En quelle année commence la Première Guerre mondiale ?

Histoire · Date de référence

La Première Guerre mondiale commence le 28 juillet 1914.

Ce jour-là, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Un mois plus tôt, le 28 juin, l’archiduc François-Ferdinand est assassiné à Sarajevo. En dix jours, le jeu des alliances transforme un différend balkanique en guerre européenne, puis mondiale.

28 juin 1914
Attentat de Sarajevo
28 juil. 1914
Déclaration de guerre
11 nov. 1918
Armistice

Cette déclaration du 28 juillet est la première d’une réaction en chaîne. Le 1er août, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie. Le 3 août, à la France. Le 4 août, le Royaume-Uni entre en guerre. Quatre déclarations formelles en une semaine, quatre empires bientôt engagés.

La date de référence retenue par les historiens reste le 28 juillet 1914, jour de la première déclaration officielle. Certains manuels datent le conflit d’août, mois de l’entrée en guerre des grandes puissances occidentales. La distinction éclaire un point clé : la guerre ne naît pas d’un seul acte, mais d’un enchaînement.

Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.

Le 28 juillet 1914, la première déclaration de guerre

28.07
Le jour où l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Première déclaration formelle du conflit, elle enclenche tout le reste.
28 juil.
Autriche-Hongrie contre Serbie
1er août
Allemagne contre Russie
3 août
Allemagne contre France
4 août
Royaume-Uni entre en guerre

La déclaration

Le 28 juillet 1914, l’empereur François-Joseph signe la déclaration de guerre au royaume de Serbie. Vienne accuse Belgrade d’avoir commandité l’attentat de Sarajevo. Dès le lendemain, l’artillerie austro-hongroise bombarde la capitale serbe depuis le Danube. La guerre balkanique est ouverte.

Troupes austro-hongroises traversant Sarajevo pour rejoindre le front serbe à l'été 1914
Troupes austro-hongroises en route vers la Serbie, 1914. Wikimedia Commons

Ce que déclenche exactement l’Autriche-Hongrie

Le 28 juillet 1914, l’empereur François-Joseph signe la déclaration de guerre au royaume de Serbie. Vienne accuse Belgrade d’avoir commandité l’attentat de Sarajevo. Dès le lendemain, l’artillerie austro-hongroise bombarde la capitale serbe depuis le Danube. La guerre balkanique est ouverte.

Cette date fait référence parce qu’elle est la première déclaration formelle du conflit. Tout ce qui suit en découle mécaniquement. La Russie, protectrice de la Serbie, mobilise. L’Allemagne, alliée de Vienne, réagit contre la Russie et la France. Le déclencheur juridique est là, daté, signé.

Pourquoi certains datent le conflit d’août 1914

L’expression « guerre de 14-18 » ancre 1914 dans la mémoire collective. Mais l’entrée en guerre des puissances majeures se joue en août : Allemagne contre Russie le 1er, contre France le 3, Royaume-Uni le 4. Pour un lecteur français, le conflit devient réel avec la mobilisation générale décrétée le 1er août.

Les deux lectures coexistent sans se contredire. Le 28 juillet marque le début juridique. Le début du mois d’août marque le basculement des grandes puissances occidentales. La date de référence internationale reste le 28 juillet, retenue notamment par l’UNESCO, qui a inscrit le télégramme de déclaration au Registre Mémoire du monde.

L’attentat de Sarajevo, l’étincelle du 28 juin

Fiche d’identité de l’attentat

Ce qui s’est passé le 28 juin 1914

L’archiduc François-Ferdinand et son épouse Sophie abattus à Sarajevo par Gavrilo Princip.

Auteur
Gavrilo Princip, 19 ans
Réseau
Main Noire, 6 conspirateurs
Fin de Princip
Mort en avril 1918, prison

Minutes avant le drame

La photographie la plus célèbre de la journée montre le couple archiducal quittant l’hôtel de ville de Sarajevo, quelques minutes avant les coups de feu. Le cortège emprunte alors le trajet qui va placer la voiture, par erreur, juste devant Gavrilo Princip.

L'archiduc François-Ferdinand et son épouse Sophie en voiture découverte à Sarajevo le matin du 28 juin 1914, peu avant l'attentat
L’archiduc et son épouse à Sarajevo, matin du 28 juin 1914. Imperial War Museum via Wikimedia Commons

Le double assassinat de François-Ferdinand

Le 28 juin 1914, à Sarajevo, l’archiduc héritier François-Ferdinand et son épouse Sophie sont abattus par Gavrilo Princip, nationaliste bosno-serbe de 19 ans. La ville est le chef-lieu de la Bosnie-Herzégovine, annexée par l’Autriche-Hongrie en 1908. L’attentat offre à Vienne le prétexte cherché de longue date.

