En quelle année commence la guerre de Cent Ans ?

Histoire

La guerre de Cent Ans commence en 1337. Le 24 mai, le roi de France Philippe VI de Valois prononce la confiscation de la Guyenne, possession anglaise sur le continent. Le 7 octobre, à Westminster, le roi d’Angleterre Édouard III revendique publiquement la couronne de France et conteste la légitimité de Philippe VI. Le conflit durera 116 ans.

24 mai 1337Confiscation de la Guyenne
7 oct. 1337Défi d’Édouard III
116 ansDurée du conflit

Astuce de mémorisation

Image mentale : une candole (1), un trident (3), un autre trident (3) et une scie (7) qui découpent un parchemin royal. « 1-3-3-7 ». La date se retient aussi par son écho avec 1453 : soustrais 1337 à 1453 et tu obtiens 116, la durée exacte. Et le double 33 au milieu de 1337, comme les « trois cents ans » de présence anglaise en Guyenne qui basculent ce jour-là.

Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.

L’essentiel à savoir

À la mort de Charles IV le Bel en 1328, la dynastie capétienne directe s’éteint sans héritier mâle. Deux prétendants au trône de France : Philippe de Valois, cousin du défunt par la branche masculine, et Édouard III d’Angleterre, petit-fils de Philippe IV le Bel par sa mère Isabelle. Les pairs de France choisissent Philippe VI, invoquant une supposée loi salique qui exclut la transmission par les femmes.

Édouard III, mineur et affaibli par la position dominante de sa mère et de son amant Mortimer, doit accepter cette décision. Il prête même hommage à Philippe VI pour la Guyenne en 1329. Mais les tensions s’accumulent : soutien français à l’Écosse rebelle contre l’Angleterre, tentatives françaises de rogner le duché de Guyenne, querelles sur l’exportation de la laine anglaise vers la Flandre.

Le point de rupture survient en 1336-1337 avec l’affaire Robert d’Artois, intrigant français exilé à la cour anglaise qu’Édouard III refuse de livrer. Philippe VI saisit le prétexte et prononce la confiscation de la Guyenne pour félonie le 24 mai 1337. Édouard III, poussé à l’offensive par le marchand gantois Jacques Van Artevelde, riposte.

Le défi de Westminster

Le 7 octobre 1337, un archevêque est envoyé à Paris pour jeter le gant de la part d’Édouard III à « Philippe, qui se dit roi de France ». Le roi d’Angleterre revendique publiquement la couronne française et renie son hommage. Quelques mois plus tard, en janvier 1338 à Gand, il prend formellement le titre de roi de France. La guerre est déclarée, même si les premières opérations militaires ne débutent vraiment qu’en 1339-1340.

L’expression « guerre de Cent Ans » n’apparaît qu’au XIXe siècle pour désigner cette série de conflits entrecoupés de trêves, qui opposent les Plantagenêts anglais aux Valois français. Les premières phases sont désastreuses pour la France : défaites de l’Écluse (1340), de Crécy (1346), perte de Calais (1347), désastre de Poitiers (1356) où le roi Jean II le Bon est capturé. Il faudra attendre 1453 et la bataille de Castillon pour que la France triomphe définitivement.

Fiche synthèse

Début de la guerre : 1337

Confiscation de la Guyenne, défi de Westminster. 116 ans de conflit.

Les deux rivaux

Roi de France

Philippe VI

Valois (1328-1350)

Suzerain de la Guyenne, veut soumettre son vassal anglais

VS

Roi d’Angleterre

Édouard III

Plantagenêt (1327-1377)

Revendique la couronne de France par sa mère Isabelle

Pourquoi 1337 reste la date de référence

L’expression « guerre de Cent Ans » est une construction historiographique du XIXe siècle. Les historiens ont retenu 1337 comme point de départ, année où Philippe VI confisque officiellement la Guyenne et où Édouard III lance son défi. Certains font toutefois remonter les origines à la confiscation de 1294 par Philippe le Bel.

