Combien y a-t-il de planètes dans le Système solaire ?

La réponse

Le Système solaire compte 8 planètes depuis le 24 août 2006.

Dans l’ordre d’éloignement du Soleil : Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune. Pluton, neuvième planète depuis 1930, a été reclassée planète naine lors de la 26e assemblée de l’Union astronomique internationale, à Prague.

8
planètes officielles
3
critères UAI à remplir
5
planètes naines reconnues
2006
année du vote de Prague

Le chiffre a longtemps été neuf. La découverte d’Éris en 2005, un corps plus massif que Pluton, force l’astronomie à choisir : élargir la liste ou la resserrer. L’UAI resserre. En trois critères, elle exclut Pluton et fige le nombre à huit, celui des manuels actuels.

Cette réponse cache une bascule scientifique. La suite détaille les trois critères, les deux familles de planètes, le cas Pluton et la traque toujours ouverte d’une hypothétique neuvième planète.

Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.

Les 8 planètes dans l’ordre depuis le Soleil

Du plus proche au plus lointain

Mercure
Vénus
Terre
Mars
Jupiter
Saturne
Uranus
Neptune
4 telluriques rocheuses, système interne
4 géantes gazeuses et glacées, système externe

La liste officielle se lit du plus proche au plus lointain : Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune. Quatre mondes rocheux d’abord, une ceinture d’astéroïdes ensuite, puis quatre géantes. Cette organisation n’est pas décorative : elle sépare deux histoires de formation distinctes.

Les deux familles

Mercure, Vénus, la Terre et Mars sont petites, denses et solides. Au-delà de la ceinture d’astéroïdes règnent Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, bien plus massives mais moins denses. Toutes quatre portent des anneaux, le plus visible étant celui de Saturne.

Les huit planètes du Système solaire représentées à l'échelle relative, des quatre petites telluriques aux quatre géantes gazeuses et glacées
Les huit planètes à l’échelle relative des tailles. Image : Pablo Carlos Budassi, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Les quatre telluriques du système interne

Mercure, Vénus, la Terre et Mars sont petites, denses et solides. Elles se composent de roches et de métaux. Mercure boucle son orbite en 88 jours, à environ 58 millions de kilomètres du Soleil. Mars ferme la marche du groupe interne, juste avant la ceinture d’astéroïdes. Ces quatre planètes tiennent, à elles toutes, une part infime de la masse planétaire du système.

Les quatre géantes du système externe

Au-delà de la ceinture d’astéroïdes règnent Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Jupiter et Saturne sont des géantes gazeuses, dominées par l’hydrogène et l’hélium. Uranus et Neptune, plus petites et plus froides, sont classées géantes de glaces : leur intérieur mêle eau, méthane et ammoniac gelés. Toutes quatre portent des anneaux, le plus visible étant celui de Saturne.

La frontière invisible : la ceinture d’astéroïdes

Entre Mars et Jupiter s’étend un disque de débris rocheux. Cette ceinture marque la limite entre les deux familles. Elle abrite Cérès, seule planète naine du Système solaire interne. La gravité de Jupiter y a empêché la formation d’une planète supplémentaire, laissant à la place des millions de corps épars.

Pourquoi le nombre est passé de neuf à huit

9
1930 à 2006
Pluton incluse
8
depuis le 24 août 2006
Résolution 5A de l’UAI

Le déclencheur n’est pas Pluton mais son voisin. En 2005, la découverte d’Éris, plus massif que Pluton, oblige à trancher : soit reconnaître une dizaine de planètes de plus, soit resserrer la définition du mot planète.

Pendant 76 ans, les manuels recensaient neuf planètes. Pluton, découverte en 1930 par l’Américain Clyde Tombaugh, occupait la dernière position. Sa taille modeste intriguait déjà, mais rien n’avait forcé la remise en cause. La découverte d’un voisin plus lourd a tout changé.

Éris, le corps qui a déclenché la crise

En 2005, l’équipe de Michael Brown identifie Éris dans les confins du Système solaire. Ce corps transneptunien s’avère plus massif que Pluton. Le dilemme devient logique : si Pluton est une planète, Éris doit l’être aussi, et d’autres suivront. L’astronomie risquait de recenser une dizaine de planètes supplémentaires en quelques années.

Le vote de Prague en août 2006

L’Union astronomique internationale tranche lors de sa 26e assemblée générale, tenue du 14 au 25 août 2006 à Prague. La Résolution 5A, adoptée le 24 août par les astronomes présents, établit pour la première fois une définition formelle du mot planète. Le résultat abaisse le compte à huit et crée une catégorie nouvelle pour les recalés.

