La capitale de la Serbie est Belgrade, ville de plus de 1,2 million d’habitants située au confluent du Danube et de la Save, au nord du pays. Elle constitue le centre politique, économique et culturel de la Serbie. Capitale officielle depuis 1841, elle a aussi été celle du royaume de Yougoslavie de 1918 à 1992.
Astuce de mémorisation
Belgrade vient du serbe Beograd : beo signifie blanc, grad signifie ville. Image mentale : depuis le Danube, les marins voyaient miroiter les murs en calcaire éclatant de la forteresse de Kalemegdan, comme une ville faite de craie au-dessus du fleuve. La pierre blanche définit le nom : Beograd, la ville blanche.
Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.
L’essentiel à savoir
La région de Belgrade est habitée depuis au moins 7 000 ans, ce qui en fait l’une des plus anciennes implantations urbaines continues d’Europe. La culture néolithique de Vinča, datée de 5500-3500 avant notre ère, s’est développée sur ce territoire. La ville proprement dite est fondée vers 279 avant notre ère par la tribu celte des Scordisques, qui la nomment Singidunum. Conquise par les Romains au Ier siècle, elle devient un poste frontière fortifié de l’Empire face aux peuples des plaines pannoniennes.
Le nom slave Beograd apparaît pour la première fois en 878, dans une lettre du pape Jean VIII au prince bulgare Boris. Les Slaves nouvellement installés ont été frappés par la blancheur du calcaire de la forteresse romaine bâtie sur la crête de Kalemegdan, dominant le confluent. Tour à tour bulgare, byzantine, hongroise et serbe au Moyen Âge, la ville passe sous domination ottomane en 1521 après le siège mené par Soliman le Magnifique. L’occupation turque dure jusqu’en 1867. Belgrade devient capitale de la principauté autonome de Serbie en 1841, puis capitale du royaume de Serbie en 1882.
La grande ville européenne la plus souvent détruite de l’histoire
Selon les historiens, Belgrade a été détruite ou ravagée entre 28 et 33 fois au cours de son existence, un record probablement inégalé pour une grande ville européenne. Sa position stratégique au verrou des Balkans lui a valu un destin paradoxal : convoitée par tous les empires, elle changeait de mains à chaque conflit. Huns, Goths, Avars, Byzantins, Bulgares, Hongrois, Ottomans, Habsbourg, Allemands et forces de l’OTAN ont tour à tour assiégé la ville. Le poète Constantin le Philosophe écrivait dès le XVe siècle ces vers : « Pleure, ville blanche, le noir de tes deuils ».
Les destructions les plus marquantes incluent la prise par les Huns d’Attila en 441, le siège ottoman de 1521, les bombardements austro-hongrois et allemands de la Première et Seconde Guerres mondiales, et plus récemment la campagne aérienne de l’OTAN en 1999. Belgrade reste à ce jour la dernière grande ville européenne à avoir été bombardée. Cette histoire douloureuse explique l’aspect composite de l’urbanisme actuel, où les bâtiments austro-hongrois, ottomans, modernistes et brutalistes socialistes coexistent. Le quartier de Novi Beograd, ville nouvelle construite par Tito sur la rive gauche de la Save à partir de 1948, illustre l’ambition yougoslave de moderniser la capitale fédérale.
Capitale de la Serbie : Belgrade
La « ville blanche » au confluent du Danube et de la Save.
Position
Confluent
Danube et Save
Étymologie
Beo + Grad
Serbe : ville blanche
Capitale depuis
1841
Principauté de Serbie
Destructions
28 à 33
Au fil de 7 000 ans
Pourquoi Belgrade ?
Le promontoire de Kalemegdan, dominant le confluent de la Save et du Danube, contrôle un des grands carrefours d’Europe centrale. Cette position stratégique a fait sa richesse autant que son malheur, en attirant tous les empires successifs.
