Quel est le livre sacré de l’islam ?

La réponse en un coup d’œil

Le livre sacré de l’islam est le Coran.

Tenu par les musulmans pour la parole d’Allah révélée à Mahomet par l’ange Gabriel entre 610 et 632, il est la source première de la foi, de la loi et du culte.

114
sourates
6236
versets
610–632
révélation
~650
version canonique

La réponse tient en un mot, mais le piège de quiz se cache juste à côté. L’islam reconnaît d’autres écritures révélées avant le Coran : la Torah, les Psaumes, l’Évangile. Le Coran, lui, est considéré comme la révélation finale, celle qui achève et corrige les précédentes. Confondre ces livres, ou confondre le Coran avec la Sunna, reste l’erreur la plus fréquente.

Autre confusion classique : le texte n’est pas « descendu relié du ciel ». Entre 610 et 632, les versets circulaient à l’oral et sur des supports épars. La version canonique fut fixée vers 650, sous le calife Othman. Cette histoire de compilation explique la structure singulière du livre.

Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement

Sur l’app Kultra, un fait par jour qui reste en tête.

Le Coran, réponse directe et repères essentiels

Étymologie

al-qur’ande l’arabe القرآن

Signifie « récitation », « lecture récitée ». Avant d’être un livre, le Coran fut une parole transmise de bouche à oreille.

3
versets, la plus courte sourate (Al-Kawthar)
286
versets, la plus longue (Al-Baqara)
604
pages en édition standard

Le manuscrit

Le Coran n’est pas un texte parmi d’autres. Il est tenu pour la parole incréée de Dieu, dictée mot à mot en arabe. Cette conception explique la place unique de la langue arabe dans le culte : la traduction rend le sens, jamais le texte sacré lui-même. Un musulman non arabophone récite ses prières en arabe, même sans maîtriser la langue.

Premières pages enluminées d'un Coran calligraphié par Şeyh Hamdullah en 1503, palais de Topkapi
Coran de Şeyh Hamdullah, palais de Topkapi, via Wikimedia Commons

Le poids du Coran se mesure aussi à l’échelle de sa communauté. Selon le Pew Research Center, dans un rapport publié le 9 juin 2025, la population musulmane mondiale atteignait 1,9 milliard de personnes en 2020, contre 1,6 milliard en 2010. D’après cette même étude (Pew Research Center, How the Global Religious Landscape Changed), l’islam fut la religion à la croissance la plus rapide sur la décennie, avec 350 millions de fidèles supplémentaires. Le Coran est donc le texte de référence de près d’un quart de l’humanité.

Comment le Coran a été révélé puis fixé par écrit

Vingt-deux ans, de la grotte au volume relié

610

Première révélation

Grotte de Hira, près de La Mecque. L’ange Gabriel transmet à Mahomet les premiers versets de la sourate 96.

622

L’Hégire

Émigration vers Médine. Ce départ sépare les sourates mecquoises des médinoises, plus longues et tournées vers la loi.

632

Fin de la révélation

Mort de Mahomet. Le texte existe alors mémorisé et noté sur des supports épars, sans version reliée.

~650

Le mushaf d’Othman

Le troisième calife fait établir une version standardisée qui fige l’ordre des 114 sourates encore en usage.

Le mont Jabal al-Nour près de La Mecque, qui abrite la grotte de Hira où Mahomet reçut la première révélation
Jabal al-Nour, La Mecque, via Wikimedia Commons · Wal N. · CC BY 2.0

La grotte de Hira

La tradition situe la première révélation en 610, dans une grotte du mont Hira, près de La Mecque. L’ange Gabriel y transmet à Mahomet les premiers versets de la sourate 96. Ce déroulé progressif explique pourquoi certains versets répondent à des situations précises : une bataille, une question de droit, un conflit au sein de la communauté.

Vingt-deux ans de révélation progressive

La révélation du Coran ne fut pas un événement unique. Elle s’étala sur vingt-deux ans, au rythme des circonstances de la vie de Mahomet et de sa communauté. Les révélations se poursuivent jusqu’à la mort du prophète, en 632.

