Qui a écrit « Les Misérables » ?

La réponse

Victor Hugo a écrit Les Misérables, publié en 1862.

Il en commence la rédaction en novembre 1845 sous le titre Les Misères, l’interrompt douze ans, puis l’achève en exil à Guernesey. Le récit suit l’ancien forçat Jean Valjean, de sa sortie du bagne à sa mort.


1845
début de l’écriture
1862
publication
17 ans
de la 1re ligne au point final
5
parties, du bagne aux barricades

La réponse ne fait aucun doute, mais la genèse du livre piège souvent. Hugo l’a porté pendant près de dix-sept ans, en deux campagnes d’écriture séparées par son entrée en politique et son exil. Le personnage principal s’appelait d’abord Jean Tréjean, pas Jean Valjean.

Autre confusion fréquente : le roman paraît d’abord à Bruxelles, le 30 mars 1862, et seulement quelques jours plus tard à Paris. Une œuvre française majeure publiée hors de France, signe direct du statut de proscrit de son auteur sous le Second Empire.

À retenir durablement Ce fait et des centaines d’autres à mémoriser sur l’app Kultra.

Victor Hugo, seul auteur des Misérables

Fiche d’identité de l’auteur

Victor-Marie Hugo

Né le 26 février 1802 à Besançon, mort le 22 mai 1885 à Paris

Rôle dans l’œuvre

Auteur unique, sans co-auteur

Genre

Roman historique et social

Roman précédent

Notre-Dame de Paris (1831)

Lieux d’écriture

Paris, puis exil à Guernesey

En 1845, Hugo n’est pas un débutant : académicien depuis 1841, pair de France, il domine déjà la poésie et le théâtre français. Les Misérables y ajoutent le roman social.

L’homme océan

Le thème des humbles traverse toute l’œuvre antérieure de Hugo. Il publie Le Dernier Jour d’un condamné en 1829, réquisitoire contre la peine de mort, puis Claude Gueux en 1834, sur un homme condamné après le vol d’un pain. Jean Valjean prolonge directement cette figure : la faute initiale reste le vol d’un pain.

Portrait photographique de Victor Hugo barbu en buste, réalisé par Étienne Carjat en 1876
Victor Hugo par Étienne Carjat, 1876. Wikimedia Commons

Pourquoi la rédaction a duré dix-sept ans

Deux campagnes d’écriture, douze ans de silence

1845
Début, titre Les Misères
1848
Révolution, écriture stoppée
1851
Coup d’État, exil de Hugo
1860
Reprise à Guernesey
1862
Achèvement et publication

Première campagne

Deux ans et quatre mois d’écriture, plus des trois quarts du texte déjà esquissés, mais à peine la moitié du volume final.

Seconde campagne

Hugo refond le texte et ajoute les grandes digressions : Waterloo, l’argot, les égouts. Jean Tréjean devient Jean Valjean.

La maison de l’exil

Le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, le 2 décembre 1851, force Hugo à fuir. Réfugié à Jersey puis à Guernesey, il compose coup sur coup Napoléon le Petit (1852), Les Châtiments (1853), Les Contemplations (1856) et La Légende des siècles (1859). Il rouvre le manuscrit le 30 décembre 1860 et note sur la page la rupture entre le pair de France et le proscrit.

Façade de Hauteville House, la résidence d'exil de Victor Hugo sur l'île de Guernesey
Hauteville House, Guernesey. Wikimedia Commons
D’après la Bibliothèque nationale de France, les deux grandes campagnes d’écriture s’étendent entre 1845-1848 et entre 1860-1862. Sur le manuscrit, Hugo note lui-même la rupture : « Ici, le pair de France s’est interrompu, et le proscrit a continué : 30 décembre 1860. »

Quand Les Misérables ont-ils été publiés ?

Une parution en feuilleton

Trois livraisons, sur trois mois de 1862

30 mars / 3 avril
Partie 1, Fantine : Bruxelles le 30 mars, Paris le 3 avril.
15 mai
Parties 2 et 3, Cosette et Marius.
30 juin
Parties 4 et 5, clôture de l’ensemble.

Éditeur principal : le Belge Albert Lacroix, associé à Hippolyte Verboeckhoven. À Paris, la maison Pagnerre n’est que dépositaire. La publication simultanée hors de France répond au statut d’exilé de Hugo.

Page de titre gravée de l'édition originale de 1862 des Misérables de Victor Hugo
Page de titre des Misérables, édition de 1862. Wikimedia Commons
D’après une vente recensée par Livres Anciens Neufs, un exemplaire de l’édition originale bruxelloise de 1862, enrichi d’un envoi autographe signé de Hugo, a été adjugé 61 000 euros, contre une estimation initiale de 1 200 à 1 800 euros. La cote de l’édition originale témoigne du statut du livre.

Que raconte le roman ?

Des destins qui deviennent des types

L’action court du Premier Empire à l’insurrection parisienne de juin 1832. Chaque figure incarne une condition sociale.

Jean Valjean

Ancien forçat condamné pour le vol d’un pain, fil conducteur du récit, en quête de rédemption.

Javert

Inspecteur incarnant une justice sans pardon, qui traque Valjean sans relâche.

Fantine et Cosette

La mère déchue par la misère et sa fille, recueillie puis élevée par Valjean.

Gavroche

L’enfant des rues de Paris, figure du peuple sur les barricades de 1832.

L’icône du roman

Hugo insère de longs développements historiques : la bataille de Waterloo ouvre la deuxième partie sur dix-neuf chapitres. Le portrait de la petite Cosette, dessiné par Émile Bayard pour l’édition de 1862, est devenu l’image emblématique du livre, reprise plus tard sur les affiches de la comédie musicale.