Fait notable
La forteresse de Kalemegdan, qui domine Belgrade depuis 2 000 ans, n’a jamais été reconstruite à l’identique après une seule destruction. Chaque conquérant ajoutait sa propre couche : remparts romains, basiliques byzantines, donjons hongrois, mosquées ottomanes, bastions autrichiens. Les archéologues comptent aujourd’hui 17 strates architecturales différentes superposées sur le site.
Questions fréquentes
Quelle est la monnaie de la Serbie ?
La monnaie de la Serbie est le dinar serbe (RSD), divisé en 100 paras. Le mot dinar dérive du latin denarius, ancienne pièce d’argent romaine, signe d’une continuité historique avec l’époque où Belgrade s’appelait Singidunum. La Serbie est candidate à l’adhésion à l’Union européenne depuis 2012, mais le pays n’a pas encore intégré la zone euro. Le dinar flotte selon une parité gérée par la Banque nationale de Serbie.
Quel alphabet utilise-t-on à Belgrade ?
La Serbie est l’un des rares pays au monde à utiliser officiellement deux alphabets en parallèle : le cyrillique et le latin. Les deux sont enseignés à l’école et coexistent dans la signalétique, les médias et les documents officiels. Le cyrillique reste l’alphabet traditionnel, lié à l’Église orthodoxe et à l’identité nationale. Le latin s’est répandu sous l’influence yougoslave et reste majoritaire en ligne et dans les usages commerciaux contemporains.
Quelles ont été les anciennes capitales de la Serbie ?
Avant Belgrade, plusieurs villes ont successivement joué le rôle de capitale serbe. Ras fut le premier siège royal des Némanides au XIIe siècle. Prizren, dans l’actuel Kosovo, fut la capitale de l’empereur Stefan Dušan au XIVe siècle. Smederevo, sur le Danube, fut la dernière capitale médiévale jusqu’à sa chute en 1459. Au XIXe siècle, Kragujevac fut la capitale provisoire de la Serbie autonome de 1818 à 1841, avant d’être supplantée par Belgrade.
Pourquoi Belgrade a-t-elle été bombardée en 1999 ?
L’OTAN a mené une campagne aérienne de 78 jours contre la Yougoslavie de Slobodan Milošević, du 24 mars au 10 juin 1999, en réponse à la guerre du Kosovo et aux exactions contre les populations albanaises. Belgrade, capitale fédérale, fut frappée à plusieurs reprises. Le bombardement de l’ambassade chinoise par erreur le 7 mai 1999 fit trois morts et provoqua une crise diplomatique majeure. La ville reste à ce jour la dernière grande capitale européenne bombardée.
Belgrade a-t-elle vraiment été la capitale de la Yougoslavie ?
Oui, Belgrade a été capitale yougoslave dans toutes les configurations successives de cet État. Capitale du royaume des Serbes, Croates et Slovènes en 1918, puis du royaume de Yougoslavie en 1929, puis de la République fédérative socialiste de Yougoslavie sous Tito de 1945 à 1992. Elle reste capitale de la République fédérale de Yougoslavie jusqu’en 2003, puis de la Serbie-et-Monténégro, et enfin de la seule Serbie après l’indépendance du Monténégro en 2006.
Que représente le quartier de Novi Beograd ?
Novi Beograd, littéralement « Nouvelle Belgrade », est une ville nouvelle socialiste construite à partir de 1948 sur la rive gauche de la Save, sur d’anciens marécages. Conçue selon les principes de la Charte d’Athènes du Corbusier, elle symbolisait la modernité du régime de Tito. Le Palais de Serbie, anciennement Palais fédéral, en forme de « H » et les blocs résidentiels brutalistes des Blokovi en sont les emblèmes. Le quartier abrite aujourd’hui le centre d’affaires du pays.
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Sources
- Universalis – Histoire de Belgrade depuis la fondation celte de Singidunum en 279 av. J.-C.
- Larousse – Belgrade capitale de Yougoslavie puis de Serbie, données démographiques et urbaines
- CNES Géoimage – Belgrade au confluent du Danube et de la Save, structure du Grand Belgrade
- Britannica – Nombre de destructions de Belgrade et étymologie de Beograd