La réponse en un coup d’œil
C’est William Shakespeare qui a écrit Hamlet.
Sa plus longue tragédie, composée entre 1599 et 1601, jouée pour la première fois vers 1601 à Londres et imprimée en 1603. Titre complet : La Tragique histoire d’Hamlet, prince de Danemark.
La réponse tombe vite, mais elle cache un piège de quiz classique. Beaucoup attribuent Hamlet à un auteur danois, puisque l’action se déroule au château d’Elseneur, au Danemark. Shakespeare est bien anglais, né à Stratford-upon-Avon en 1564. Le décor danois vient de sa source, une légende scandinave du XIIe siècle, pas de sa nationalité.
Autre confusion fréquente : Shakespeare n’a pas inventé l’histoire. Il a repris le personnage du prince Amleth, puis l’a transformé en la méditation sur le doute et la mort que le monde connaît aujourd’hui. C’est cette réécriture, pas l’intrigue de vengeance, qui a fait de la pièce un sommet du théâtre occidental.
Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement. Sur l’app Kultra →William Shakespeare, l’auteur d’Hamlet
William Shakespeare
Dramaturge, poète et acteur anglais · 1564, 1616
Né à Stratford-upon-Avon, surnommé le « Barde d’Avon ». Membre à partir de 1594 des Lord Chamberlain’s Men, la troupe qui créa Hamlet, rebaptisée King’s Men sous Jacques Ier.
Le seul portrait sans doute peint d’après nature
Le portrait Chandos, attribué à John Taylor au début du XVIIe siècle, est la seule effigie de Shakespeare ayant une réelle prétention à avoir été peinte d’après nature. Il fut la toute première œuvre entrée dans la collection de la National Portrait Gallery de Londres, en 1856.
Le dramaturge de Stratford-upon-Avon
William Shakespeare vit de 1564 à 1616. Né à Stratford-upon-Avon, il gagne Londres et devient dramaturge, poète et acteur. On le surnomme le « Barde d’Avon », en référence à sa ville natale traversée par la rivière Avon.
À partir de 1594, il rejoint la troupe des Lord Chamberlain’s Men, rebaptisée King’s Men sous le roi Jacques Ier. C’est cette compagnie qui crée Hamlet sur scène. Richard Burbage, ami de Shakespeare et acteur vedette du Globe, tient le rôle-titre lors des premières représentations.
Une pièce parmi 37, mais la plus longue
Shakespeare a composé environ 37 pièces entre 1590 et 1613, plus 154 sonnets. Hamlet se détache par sa longueur : près de 4 000 vers selon les éditions, ce qui en fait la pièce la plus étendue de tout son répertoire. Une représentation intégrale dépasse quatre heures.
Elle appartient au quatuor de ses grandes tragédies, aux côtés d’Othello, du Roi Lear et de Macbeth. Hamlet reste la plus jouée et la plus étudiée des quatre.
Quand Hamlet a-t-il été écrit exactement ?
Une œuvre datée par recoupements
Aucun manuscrit daté ne subsiste : quatre repères balisent la genèse
La scène des premières
La première représentation connue se situe vers 1601 à Londres, très probablement au Globe Theatre, sur la rive sud de la Tamise. Richard Burbage y incarnait le prince. Le bâtiment actuel est une reconstruction fidèle inaugurée en 1997, à quelques mètres de l’emplacement d’origine.
Une fourchette, pas une date unique
Aucun manuscrit daté ne subsiste. Les spécialistes datent donc la composition par recoupements. Les sources convergent sur une fourchette de 1599 à 1601, avec un achèvement probable au tout début de 1600. La Britannica retient 1599-1601.
Cette imprécision est normale pour Shakespeare : ses pièces ont plus de quatre siècles et peu de traces administratives permettent de fixer une année ferme.
Représentation puis publication
La première représentation se situe vers 1601 à Londres, très probablement au Globe Theatre. Le texte imprimé arrive plus tard. Un premier quarto paraît en 1603, suivi d’une version plus longue et plus fiable en 1604. Retenir 1603 pour la publication et vers 1600 pour l’écriture évite la confusion la plus courante entre ces deux dates.
La composition de la pièce n’est pas datée avec certitude. D’après l’Encyclopædia Britannica, l’écriture se situe vers 1599-1601, et le texte fut publié pour la première fois en 1603. La première représentation connue est attribuée aux Lord Chamberlain’s Men.
D’où vient l’histoire d’Hamlet ?
