La réponse
La Joconde a été peinte par Léonard de Vinci
Portrait à l’huile de Lisa Gherardini, commencé à Florence vers 1503. L’artiste le garde jusqu’à sa mort en 1519 et le vend au roi François Ier en France.
La confusion classique des quiz n’est pas sur l’auteur, mais sur le modèle et le titre. « Joconde » vient du nom du mari, Francesco del Giocondo. « Mona Lisa » est la contraction de « Monna Lisa », soit « Madame Lisa » en italien ancien. Deux noms, une seule femme, un seul peintre.
Autre point souvent ignoré : le tableau n’est pas resté immobile. Volé en 1911, baladé de Fontainebleau à Versailles, il s’apprête à changer de salle une nouvelle fois. Le Louvre prévoit de le déplacer sous la Cour carrée à l’horizon 2031.
Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app KultraLa culture générale qui reste, par la répétition espacéeLéonard de Vinci, seul auteur reconnu de la Joconde
La Joconde est l’un des très rares tableaux attribués avec certitude à Léonard. Aucune autre main n’est documentée sur l’œuvre.
L’homme derrière l’œuvre
Trois sources concordent pour confirmer l’auteur : la note du fonctionnaire Agostino Vespucci en 1503, le récit du biographe Giorgio Vasari, et le témoignage d’Antonio de Beatis, qui voit le tableau chez Léonard au Clos Lucé en 1517. Aucun contemporain n’attribue l’œuvre à un autre peintre.
Une commande florentine vers 1503
Vers 1503, Francesco del Giocondo, riche négociant en soie de Florence, commande à Léonard le portrait de son épouse. Lisa Gherardini, née à Florence en 1479, a alors une vingtaine d’années. La commande est un portrait privé, destiné à la maison, sans ambition publique.
Une note du fonctionnaire florentin Agostino Vespucci, retrouvée en 2005 dans une bibliothèque de Heidelberg, atteste que Léonard peignait bien un portrait de Lisa del Giocondo en octobre 1503. C’est la preuve documentaire la plus solide de l’identité du modèle.
Une datation étalée jusqu’en 1519
La date d’exécution reste discutée. Les historiens situent le gros du travail entre 1503 et 1506, mais Léonard a probablement retouché l’œuvre jusqu’à la fin de sa vie. Certaines analyses du paysage d’arrière-plan suggèrent un achèvement tardif, vers 1517 ou 1519.
D’après le musée du Louvre, qui conserve l’œuvre, la datation communément admise s’étend de 1503 à 1519, soit la quasi-totalité de la dernière période créative de Léonard. Cette durée exceptionnelle explique en partie le soin extrême porté au tableau.
Pourquoi l’attribution est si sûre
Trois sources concordent : la note de Vespucci de 1503, le récit du biographe Giorgio Vasari qui décrit la commande, et le témoignage d’Antonio de Beatis, qui voit le tableau chez Léonard au Clos Lucé en 1517. Aucun contemporain n’attribue l’œuvre à un autre peintre.
Lisa Gherardini, le modèle derrière le sourire
Idée reçue contre réalité
L’image de la femme énigmatique relève surtout de la légende romantique forgée au XIXe siècle, pas des faits.
Une bourgeoise florentine, pas une aristocrate
Lisa Gherardini appartenait à la petite noblesse florentine désargentée. Son mariage avec Francesco del Giocondo, en 1495, était une union de raison entre une famille de bon nom et un marchand fortuné. Elle eut cinq enfants et mourut vers 1542.
Les hypothèses concurrentes
Quelques chercheurs ont avancé d’autres modèles : Isabelle d’Este, marquise de Mantoue, ou une favorite de Julien de Médicis. Le catalogue raisonné de Léonard ne retient sérieusement qu’Isabelle d’Este comme alternative, et encore à titre minoritaire. Le consensus reste Lisa Gherardini.
Le sfumato, la technique qui rend la Joconde unique
Sfumato
De l’italien fumo, la fumée. Les formes semblent émerger d’une brume, sans contour net.
Léonard s’appuyait sur ses recherches en optique pour produire ces effets volontairement, pas par hasard pictural.