Une décision aussitôt contestée

Le verdict n’a pas fait l’unanimité. La Résolution 5A n’a été votée que par les 424 membres restés présents le dernier jour de l’assemblée, sur plusieurs milliers d’inscrits. Ce faible quorum a nourri la contestation. Une pétition signée par plus de 300 planétologues, en majorité américains, a réclamé la révision dès septembre 2006. L’UAI a maintenu sa position, et la définition reste la référence en vigueur.

Les 3 critères pour être une planète

Trois conditions cumulatives, le test de Pluton

1

Orbiter autour du Soleil

Tourner autour de l’étoile, pas d’une autre planète. Écarte les lunes, même géantes.

Pluton : OK
2

Avoir une forme sphérique

Masse suffisante pour que la gravité arrondisse le corps, l’équilibre hydrostatique.

Pluton : OK
3

Avoir nettoyé son voisinage orbital

Dominer sa zone et en avoir chassé les objets comparables.

Pluton : échec
Pluton satisfait les deux premiers critères mais partage son orbite avec des milliers de corps de la ceinture de Kuiper. Elle échoue sur le troisième, et bascule chez les planètes naines.

La Résolution 5A pose trois conditions cumulatives. Un corps doit les remplir toutes pour prétendre au titre de planète du Système solaire. Deux d’entre elles sont anciennes et consensuelles. La troisième, inédite, a scellé le sort de Pluton.

Orbiter autour du Soleil

Premier critère, le plus évident : le corps tourne autour du Soleil, et non autour d’une autre planète. Ce point écarte d’emblée les satellites naturels, même géants. La Lune, Titan ou Ganymède, plus gros que Mercure, restent des lunes parce qu’ils orbitent une planète, pas l’étoile.

Avoir une forme sphérique

Deuxième critère : posséder une masse suffisante pour que sa propre gravité lui donne une forme quasi ronde. Les physiciens parlent d’équilibre hydrostatique. En dessous d’un certain seuil, un corps garde une allure irrégulière de patatoïde, comme la plupart des astéroïdes. Pluton, elle, est bien sphérique.

Avoir nettoyé son voisinage orbital

Troisième critère, celui qui a fait tomber Pluton : dominer gravitationnellement sa zone et en avoir chassé les objets comparables. Pluton partage son orbite avec des milliers de corps de la ceinture de Kuiper, dont certains la dépassent en masse. Elle satisfait les deux premières conditions mais échoue sur la troisième. Cérès, Éris, Hauméa et Makémaké échouent de la même manière.

Pluton et les planètes naines

Pluton en couleurs réelles photographiée par la sonde New Horizons en juillet 2015, avec la plaine de glace en forme de cœur
Pluton en couleurs réelles, vue par New Horizons en juillet 2015. Image : NASA / JHUAPL / SwRI, Wikimedia Commons, domaine public.

Un monde à part entière

Le reclassement n’a rien retiré à Pluton sur le plan physique. La sonde New Horizons l’a survolée en juillet 2015, révélant une surface géologiquement active : plaines de glace d’azote, montagnes d’eau gelée et une célèbre région en forme de cœur.

Le déclassement de Pluton n’a pas créé un vide mais une catégorie. L’UAI reconnaît aujourd’hui cinq planètes naines officielles. Ces corps sont assez massifs pour être ronds, mais n’ont jamais fait le ménage sur leur orbite.

Les cinq planètes naines reconnues par l’UAI

Cérès

Ceinture d’astéroïdes

Pluton

Ceinture de Kuiper

Hauméa

Ceinture de Kuiper

Makémaké

Ceinture de Kuiper

Éris

Au-delà de Kuiper

Candidats probables non encore classés : Orcus, Quaoar, Gonggong et Sedna. Pluton sert de prototype aux « plutoïdes », les planètes naines transneptuniennes.

Les cinq planètes naines reconnues

Cérès occupe la ceinture d’astéroïdes, entre Mars et Jupiter. Pluton, Hauméa, Makémaké et Éris se situent dans la ceinture de Kuiper ou au-delà. Pluton sert de prototype aux plutoïdes, terme désignant les planètes naines transneptuniennes. D’autres corps comme Orcus, Quaoar, Gonggong et Sedna sont des candidats sérieux, non encore classés officiellement.

Ce que Pluton reste, malgré tout

Le reclassement n’a rien retiré à Pluton sur le plan physique. Elle possède cinq lunes connues, dont Charon, si grosse que le couple forme presque un système double. La sonde New Horizons l’a survolée en juillet 2015, révélant une surface géologiquement active, avec des plaines de glace d’azote et des montagnes d’eau gelée. Une planète naine reste un monde à part entière.