La chaîne de transmission, de la légende à la scène
Shakespeare hérite d’une histoire déjà ancienne de quatre siècles
Saxo Grammaticus
Rapporte l’histoire du prince Amleth dans la Gesta Danorum. Le père tué par son frère, la veuve épousée, le fils feignant la folie : le squelette du récit est déjà là.
François de Belleforest
Traduit et amplifie la légende en français dans ses Histoires tragiques. C’est probablement par ce relais que Shakespeare connaît le récit, sans lire Saxo directement.
L’« Ur-Hamlet »
Une pièce anglaise antérieure aujourd’hui perdue, souvent attribuée à Thomas Kyd, a pu servir de relais théâtral supplémentaire.
William Shakespeare
Inverse la fin heureuse de la source, tue son héros et remplace la vengeance efficace par l’hésitation. La tragédie de la pensée est née.
La légende scandinave d’Amleth
Shakespeare n’a pas créé l’intrigue de toutes pièces. Vers 1200, le chroniqueur danois Saxo Grammaticus rapporte l’histoire d’Amleth dans la Gesta Danorum (la Geste des Danois). Un roi y est tué par son frère, qui épouse ensuite la veuve. Le fils simule la folie pour survivre et venger son père. Le squelette de Hamlet est déjà là.
Le relais français de Belleforest
Shakespeare n’a sans doute pas lu Saxo directement. Il a probablement connu le récit par les Histoires tragiques de François de Belleforest, qui traduit et amplifie la légende en français au XVIe siècle. Une pièce anglaise antérieure aujourd’hui perdue, souvent attribuée à Thomas Kyd et surnommée l’« Ur-Hamlet », a pu servir de relais supplémentaire.
Ce que Shakespeare a changé
La source médiévale finissait bien : Amleth triomphe et survit. Shakespeare inverse tout. Il tue son héros, transforme la vengeance efficace en hésitation permanente, et ajoute le doute métaphysique. C’est ce déplacement, du récit d’action vers la tragédie de la pensée, qui distingue sa version de toutes les autres.
De quoi parle Hamlet ?
Le ressort dramatique en trois temps
Le spectre du roi défunt apparaît à son fils Hamlet et lui révèle avoir été assassiné par son frère Claudius, qui a pris le trône et épousé la reine Gertrude.
Investi de sa mission, Hamlet diffère. Il feint la folie, teste Claudius avec la « Souricière », mais recule sans cesse devant le passage à l’acte.
La fin emporte presque tous les protagonistes. Hamlet tue enfin Claudius avant de mourir. Fortinbras de Norvège hérite du trône du Danemark.
Le cœur de la pièce tient dans un paradoxe : le vengeur, chargé de sa mission dès le premier acte, passe quatre actes à ne pas agir. Cette paralysie fait de lui un personnage moderne.
Le ressort de l’intrigue
Le roi du Danemark est mort. Son frère Claudius a pris le trône et épousé Gertrude, la veuve, deux mois après les funérailles. Le spectre du roi apparaît à son fils Hamlet et lui révèle avoir été assassiné par Claudius. Il le charge de le venger.
Un prince qui n’agit pas
Le cœur de la pièce tient dans un paradoxe. Investi de sa mission dès l’acte I, Hamlet passe les quatre actes suivants à hésiter. Il feint la folie, teste Claudius avec une pièce de théâtre, la « Souricière », mais diffère sans cesse le passage à l’acte. Cette paralysie fait de lui un personnage moderne, rongé par l’introspection.
Un dénouement qui n’épargne personne
La fin emporte presque tous les protagonistes. Polonius, Ophélie, Laërte, Gertrude, Claudius et Hamlet lui-même meurent. Fortinbras, prince de Norvège, hérite du trône du Danemark. Le bain de sang final scelle la tragédie de vengeance poussée à son terme.
« Être ou ne pas être » : le monologue le plus célèbre
Six mots, quatre siècles de commentaires
« Être ou ne pas être, telle est la question »
To be, or not to be, that is the question
Une méditation sur la mort
Le monologue s’inscrit dans une pièce hantée par la mort, dont la scène du cimetière est l’image la plus célèbre. Eugène Delacroix, fasciné par la tragédie, en a tiré tout un cycle de lithographies et de peintures au XIXe siècle, comme ce Hamlet et Horatio au cimetière conservé au Städel Museum.