Princip appartenait à un groupe de six conspirateurs liés à la Main Noire, société secrète serbe. Arrêté sur place, il échappe à la peine capitale en raison de son âge. Il meurt de la tuberculose en avril 1918, dans une prison austro-hongroise, six mois avant l’effondrement de l’empire qu’il avait contribué à abattre.

Un attentat qui a failli échouer

La matinée du 28 juin bascule sur un enchaînement d’incidents. Un premier conspirateur lance une grenade sur le cortège : elle rebondit sur la voiture de l’archiduc et blesse des officiers du véhicule suivant. François-Ferdinand décide malgré tout de visiter les blessés à l’hôpital.

Son chauffeur se trompe de route, cale en faisant marche arrière, juste devant un café. Gavrilo Princip, qui buvait là sans espoir d’une seconde chance, se retrouve face à sa cible. Deux coups de feu. Le destin de l’Europe se joue sur un calage de moteur.

De l’attentat à la guerre, l’engrenage diplomatique

L’engrenage de juillet 1914
Trois verrous qui sautent en 23 jours
5 juillet
Le chèque en blanc allemand : Guillaume II garantit un soutien inconditionnel à Vienne.
23 juillet
Ultimatum en dix points à la Serbie, conçu pour être refusé.
28 juillet
Déclaration de guerre austro-hongroise. L’engrenage devient irréversible.

L’homme par qui tout bascule

Gavrilo Princip photographié dans sa cellule. Trop jeune pour la peine de mort selon le droit austro-hongrois, il est condamné à vingt ans de prison. La tuberculose l’emporte avant la fin du conflit qu’il a contribué à déclencher.

Gavrilo Princip dans sa cellule de la forteresse de Terezín en 1914 après l'attentat de Sarajevo
Gavrilo Princip dans sa cellule, forteresse de Terezín, 1914. Wikimedia Commons

Le chèque en blanc allemand du 5 juillet

L’attentat seul ne suffit pas. Il faut le soutien allemand. Le 5 juillet 1914, Guillaume II accorde à l’Autriche-Hongrie un appui inconditionnel en cas de conflit avec la Serbie. Cet engagement, le fameux « chèque en blanc », transforme une crise régionale en menace continentale.

Fort de cette garantie, Vienne durcit sa position. Sans Berlin derrière elle, l’Autriche-Hongrie n’aurait probablement pas osé affronter la Serbie, adossée à la Russie. Le chèque en blanc est le premier verrou qui saute dans la mécanique des alliances.

L’ultimatum du 23 juillet, conçu pour être refusé

Le 23 juillet 1914, l’Autriche-Hongrie adresse à Belgrade un ultimatum en dix points, volontairement inacceptable. Il exige notamment la présence d’enquêteurs autrichiens sur le sol serbe, une atteinte directe à la souveraineté du royaume.

La Serbie accepte presque tous les points et ne réserve que celui qui autorise des fonctionnaires austro-hongrois à agir sur son sol. Sa réponse, jugée conciliante par une partie de l’Europe, ne suffit pas. Ce seul refus, portant atteinte à sa souveraineté, donne à Vienne le motif recherché. Cinq jours plus tard, la guerre est déclarée.

La réaction en chaîne des alliances

Après le 28 juillet, l’escalade est fulgurante. Le 30 juillet, la Russie décrète la mobilisation générale. Le 1er août, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie et la France mobilise. Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France. Le 4 août, l’invasion de la Belgique neutre fait entrer le Royaume-Uni.

Chaque puissance se croit tenue par ses engagements. Personne ne recule. Ce qui aurait pu rester une énième crise balkanique dégénère en guerre générale par la seule logique des traités d’alliance, rigides et interconnectés.

Les causes profondes derrière l’étincelle

L’attentat est l’étincelle. L’Europe de 1914 était déjà la poudrière.

Les tensions accumulées

Rivalités coloniales entre grandes puissances
Course aux armements navals, Allemagne contre Royaume-Uni
Nationalismes exacerbés dans les Balkans
Deux guerres balkaniques, 1912 et 1913

Le mécanisme fatal

Deux blocs d’alliances rigides face à face
Triple-Entente : France, Royaume-Uni, Russie
Triple-Alliance : Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie
Chaque déclaration en entraîne d’autres par traité

L’Europe des deux blocs

Carte des alliances militaires en Europe en 1914 opposant la Triple-Entente à la Triple-Alliance
Les alliances militaires en Europe en 1914. Wikimedia Commons

Une Europe transformée en poudrière

L’attentat n’est que le détonateur. Depuis le début du XXe siècle, l’Europe accumule les tensions : rivalités coloniales, course aux armements navals entre l’Allemagne et le Royaume-Uni, nationalismes exacerbés. Les deux guerres balkaniques de 1912 et 1913 ont déjà fait des Balkans une zone explosive.