La quête d’une neuvième planète

Planète Neuf, le portrait-robot

≈ Neptune
masse supposée du corps
plusieurs
milliers
d’années pour une orbite
0 observation
directe confirmée à ce jour

L’hypothèse repose sur les orbites anormalement groupées d’objets transneptuniens extrêmes. Une planète invisible expliquerait ces alignements. Sa validation porterait le compte à neuf, sans réhabiliter Pluton.

Une planète soupçonnée

Depuis 2016, plusieurs astronomes suspectent un corps massif bien au-delà de Neptune. À une telle distance, un objet renvoie très peu de lumière solaire, ce qui le rend extrêmement difficile à repérer. Les grands relevés du ciel poursuivent la traque.

Vue d'artiste de l'hypothétique Planète Neuf, un monde sombre en orbite très lointaine autour d'un Soleil réduit à un point brillant
Vue d’artiste de l’hypothétique Planète Neuf. Image : nagualdesign / Tom Ruen, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Les indices d’un corps massif lointain

L’hypothèse repose sur les orbites étranges de plusieurs objets transneptuniens extrêmes, regroupés d’une manière que le hasard explique mal. Une planète invisible, de masse comparable à Neptune, orbitant à des centaines d’unités astronomiques, rendrait compte de ces alignements. Sa période orbitale se compterait en milliers d’années.

Pourquoi elle reste introuvable

Aucune observation directe n’a confirmé la Planète Neuf à ce jour. À une telle distance, un objet renvoie très peu de lumière solaire, ce qui le rend extrêmement difficile à repérer. Les grands relevés du ciel poursuivent la traque. Si elle était détectée et validée par l’UAI, elle rejoindrait les huit planètes actuelles et porterait le compte à neuf.

L’hypothèse s’est même fragilisée récemment. La découverte de nouveaux objets lointains, comme 2023 KQ14 en 2025, révèle des orbites stables qui cadrent mal avec la présence d’une grande planète proche. Certains chercheurs en concluent que la Planète Neuf, si elle existe, devrait se trouver au-delà de 500 unités astronomiques, plus loin encore que prévu.

Au-delà du Soleil : les exoplanètes

Exoplanètes confirmées, la courbe s’emballe

19951 (51 Pegasi b)
20131 000
20225 000
20266 128

Source : NASA Exoplanet Archive, 6 128 exoplanètes confirmées au 26 février 2026, plus de 8 000 candidates en attente de validation.

La définition de l’UAI ne concerne que notre système. Ailleurs dans la Galaxie, les planètes orbitant d’autres étoiles portent le nom d’exoplanètes, et leur recensement explose.

Vue d'artiste d'une super-Terre en orbite autour de l'étoile de Barnard, un type d'exoplanète rocheuse plus grande que la Terre
Vue d’artiste d’une super-Terre autour de l’étoile de Barnard. Image : ESO / M. Kornmesser, Wikimedia Commons, CC BY 4.0.

Des mondes inconnus chez nous

Les exoplanètes couvrent une gamme que le Système solaire ne montre pas : géantes gazeuses collées à leur étoile, super-Terres rocheuses plus grosses que la nôtre, planètes errantes sans étoile. Aucune n’entre toutefois dans le décompte des huit.

Un catalogue qui grossit vite

La première exoplanète autour d’une étoile de type solaire, 51 Pegasi b, a été confirmée en 1995 par Michel Mayor et Didier Queloz, prix Nobel de physique 2019.

Le rythme des confirmations s’accélère fortement. D’après le NASA Exoplanet Archive, 6 128 exoplanètes étaient officiellement confirmées au 26 février 2026, contre 5 000 en mars 2022. Plus de 8 000 candidates attendent encore validation.

Des mondes très différents des nôtres

Les exoplanètes couvrent une gamme que le Système solaire ne montre pas : géantes gazeuses collées à leur étoile, super-Terres rocheuses plus grosses que la nôtre, planètes errantes sans étoile. Certaines occupent la zone habitable de leur soleil, là où l’eau liquide pourrait exister en surface. Aucune n’entre toutefois dans le décompte des huit planètes, réservé à notre système.

Astuce de mémorisation

À retenir 48 heures

« Me Voici Tout Mouillé, Je Suis Un Nageur »

Me Mercure Voici Vénus Tout Terre Mouillé Mars Je Jupiter Suis Saturne Un Uranus Nageur Neptune

Visualiser le nageur transi qui sort de l’eau fixe la séquence, et surtout empêche d’inverser Uranus et Neptune, l’erreur la plus fréquente en quiz.