L’illusion de près
En s’approchant du visage, aucune ligne ne se détache : les paupières, les commissures des lèvres et les joues se fondent les unes dans les autres. C’est cette absence de contour qui donne au sourire sa qualité insaisissable, présente puis effacée selon le point où l’œil se pose.
Des dizaines de couches translucides
Le sfumato consiste à superposer de très fines couches de peinture à l’huile, parfois épaisses de quelques micromètres. Les transitions entre ombre et lumière deviennent imperceptibles. Le mot vient de l’italien fumo, la fumée : les formes semblent émerger d’une brume.
Le sourire et le regard, deux illusions calculées
Le sourire paraît apparaître puis s’effacer selon le point où l’œil se pose. Le regard, lui, semble suivre le spectateur dans toute la salle. Ces deux effets ne doivent rien au hasard pictural : Léonard s’appuyait sur ses recherches en optique pour les produire volontairement.
Une perspective atmosphérique
L’arrière-plan ajoute un troisième niveau d’illusion. Les montagnes bleutées du fond se fondent dans la couleur du ciel, créant une profondeur dite « atmosphérique ». Le visage net se détache d’autant mieux sur ce lointain estompé.
Un panneau de bois fragile et surveillé
Un objet vivant sous surveillance
Le bois réagit à l’humidité, ce qui conditionne toute la conservation.
La fente et les craquelures expliquent pourquoi l’œuvre vit aujourd’hui derrière un verre climatisé, dans un microclimat stable.
79 × 53 cm sur peuplier
Le support est un panneau de peuplier de 79,4 centimètres de haut sur 53 de large, selon les mesures du musée du Louvre, soit une œuvre de taille modeste, souvent jugée plus petite que prévu par les visiteurs. Le bois, matériau vivant, a réagi à l’humidité au fil des siècles.
Une fissure et une vitrine climatisée
Une fente est apparue dans la partie haute du panneau, accompagnée de craquelures sur la couche picturale. Pour stabiliser le bois, l’œuvre est aujourd’hui protégée dans une vitrine blindée à température et hygrométrie contrôlées, derrière un verre antireflet.
Le vol de 1911 qui a fabriqué le mythe
Deux ans de disparition
Le mur vide
Au lendemain du vol, le Salon Carré n’offrait plus que quatre crochets nus à la place du tableau. La photographie de cet emplacement vide fit le tour de la presse mondiale. Paradoxalement, c’est cette absence, plus que la toile elle-même, qui transforma un portrait apprécié des connaisseurs en légende planétaire.
Vincenzo Peruggia, l’homme au manteau
Le 21 août 1911, Vincenzo Peruggia, vitrier italien ayant travaillé au Louvre, décroche la Joconde, la cache sous son manteau et sort tranquillement. Il s’était caché dans le musée la veille au soir. Le vol n’est constaté que le lendemain.
Picasso et Apollinaire suspectés
L’enquête piétine et soupçonne d’abord Pablo Picasso et le poète Guillaume Apollinaire, liés à un individu ayant déjà subtilisé des statuettes au Louvre. Les deux hommes sont interrogés puis relâchés. Le vrai voleur sera arrêté deux ans plus tard, en 1913, en tentant de revendre l’œuvre à Florence.
Cette disparition de deux ans transforme un tableau apprécié des connaisseurs en icône mondiale. La presse internationale s’empare de l’affaire et grave durablement le sourire dans l’imaginaire collectif.
De François Ier au Louvre, un long voyage
Cinq adresses avant la salle des États
L’achat par François Ier
En 1516, François Ier invite Léonard en France et l’installe au Clos Lucé, près d’Amboise. Le peintre emporte le tableau. Un document de 1518 atteste que le roi en fait l’acquisition. La Joconde entre ainsi dans les collections royales françaises et n’en sortira plus.
Fontainebleau, Versailles, les Tuileries
L’œuvre passe par Fontainebleau, puis Versailles sous Louis XIV. Napoléon la fait un temps accrocher dans la chambre de Joséphine aux Tuileries. Elle rejoint le Louvre à la fin du XVIIIe siècle, après la Révolution, devenue bien national.