Gravure de la petite Cosette balayant, un balai à la main, illustration d'Émile Bayard de 1862
Cosette par Émile Bayard, 1862. Wikimedia Commons

Astuce de mémorisation

Reliez le titre au prénom de l’auteur : Victor Hugo a écrit Les Misérables, et son héros remporte une victoire morale sur la misère. Trois mots, même racine latine « victor », le vainqueur. Valjean, misérable au départ, finit racheté : la victoire est dans le nom de l’auteur.

L’accueil critique en 1862

Triomphe public, critique partagée

Le public

Succès immédiat et mondial. La foule se précipite à chaque livraison. Les traductions sortent dès 1862, le portugais l’année même, par Francisco da Silva Vieira, suivi de l’italien et du grec.

La critique

Réticente : roman jugé immoral, trop sentimental ou trop complaisant envers les révolutionnaires. Sainte-Beuve déplore l’ampleur du succès.

Porté par les filiales européennes de l’éditeur Lacroix, Les Misérables deviennent rapidement le roman français le plus connu au monde.

Un fait notable sur la naissance du livre

Le point final, sur un champ de bataille

Juin 1861
Mont-Saint-Jean, près de Waterloo

Hugo a posé le point final de la rédaction non pas à son bureau, mais sur le champ de bataille de Waterloo. Il y séjourne plusieurs semaines pour écrire le récit de la bataille, qu’il ajoute tout à la fin alors que le reste du roman est déjà composé. Le livre se termine donc là où commence, selon lui, le dix-neuvième siècle.

Hugo, sommet du romantisme français

1862
l’année où la gloire de Hugo bascule à l’échelle mondiale

Hugo domine la poésie et le théâtre français depuis les années 1830. Les Misérables ajoutent le roman social à cette suprématie et font de leur auteur une figure tutélaire des lettres françaises, lue bien au-delà des frontières.

La paternité des Misérables ne se discute pas : Victor Hugo, et lui seul. Pour situer le mouvement auquel il appartient, la fiche sur le naturalisme de Zola éclaire ce qui sépare le romantisme hugolien du réalisme social de la génération suivante. Côté contemporains, Le Rouge et le Noir de Stendhal partage avec Hugo le même décor de la France post-révolutionnaire.

Ancrez vos repères 15 min/jour suffisent pour retenir durablement. Cette fiche et des centaines d’autres sur l’app Kultra.

Questions fréquentes sur l’auteur des Misérables

Qui a écrit Les Misérables ?

Victor Hugo a écrit Les Misérables, seul, sans co-auteur. Il en commence la rédaction en novembre 1845 et l’achève en 1862. Le roman paraît la même année, d’abord à Bruxelles puis à Paris. C’est l’un des derniers grands romans de Hugo, après Notre-Dame de Paris publié en 1831.

En quelle année Les Misérables ont-ils paru ?

Le roman paraît en 1862, en trois livraisons successives. La première partie sort le 30 mars à Bruxelles et le 3 avril à Paris, les parties deux et trois le 15 mai, les parties quatre et cinq le 30 juin. La publication s’étale donc sur trois mois de la même année.

Pourquoi la rédaction a-t-elle pris autant de temps ?

Hugo commence en 1845 mais la révolution de 1848 puis son exil après le coup d’État de 1851 interrompent le travail pendant douze ans. Il ne rouvre le manuscrit qu’en décembre 1860, depuis Guernesey, et le termine en 1862. Dix-sept ans séparent les premières lignes du point final.

Quel était le titre initial du roman ?

Le titre prévu était Les Misères, choisi dès 1845. Hugo le change en Les Misérables lors de la seconde campagne d’écriture. Le glissement est volontaire : passer de l’abstraction de la pauvreté à l’incarnation du peuple souffrant à travers des personnages précis comme Jean Valjean.

Comment s’appelait Jean Valjean au départ ?

Le héros se nommait Jean Tréjean dans la première version manuscrite. Hugo corrige le nom en Jean Valjean lors de la reprise du texte après 1860. Cette correction tardive figure sur le manuscrit conservé, parmi de nombreuses retouches apportées durant l’exil.

Pourquoi le livre a-t-il paru d’abord à Bruxelles ?

Hugo est en exil et interdit de retour en France sous le Second Empire. Son éditeur, le Belge Albert Lacroix, publie donc à Bruxelles, la maison parisienne Pagnerre n’étant que dépositaire. Ce procédé de publication simultanée valait déjà pour Les Châtiments et Les Contemplations.

Où Hugo a-t-il terminé Les Misérables ?

Il pose le point final en juin 1861 à Mont-Saint-Jean, près du champ de bataille de Waterloo. Hugo y séjourne plusieurs semaines pour rédiger le récit de la bataille, ajouté tardivement au roman. Le reste de l’écriture s’est fait à Guernesey, dans sa maison de Hauteville House.

Les Misérables ont-ils eu du succès dès leur sortie ?

Le succès populaire est immédiat et mondial. Le public se précipite à chaque livraison et les traductions sortent dès 1862, notamment en portugais l’année même. La critique se montre plus réservée : certains jugent le roman immoral ou trop sentimental, mais l’engouement des lecteurs balaie ces réticences.

À propos de l’auteur

Fiche rédigée par Alan Chevereau, consultant SEO. Vérification des dates de rédaction et de publication croisée entre les dossiers de la BnF, de la Philharmonie de Paris et des notices d’édition originale, afin de distinguer les deux campagnes d’écriture et le calendrier exact de parution de 1862.