Où et quand dans la pièce
La réplique « To be or not to be, that is the question » ouvre l’acte III, scène 1. En six mots, Hamlet médite sur la vie, la mort et la peur de l’inconnu qui suit le trépas. C’est probablement la phrase la plus citée de toute la littérature mondiale.
Un soliloque piégé
Un détail échappe souvent : Hamlet n’est pas seul. Claudius et Polonius l’épient, cachés. Le spectateur ignore si le prince connaît leur présence et joue la comédie, ou s’il livre une pensée sincère. Cette ambiguïté, absente de la plupart des résumés scolaires, ajoute une couche de vertige au monologue.
Pourquoi Hamlet reste un sommet du théâtre
Pourquoi Hamlet hésite-t-il ?
Chaque époque a proposé sa réponse à l’énigme centrale de la pièce
Un rôle que tous s’arrachent
En 1899, la tragédienne Sarah Bernhardt, la cinquantaine passée, incarne Hamlet à Paris, preuve que le rôle transcende même les genres. De Richard Burbage au XVIIe siècle aux films de Laurence Olivier (1948) et Kenneth Branagh (1996), le prince danois reste le personnage le plus convoité du théâtre mondial.
La question qui obsède les critiques
Pourquoi Hamlet hésite-t-il ? Chaque époque a tranché autrement. Au XVIIIe siècle, Goethe le juge trop sensible pour agir. Au XIXe, Coleridge estime qu’il pense trop. Au XXe, Freud y lit un complexe d’Œdipe : Hamlet ne peut tuer Claudius, qui a réalisé son propre désir refoulé. Aucune réponse ne clôt le débat.
Une influence sans équivalent
Hamlet est la pièce la plus jouée au monde et la plus adaptée. Les films de Laurence Olivier (1948) et de Kenneth Branagh (1996) comptent parmi les versions marquantes. Penseurs, cinéastes et compositeurs y reviennent sans cesse, de l’opéra d’Ambroise Thomas (1868) aux innombrables reprises contemporaines.
Astuce de mémorisation
Associez le crâne à la plume anglaise. La scène du cimetière, où Hamlet contemple le crâne du bouffon Yorick, est l’image la plus célèbre de tout le théâtre. Ce crâne, c’est Hamlet ; la plume, c’est Shakespeare, l’Anglais de Stratford.
Crâne + plume anglaise = Shakespeare a écrit HamletUn fait notable
Le fils unique de Shakespeare, mort à 11 ans en 1596, soit trois à cinq ans avant l’écriture de la pièce, s’appelait Hamnet. Ce prénom, presque identique à Hamlet, a nourri l’hypothèse d’un deuil transposé dans l’œuvre. La plupart des spécialistes la jugent peu probable, le héros tenant son nom d’Amleth, mais le rapprochement continue d’inspirer les écrivains : Maggie O’Farrell en a tiré Hamnet (2020), best-seller international porté à l’écran en 2025.
Questions fréquentes sur Hamlet et son auteur
Hamlet est-il une histoire vraie ?
Pourquoi l’action se passe-t-elle au Danemark ?
Combien d’actes compte Hamlet ?
Quel lien entre Hamlet et le fils de Shakespeare ?
Shakespeare a-t-il vraiment écrit toutes ses pièces ?
Quelle différence entre les versions de 1603 et 1604 ?
Ce qu’il faut retenir sur l’auteur d’Hamlet
Hamlet est né de la plume de William Shakespeare vers 1600, à partir d’une vieille légende danoise qu’il a retournée en tragédie de l’hésitation. Le décor est nordique, l’auteur reste anglais : c’est tout le piège, et toute la réponse.
Retenez ce fait pour de bon
Auteurs, dates, œuvres majeures : la culture générale s’ancre par la répétition espacée, 15 min/jour, pas par le bachotage.
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Sources
- Encyclopædia Britannica, Hamlet : composition 1599-1601, quarto 1603, sources Saxo Grammaticus et Belleforest.
- Encyclopædia Universalis, Hamlet de William Shakespeare : représentation vers 1601, tragédie de vengeance, analyse critique.
- BnF Passerelles, Hamlet de Shakespeare : première représentation vers 1601 à Londres.
- Librairie Théâtrale, Hamlet : écriture 1599-1602, Globe Theatre, environ 4 000 vers.
- Wikipédia, Hamlet : titre complet, sources d’Amleth, postérité musicale et littéraire.
Fiche rédigée par Alan Chevereau, consultant SEO et fondateur de Kultra. Dates et sources vérifiées sur les références institutionnelles et académiques, au-delà de la seule notice encyclopédique.