Dans ce climat, le moindre incident pouvait mettre le feu aux poudres. L’assassinat de Sarajevo fut cet incident. Les historiens débattent encore du poids respectif de chaque facteur. Ils s’accordent sur un point : la guerre était rendue possible par un système européen déjà sous pression maximale.

Le système des deux blocs d’alliances

Deux coalitions rivales se font face avant 1914. La Triple-Entente unit la France, le Royaume-Uni et la Russie. La Triple-Alliance lie l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie, cette dernière basculant finalement du côté allié en 1915.

Ce dispositif, pensé pour dissuader, produit l’effet inverse. Chaque déclaration de guerre en entraîne d’autres par obligation contractuelle. Le mécanisme censé garantir l’équilibre européen devient la courroie de transmission d’un embrasement général.

De la crise balkanique à la guerre mondiale

32 nations finissent par participer au conflit, dont 28 dans le camp allié. Trois continents, toutes les mers du globe.
Août 1914
Le Japon entre en guerre, ouvre le front pacifique
Nov. 1914
L’Empire ottoman rejoint les Empires centraux, front au Proche-Orient
Mai 1915
L’Italie bascule dans le camp allié
6 avr. 1917
Les États-Unis entrent en guerre, bascule stratégique et financière
De la guerre de mouvement à l’enlisement : dès novembre 1914, le front occidental se fige sur des centaines de kilomètres de tranchées.

La bascule des grandes puissances

Le 2 août 1914, les mobilisés parisiens se rassemblent devant la gare de l’Est avant de partir vers le front. En dix-sept jours, plus de trois millions d’hommes sont appelés. Le conflit balkanique est devenu une guerre européenne totale.

Mobilisés parisiens rassemblés devant la gare de l'Est le 2 août 1914 avant le départ pour le front
Mobilisés parisiens devant la gare de l’Est, 2 août 1914. Wikimedia Commons

Les deux camps et l’extension planétaire

La Grande Guerre oppose la Triple-Entente aux Empires centraux, rejoints par l’Empire ottoman fin 1914 puis la Bulgarie en 1915. Au total, trente-deux nations participent au conflit, dont vingt-huit dans le camp allié. Le champ de bataille couvre trois continents et toutes les mers du globe.

L’entrée du Japon en août 1914 ouvre un front pacifique. Celle de l’Empire ottoman étend les combats au Proche-Orient. L’engagement des États-Unis, le 6 avril 1917, change la donne stratégique et financière et précipite la victoire alliée de novembre 1918.

De la guerre de mouvement aux tranchées

La guerre imaginée courte s’enlise vite. À l’automne 1914, la bataille de la Marne stoppe l’avancée allemande à quelques kilomètres de Paris. Faute de percée, les armées s’enterrent. Dès novembre 1914, le front occidental se fige sur des centaines de kilomètres de tranchées.

Suivent quatre années de combats d’une violence inédite. Verdun et la Somme en 1916, l’usage massif du gaz de combat, des offensives coûteuses pour quelques kilomètres. La guerre industrielle de masse fait basculer l’Europe dans le siècle le plus meurtrier de son histoire.

Astuce de mémorisation

Astuce de mémorisation

28 = 28
Les deux événements déclencheurs tombent le même jour, à un mois d’écart. 28 juin, attentat. 28 juillet, déclaration de guerre.

Le repère « 14-18 » tient toute la guerre : 14 le début, 18 la fin. Pour ancrer 1914, retenez le 28 : un mois jour pour jour sépare l’étincelle de l’incendie. Le 28 est la clé, l’été 1914 le décor.

Le bilan qui redessine l’Europe

Le bilan de la Grande Guerre

9,7 M
morts militaires en 4 ans de conflit
4
empires effondrés : allemand, austro-hongrois, russe, ottoman
11.11.1918
armistice de Rethondes
La date de 1914 ouvre le cycle des deux guerres du XXe siècle. Vingt ans après Versailles, les braises rallumées mènent au second conflit mondial.

Ce que 1914 a enclenché

Soldats du Cheshire Regiment dans une tranchée lors de la bataille de la Somme en 1916
Soldats du Cheshire Regiment dans une tranchée, bataille de la Somme, 1916. Wikimedia Commons

Le conflit s’achève le 11 novembre 1918 avec l’armistice signé dans la clairière de Rethondes. Le bilan humain est effroyable : environ 9,7 millions de morts militaires et près de dix millions de morts civils. S’y ajoutent des millions de blessés et de mutilés. Quatre empires s’effondrent, l’allemand, l’austro-hongrois, le russe et l’ottoman.