Édouard III d'Angleterre, portrait revêtu des insignes de l'Ordre de la Jarretière
Édouard III d’Angleterre, revêtu des insignes de l’Ordre de la Jarretière. Son défi lancé à Philippe VI en octobre 1337 marque le début officiel de la guerre de Cent Ans. Via Wikimedia Commons, domaine public.

Le savais-tu ?

Le véritable instigateur du conflit n’est ni Philippe VI ni Édouard III, mais un certain Robert III d’Artois. Beau-frère du roi de France et ancien pair du royaume, il avait perdu son comté au profit de sa tante Mahaut à la suite d’une sombre affaire de faux documents. Exilé, il se réfugie à la cour de Londres en 1334 et passe ses journées à souffler à Édouard III l’idée de revendiquer la couronne de France. Ce personnage romanesque, central dans la saga Les Rois maudits de Maurice Druon, a littéralement soufflé une guerre de cent ans sur l’Europe.

Questions fréquentes

Pourquoi Édouard III revendiquait-il la couronne de France ?

Édouard III était le petit-fils de Philippe IV le Bel par sa mère Isabelle de France, fille du roi de France. À la mort des trois fils de Philippe le Bel sans héritier mâle en 1328, il était donc le plus proche descendant direct par le sang. Mais les pairs de France, invoquant la loi salique, écartèrent la transmission par les femmes et choisirent Philippe de Valois, simple neveu de Philippe le Bel. Édouard III contestera cette décision toute sa vie.

Qu’est-ce que la loi salique ?

La loi salique est une vieille règle franque remontant à l’époque mérovingienne, qui excluait les femmes de l’héritage des terres. Elle fut invoquée en 1316, puis en 1328, pour écarter les femmes de la succession au trône de France. En réalité, cette application politique de la loi fut fabriquée au XIVe siècle pour justifier le choix dynastique en faveur des Valois. L’argument juridique servait à masquer une préférence politique : écarter un roi d’Angleterre de la couronne de France.

Pourquoi la Guyenne était-elle si stratégique ?

La Guyenne, englobant Bordeaux et l’Aquitaine, était depuis 1152 possession anglaise, par le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri II Plantagenêt. Le roi d’Angleterre en était donc techniquement vassal du roi de France pour ce duché. Cette situation ambiguë, vassal dans un royaume mais souverain dans un autre, créait des tensions permanentes. Les exportations bordelaises de vin vers l’Angleterre en faisaient par ailleurs une région économiquement vitale pour la couronne anglaise.

Quel rôle a joué la Flandre dans le déclenchement ?

La Flandre, terre vassale de la France, était économiquement dépendante de la laine anglaise pour son industrie textile. En 1336, Édouard III décrète un embargo sur les exportations de laine, provoquant la révolte des drapiers flamands menés par Jacques Van Artevelde, marchand de Gand. Ce dernier pousse Édouard III à revendiquer la couronne de France, permettant aux Flamands de se révolter contre leur comte pro-français. La Flandre devient ainsi le premier allié continental de l’Angleterre.

Les combats ont-ils vraiment commencé en 1337 ?

Non, la déclaration de guerre de 1337 ne s’accompagne pas d’opérations militaires immédiates. Les deux rois, à court d’argent, doivent négocier des impôts avec leurs parlements et emprunter pour financer la campagne. Les premiers combats sérieux ont lieu en 1339 avec une offensive d’Édouard III qui ravage le Cambrésis, puis en 1340 avec la bataille navale de l’Écluse, désastreuse pour la France. La guerre « commence » donc juridiquement en 1337, mais militairement en 1339-1340.

Comment s’est passée la première phase du conflit ?

La première phase, dite édouardienne, est catastrophique pour la France. Les archers anglais équipés du long bow écrasent la chevalerie française à Crécy en 1346. Calais tombe en 1347. Le roi Jean II le Bon est capturé à Poitiers en 1356 et doit payer une énorme rançon. Le traité de Brétigny en 1360 cède à l’Angleterre une grande portion du sud-ouest. La reconquête française ne commencera réellement qu’avec Charles V et son connétable Du Guesclin à partir de 1369.

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