Sourates mecquoises et médinoises

Un repère structure tout le Coran : l’Hégire, l’émigration de Mahomet de La Mecque vers Médine en 622. Les sourates révélées avant sont dites mecquoises, celles révélées après, médinoises. Les premières, souvent courtes et au style incantatoire, portent sur l’unicité de Dieu et le Jugement dernier. Les secondes, plus longues, abordent l’organisation de la communauté et la loi.

La compilation sous le calife Othman

Du vivant de Mahomet, aucune version reliée n’existait. Les versets étaient mémorisés par les récitants ou notés sur des supports variés, os, pierres plates, morceaux de cuir. La mise en volume, le mushaf, fut un travail posthume. Vers 650, le troisième calife Othman fait établir une version standardisée pour mettre fin aux divergences de lecture.

Pourquoi les sourates ne suivent pas l’ordre chronologique

Ordre du texte contre ordre de la descente

Le Coran ne se lit pas comme il fut révélé.

Ordre du livre

Après Al-Fatiha, les sourates se rangent de la plus longue à la plus courte.

longues
courtes

Ordre historique

Les premières révélations, brèves et mecquoises, tombent souvent en fin de volume.

brèves
longues
Aucune source ancienne n’explique ce classement. Deux pistes : faciliter la mémorisation en plaçant les blocs denses en tête, ou refléter des fils thématiques entre sourates.

Un classement par longueur

Après la sourate d’ouverture, Al-Fatiha, les sourates se rangent grossièrement de la plus longue à la plus courte. Al-Baqara et ses 286 versets ouvrent le mouvement, les sourates de quelques lignes le referment. Résultat : les toutes premières révélations, brèves et mecquoises, se retrouvent souvent à la fin du livre. L’ordre de lecture inverse presque l’ordre de descente.

Coran mamelouk daté d'environ 1380 ouvert sur la sourate 16, calligraphie arabe sur double page
Coran mamelouk, vers 1380, via Wikimedia Commons · Mustafa-trit20 · CC BY-SA 4.0

Un classement par longueur décroissante

Le lecteur qui ouvre le Coran pour la première fois s’attend souvent à une progression du début à la fin de la révélation. Il n’en est rien.

Les hypothèses sur ce choix

Les chercheurs avancent deux pistes principales. La longueur décroissante pourrait faciliter la mémorisation, en plaçant les blocs les plus denses en tête. Elle pourrait aussi refléter des fils thématiques reliant les sourates entre elles. Cette seconde hypothèse reste peu explorée et fait l’objet de travaux récents.

Coran et Sunna : deux textes à ne jamais confondre

Le Coran

Parole de Dieu

NatureParole divine, dictée mot à mot en arabe
StatutInimitable, intangible, la lettre ne se modifie pas
FixationVersion canonique vers 650
GradationAucune : un seul texte reçu

La Sunna

Exemple du prophète

NatureParoles, actes et approbations de Mahomet
StatutRéférence pour appliquer les principes, via les hadiths
FixationCompilations plus tardives de hadiths triés
GradationAuthentique, faible ou douteux selon la fiabilité

Ce que contient la Sunna

La Sunna rassemble les paroles, les actes et les approbations attribués à Mahomet. Elle se transmet à travers les hadiths, de courts récits rapportés par ses compagnons. Là où le Coran est tenu pour la parole de Dieu, la Sunna consigne l’exemple du prophète. Elle sert de référence pour appliquer concrètement les principes coraniques, notamment en matière de loi religieuse, la charia.

Une autorité et une nature distinctes

La différence est de degré autant que de nature. Le Coran est considéré comme inimitable et intangible, sa lettre ne se modifie pas. La Sunna, elle, fut fixée par écrit plus tardivement, à partir de compilations de hadiths triés selon leur fiabilité. Un hadith peut être jugé authentique, faible ou douteux, une gradation qui n’existe pas pour le texte coranique.

Les autres livres sacrés reconnus par l’islam

Une même parole, cinq révélations

Le Coran nomme plusieurs écritures antérieures, procédant selon l’islam de la même source divine, adaptée à chaque peuple.

Feuillets

Abraham et Moïse

Tawrat

Torah, à Moïse

Zabur

Psaumes, à David

Injil

Évangile, à Jésus

Coran

révélation finale, à Mahomet

Pour l’islam, la Torah, les Psaumes et l’Évangile ont été altérés au fil du temps. Seul le Coran serait resté intact : il achève et confirme les écritures précédentes.