L’Europe sort exsangue et redessinée. Les traités d’après-guerre, dont celui de Versailles, imposent à l’Allemagne des conditions dures qui nourriront les ressentiments. Vingt ans plus tard, ces braises rallumées mèneront à la Seconde Guerre mondiale. La date de 1914 ouvre le cycle des deux guerres du XXe siècle.

Questions fréquentes sur le début de la Première Guerre mondiale

Pourquoi la date du 28 juillet 1914 fait-elle référence ?

Le 28 juillet 1914 est la première déclaration de guerre formelle du conflit, celle de l’Autriche-Hongrie à la Serbie. Elle enclenche la réaction en chaîne des alliances. En quelques jours, Russie, Allemagne, France et Royaume-Uni entrent en guerre. C’est le point de bascule juridique qui transforme un différend balkanique en guerre européenne, retenu comme date de départ officielle.

Quelle différence entre le 28 juin et le 28 juillet 1914 ?

Le 28 juin est l’attentat de Sarajevo, l’étincelle qui tue l’archiduc François-Ferdinand. Le 28 juillet est la déclaration de guerre austro-hongroise, l’acte qui déclenche réellement le conflit. Un mois sépare la cause immédiate de son effet. L’attentat sans la volonté de guerre de Vienne serait resté un fait divers tragique parmi d’autres crises balkaniques.

Pourquoi l’assassinat d’un archiduc a-t-il déclenché une guerre mondiale ?

L’attentat de Sarajevo est l’étincelle, pas la cause profonde. L’Europe de 1914 est une poudrière : rivalités coloniales, course aux armements, nationalismes, système d’alliances rigides. L’Autriche-Hongrie cherchait un prétexte pour écraser la Serbie. Le jeu des traités a ensuite entraîné mécaniquement chaque grande puissance, transformant une crise régionale en embrasement continental puis mondial.

Qu’est-ce que le chèque en blanc allemand ?

Le 5 juillet 1914, Guillaume II garantit à l’Autriche-Hongrie un soutien inconditionnel en cas de guerre avec la Serbie. Sans cet appui, Vienne n’aurait pas osé affronter la Serbie, protégée par la Russie. Ce feu vert allemand est le premier engrenage décisif : il transforme une crise balkanique locale en menace pour tout le continent européen.

Quand la guerre est-elle devenue réellement mondiale ?

Le conflit prend une dimension planétaire par étapes. L’entrée du Japon en août 1914 ouvre le front pacifique. L’Empire ottoman rejoint les Empires centraux en novembre 1914 et étend les combats au Proche-Orient. L’Italie bascule côté allié en mai 1915. L’engagement des États-Unis, le 6 avril 1917, scelle la portée mondiale et financière du conflit.

Quelles étaient les deux grandes alliances ?

La Triple-Entente regroupait la France, le Royaume-Uni et la Russie, rejoints par l’Italie en 1915, le Japon puis les États-Unis en 1917. Les Empires centraux rassemblaient l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, auxquels s’ajoutent l’Empire ottoman fin 1914 et la Bulgarie en 1915. Trente-deux nations ont participé au conflit, dont vingt-huit dans le camp allié.

Pourquoi parle-t-on de Grande Guerre et de guerre de 14-18 ?

Les deux expressions désignent le même conflit. Pendant et juste après la guerre, on parlait de « la Grande Guerre », vue comme un événement ultime, la « der des der ». Le terme « Première Guerre mondiale » s’impose après 1939 pour la distinguer du second conflit. En France, « Grande Guerre » garde une forte charge mémorielle et reste l’expression traditionnelle.

Combien de temps a duré la Première Guerre mondiale ?

La guerre dure quatre ans et plus de trois mois, du 28 juillet 1914 à l’armistice du 11 novembre 1918. Conçue pour être brève, on la croyait finie « avant Noël » 1914. L’enlisement dans la guerre de tranchées prolonge le conflit bien au-delà des prévisions. Le bilan atteint environ 9,7 millions de morts militaires et près de dix millions de morts civils.

Qui a gagné la Première Guerre mondiale ?

Les Alliés de la Triple-Entente l’emportent sur les Empires centraux. L’entrée des États-Unis en 1917 fait pencher la balance stratégique et matérielle. L’Allemagne, épuisée et privée de ses alliés effondrés, signe l’armistice le 11 novembre 1918. La victoire alliée débouche sur les traités de 1919, dont Versailles, qui redessinent la carte de l’Europe.

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