Retenir la phrase « Me Voici Tout Mouillé, Je Suis Un Nageur ». Chaque initiale donne une planète dans l’ordre depuis le Soleil : Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune. Visualiser le nageur transi qui sort de l’eau fixe la séquence, et surtout empêche d’inverser Uranus et Neptune, l’erreur la plus fréquente en quiz.

Neptune, la planète trouvée par le calcul

1846
Neptune repérée en moins d’une heure

Le fait notable

Neptune est la seule planète découverte par calcul avant d’être observée. Urbain Le Verrier prédit sa position à partir des perturbations d’Uranus. Le Prussien Johann Galle pointe son télescope à l’endroit indiqué le soir même de la réception du courrier.

Neptune est la seule planète du Système solaire découverte par calcul avant d’être observée. En 1846, le Français Urbain Le Verrier prédit sa position à partir des perturbations inexpliquées de l’orbite d’Uranus. Le Prussien Johann Galle pointe son télescope à l’endroit indiqué le soir même de la réception du courrier. Neptune est repérée en moins d’une heure.

Questions fréquentes sur le nombre de planètes

Pourquoi Pluton n’est-elle plus une planète ?

Pluton partage son orbite avec des milliers d’objets de la ceinture de Kuiper, et certains comme Éris la dépassent en masse. Elle échoue donc au troisième critère de l’UAI, la domination gravitationnelle de son voisinage. Reclassée planète naine en 2006, elle sert désormais de prototype aux plutoïdes, ces objets transneptuniens assez massifs pour être sphériques.

Quelle est la différence entre telluriques et géantes ?

Les quatre telluriques (Mercure, Vénus, Terre, Mars) sont rocheuses, denses et petites, situées dans le système interne. Les quatre géantes se répartissent en deux gazeuses (Jupiter, Saturne) et deux glacées (Uranus, Neptune), bien plus massives mais moins denses. La ceinture d’astéroïdes sépare les deux familles, entre les orbites de Mars et de Jupiter.

Existe-t-il vraiment une neuvième planète ?

Une hypothétique Planète Neuf est soupçonnée bien au-delà de Neptune, à partir d’orbites anormales d’objets transneptuniens extrêmes. Sa masse serait proche de celle de Neptune et sa période orbitale de plusieurs milliers d’années. Aucune observation directe ne l’a confirmée. Sa validation par l’UAI porterait le compte à neuf, sans réhabiliter Pluton.

Combien y a-t-il de planètes naines ?

L’UAI reconnaît officiellement cinq planètes naines. Cérès occupe la ceinture d’astéroïdes, entre Mars et Jupiter. Pluton, Hauméa, Makémaké et Éris se trouvent dans la ceinture de Kuiper ou au-delà. Plusieurs corps comme Orcus, Quaoar, Gonggong et Sedna sont considérés comme candidats probables, mais ne sont pas encore classés par l’UAI.

Depuis quand connaît-on les huit planètes ?

Cinq planètes se voient à l’œil nu et étaient connues de toutes les civilisations antiques : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Uranus a été découverte en 1781 par William Herschel au télescope. Neptune a été identifiée en 1846 par le calcul, puis confirmée par observation. Il aura fallu plus de 65 siècles d’astronomie pour assembler la liste moderne.

Quelle est la plus grande et la plus petite planète ?

Jupiter est de loin la plus grande, avec un diamètre d’environ 143 000 kilomètres, soit onze fois celui de la Terre. Mercure est la plus petite depuis le déclassement de Pluton, avec près de 4 880 kilomètres de diamètre. Elle est aussi la plus proche du Soleil, ce qui la rend difficile à observer depuis la Terre.

Le nombre de huit planètes est-il définitif ?

Il est stable mais non figé pour l’éternité. La définition de 2006 pourrait évoluer, et la découverte confirmée d’un nouveau corps massif au-delà de Neptune ferait passer le compte à neuf. À l’inverse, un affinage des critères reste théoriquement possible. En l’état des connaissances actuelles, la réponse admise reste huit.

Retenir durablement l’ordre et les familles des planètes

Huit planètes, deux familles, trois critères et une planète naine célèbre.

Le sujet condense plusieurs pièges de quiz classiques. Kultra transforme ces faits en fiches actives : l’ordre, les distances et les dates clés du Système solaire, ancrés pour de bon.

Réviser 15 min/jour sur Kultra

Sources

Fiche rédigée par Alan Chevereau, consultant SEO, spécialiste des contenus de culture générale vérifiés et sourcés. Chaque donnée chiffrée est croisée avec une source institutionnelle ou académique de référence.