Où voir la Joconde aujourd’hui, et demain
Aujourd’hui contre demain
La saturation
Une large part des visiteurs du Louvre vient d’abord pour ce seul tableau. La densité permanente devant la vitre, peu propice à la contemplation, est la raison directe invoquée pour le futur déménagement vers un espace conçu sur mesure.
La salle des États, saturée
Depuis 2005, la Joconde occupe seule un mur de la salle des États, dans l’aile Denon. Le Louvre a accueilli 9 millions de visiteurs en 2025, dont une large part vient d’abord pour ce tableau. La salle, vaste de près de 700 mètres carrés, est régulièrement saturée. Le cambriolage de bijoux d’octobre 2025 a encore accru la pression sur la sécurité du musée.
D’après le bilan de fréquentation 2025 du musée du Louvre, l’établissement a reçu 9 millions de visiteurs, alors que ses espaces ont été pensés pour environ 4 millions. Cette pression chronique sur la salle des États est l’une des raisons directes du projet de déménagement.
Le déménagement prévu pour 2031
Le 28 janvier 2025, dans le cadre du projet « Louvre Nouvelle Renaissance », un transfert de la Joconde a été annoncé. Le tableau doit rejoindre un espace dédié, plus vaste, aménagé sous la Cour carrée, à l’horizon 2031. La présidente du musée a précisé qu’un supplément de billet serait probablement demandé pour y accéder, sans titre totalement séparé du reste du musée.
La Joconde dans son musée, sa salle et sa vitrine actuelles fait l’objet d’une fiche dédiée sur le musée qui conserve la Joconde.
Astuce de mémorisation
Pour fixer l’auteur sans le confondre avec un autre génie italien : la Joconde et Léonard partagent une terminaison rare en « on ». JocONDE peinte par LéonARD. Deux noms en « on », un seul peintre. Et le « onde » de Joconde renvoie au mari, Giocondo, qui donne son nom au tableau.
Le fait notable
La Joconde n’a aucune valeur marchande officielle, car elle appartient à l’État français et ne peut être vendue. Lors d’un déplacement aux États-Unis en 1962, elle fut assurée pour 100 millions de dollars. Ajustée à l’inflation, cette estimation dépasserait aujourd’hui le milliard de dollars, ce qui en ferait de loin le tableau le plus précieux du monde.
Questions fréquentes sur la Joconde
Pourquoi la Joconde n’a-t-elle pas de sourcils ?
Pourquoi appelle-t-on le tableau Mona Lisa ?
La Joconde est-elle vraiment inachevée ?
Combien la Joconde attire-t-elle de visiteurs ?
Existe-t-il d’autres versions de la Joconde par Léonard ?
Pourquoi le tableau est-il aussi petit ?
Qui possède la Joconde aujourd’hui ?
Pour aller plus loin sur l’art de la Renaissance
L’erreur la plus fréquente n’est jamais sur l’auteur, mais sur ce qui l’entoure : modèle, titre, date, lieu. Le bon réflexe est de vérifier les quatre.
L’auteur de la Joconde n’est pas un cas isolé dans les pièges de culture générale sur la peinture. Confondre auteur, modèle et titre est l’erreur la plus fréquente, ici comme ailleurs. Le même réflexe de vérification s’applique à l’auteur de Guernica ou à la Liberté guidant le peuple.
Fiches associées
Sources
- Musée du Louvre via l’AFP, bilan de fréquentation 2025, 9 millions de visiteurs
- Musée du Louvre, espace presse, salle des États, dimensions du panneau et congestion
- Musée du Louvre, histoire et conservation de la Joconde
- BNF Passerelles, datation, sfumato et perspective atmosphérique de la Joconde
- RMN Grand Palais, le sfumato et la modernité du portrait
- Lumière Technology, analyse multispectrale de 2004 sur les sourcils et le sfumato
- Public Sénat, projet Louvre Nouvelle Renaissance et déménagement de la Joconde
- Time Out, précisions de la présidente du Louvre sur la salle dédiée et la billetterie
- Wikipédia, La Joconde, datation, provenance et hypothèses sur le modèle
Fiche rédigée par Alan Chevereau, consultant SEO, à partir des sources institutionnelles du musée du Louvre, de la BNF et de la RMN Grand Palais. Chaque donnée chiffrée et chaque date sont vérifiées sur source primaire avant publication.