stoppé les combats, mais il ne s’agit que d’un arrêt militaire. C’est le traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, qui met officiellement fin à l’état de guerre entre l’Allemagne et les puissances alliées. Le texte est préparé pendant six mois à la conférence de la paix de Paris, ouverte le 18 janvier 1919.

Trois hommes dominent les négociations : Clemenceau pour la France, qui veut anéantir la menace allemande ; Lloyd George pour le Royaume-Uni, partagé entre sanctions et préservation d’un partenaire économique ; Wilson pour les États-Unis, qui défend ses quatorze points et le projet de Société des Nations. L’Italie, représentée par Orlando, réclame les territoires promis en 1915. L’Allemagne n’est pas conviée aux débats.

La signature a lieu dans la galerie des Glaces du château de Versailles, à l’endroit même où l’Empire allemand avait été proclamé en janvier 1871 à l’issue de la guerre franco-prussienne. Le choix est symbolique : la France efface l’humiliation de 1870. La cérémonie dure cinquante minutes. Vingt-sept délégations représentant trente-deux puissances sont présentes.

Des clauses jugées inacceptables

Le traité impose à l’Allemagne des sanctions draconiennes. L’article 231, la fameuse clause de culpabilité, attribue à l’Allemagne la responsabilité exclusive du déclenchement du conflit. Sur le plan territorial : restitution de l’Alsace-Lorraine à la France, perte de 68 000 km² et de 8 millions d’habitants, création du « corridor de Dantzig » donnant à la Pologne un accès à la mer.

Les clauses militaires limitent l’armée à 100 000 hommes, interdisent la conscription et démilitarisent la Rhénanie. Les réparations financières sont colossales. Les colonies allemandes sont confisquées et redistribuées sous mandat de la Société des Nations. L’Allemagne signe sous la menace, qualifiant le texte de « diktat ». Paradoxalement, le Sénat américain refuse en novembre 1919 de ratifier le traité. Vingt ans plus tard éclate la Seconde Guerre mondiale.

Fiche synthèse

Le traité de Versailles, 28 juin 1919

Signé dans la galerie des Glaces, cinq ans après Sarajevo.

Lieu

Galerie des Glaces

Même lieu que la proclamation de l’Empire allemand en 1871

Négociateurs

Les Quatre

Clemenceau, Wilson, Lloyd George, Orlando

Pertes territoriales

68 000 km²

Alsace-Lorraine, corridor de Dantzig, colonies

Création majeure

SDN

Société des Nations, ancêtre de l’ONU

Le piège du vocabulaire

L’armistice du 11 novembre 1918 a arrêté les combats, mais n’a pas officiellement mis fin à la guerre. Juridiquement, c’est Versailles qui scelle la paix. Les deux dates se confondent souvent dans la mémoire collective, mais elles ne désignent pas la même chose : cessez-le-feu militaire d’un côté, traité de paix définitif de l’autre.

Signature du traité de Versailles dans la galerie des Glaces le 28 juin 1919, peinture de William Orpen
William Orpen, The Signing of Peace in the Hall of Mirrors, Versailles, 28th June 1919. La signature du traité de Versailles dans la galerie des Glaces. Via Wikimedia Commons, domaine public.

Le savais-tu ?

Le 21 juin 1919, une semaine avant la signature, la flotte de guerre allemande internée à Scapa Flow, au large de l’Écosse, se saborde elle-même. L’amiral Ludwig von Reuter, craignant que ses navires ne soient partagés entre les vainqueurs, donne l’ordre d’ouvrir les vannes de 74 bâtiments. Cinquante-deux coulent, dont onze cuirassés. C’est le plus grand sabordage naval de l’histoire. Un dernier geste de défi allemand, sept jours avant la capitulation diplomatique de Versailles.

Questions fréquentes

Pourquoi le traité a-t-il été signé à Versailles et non à Paris ?

Le choix de Versailles, et plus précisément de la galerie des Glaces, relève d’une revanche symbolique française. C’est dans cette même galerie que, le 18 janvier 1871, Guillaume Ier avait été proclamé empereur d’Allemagne à l’issue de la victoire allemande contre Napoléon III. Cinquante ans plus tard, Clemenceau impose à l’Allemagne vaincue de signer sa capitulation diplomatique au lieu exact de sa plus grande humiliation nationale pour la France.

Qu’est-ce que l’article 231 ?

L’article 231, surnommé « clause de culpabilité », attribue à l’Allemagne et à ses alliés la responsabilité exclusive du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Cette disposition sert de base juridique pour exiger les réparations financières, mais elle est perçue en Allemagne comme une insulte nationale majeure. Elle ignore en effet les responsabilités partagées des autres puissances dans la montée des tensions d’avant-guerre. Cette clause nourrira durablement le ressentiment allemand.

Pourquoi parle-t-on de « diktat » de Versailles ?

L’Allemagne, non invitée aux négociations de la conférence de paix de Paris, n’a découvert les clauses du traité que le 7 mai 1919, soit à peine deux mois avant la signature. Ses contre-propositions ont toutes été rejetées. Face au refus initial allemand, les Alliés ont menacé de reprendre la guerre. Berlin a signé sous la contrainte le 28 juin. L’expression « diktat » (dictée) résume cette humiliation perçue par une nation exclue d’un accord qui la concerne directement.

Quels autres traités ont mis fin au conflit ?

Versailles ne concerne que l’Allemagne. Quatre traités complémentaires règlent le sort des autres vaincus : le traité de Saint-Germain-en-Laye du 10 septembre 1919 avec l’Autriche, le traité de Neuilly-sur-Seine du 27 novembre 1919 avec la Bulgarie, le traité de Trianon du 4 juin 1920 avec la Hongrie, et le traité de Sèvres du 10 août 1920 avec l’Empire ottoman, remplacé en 1923 par celui de Lausanne. Ensemble, ils redessinent la carte européenne.

Qu’est-ce que la Société des Nations créée à Versailles ?

La Société des Nations (SDN) est une organisation internationale établie par les premiers articles du traité de Versailles. Inspirée des quatorze points du président américain Wilson, elle a pour mission de maintenir la paix mondiale par la négociation et la sécurité collective. Son siège est fixé à Genève. Paradoxalement, les États-Unis n’y adhèrent jamais, le Sénat américain ayant refusé de ratifier le traité en novembre 1919. La SDN sera l’ancêtre direct de l’ONU, fondée en 1945.

Le traité a-t-il contribué à la montée du nazisme ?

Le traité de Versailles n’est pas la cause unique de la montée du nazisme, mais il crée un contexte très favorable. Le sentiment d’humiliation nationale, les difficultés économiques liées aux réparations, la « clause de culpabilité » et la perte de territoires alimentent un profond ressentiment en Allemagne. Hitler exploite ces griefs dès les années 1920 dans ses discours et son livre Mein Kampf. Son arrivée au pouvoir en 1933 ouvrira la voie à la dénonciation systématique du traité.

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