Rouleau de Torah hébraïque manuscrit sur parchemin, vue de côté, l'une des écritures reconnues par l'islam
Sefer Torah manuscrit, via Wikimedia Commons · Bejinhan · CC BY-SA 3.0

La Torah

Le Coran nomme plusieurs révélations antérieures. La Torah (Tawrat) fut donnée à Moïse, les Psaumes (Zabur) à David, l’Évangile (Injil) à Jésus. S’y ajoutent les Feuillets d’Abraham et de Moïse, écritures plus anciennes mentionnées à deux reprises. Ces textes procèdent, selon la théologie musulmane, de la même parole divine, adaptée à chaque peuple et à chaque époque.

Torah, Psaumes, Évangile et Feuillets

La croyance aux livres révélés est l’un des articles de foi de l’islam. Cette reconnaissance nuance l’idée d’un texte unique et isolé.

Pourquoi le Coran est jugé définitif

Si l’islam reconnaît ces livres, il ne les place pas au même rang que le Coran. La tradition musulmane considère que la Torah, les Psaumes et l’Évangile ont été altérés au fil du temps, éloignés de leur forme originelle. Le Coran serait la seule révélation restée intacte, transmise par le dernier des prophètes.

Repères pour retenir l’essentiel sur le Coran

Fait notable

Le titre de hafiz désigne celui qui a mémorisé l’intégralité du Coran, soit 6236 versets. Cette pratique, née de la transmission orale d’origine, se maintient jusqu’à aujourd’hui dans le monde entier. Elle explique en partie pourquoi le texte est réputé stable depuis quatorze siècles.

Astuce de mémorisation

114
Se lit « 1 texte, 1 Dieu, 4 autres livres reconnus » : le total des chapitres et l’idée que le Coran vient après quatre écritures antérieures, d’un coup.
6-23-6
Deux 6 encadrent le nombre 23, les vingt-trois ans, en années lunaires, qu’a duré la révélation. De quoi retenir 6236 versets.

Un livre à comprendre autant qu’à situer

La vraie maîtrise tient dans les distinctions, pas dans le mot de réponse.

114
sourates
6236
versets
610–632
révélation
~650
compilation

Le Coran face à la Sunna, le Coran face aux autres livres révélés, l’ordre du texte face à l’ordre de la révélation : ces nuances transforment une réponse réflexe en connaissance solide. C’est en reliant ces éléments qu’un fait isolé devient un savoir mobilisable, en quiz comme en conversation.

Un fait par jour, 15 min/jour suffisent

Le principe de l’app Kultra pour ancrer ce genre de repères sans effort.

Questions fréquentes sur le livre sacré de l’islam

Qui a écrit le Coran ?

Pour les musulmans, le Coran n’a pas d’auteur humain : il est la parole de Dieu, transmise à Mahomet par l’ange Gabriel. Le prophète n’en est pas le rédacteur mais le récepteur et le récitant. La mise par écrit et la compilation en un volume unique furent l’œuvre de ses compagnons, puis du calife Othman vers 650, une génération après la mort de Mahomet.

Quelle différence entre le Coran et la Bible ?

Le Coran est un texte unique, révélé sur vingt-deux ans à un seul prophète. La Bible rassemble des dizaines de livres écrits par de nombreux auteurs sur plusieurs siècles. L’islam reconnaît d’ailleurs une partie des écritures bibliques, Torah et Évangile, mais les tient pour altérées, tandis que le Coran serait resté intact depuis sa révélation.

En quelle langue le Coran a-t-il été révélé ?

Le Coran fut révélé en arabe, et cette langue reste indissociable du texte sacré. Les traductions existent en quasiment toutes les langues, mais elles rendent le sens des versets, jamais le Coran lui-même. Dans le culte, la récitation se fait en arabe, y compris pour les fidèles non arabophones, qui représentent la grande majorité des musulmans.

Combien de sourates compte le Coran ?

Le Coran compte 114 sourates, de longueurs très inégales. La première, Al-Fatiha, sert d’ouverture et de prière centrale. Une idée reçue fixe le nombre de versets à 6666, chiffre erroné : le total réel est de 6236 versets sans compter les formules d’ouverture, autour de 6349 en les incluant.

Qu’est-ce qu’une sourate exactement ?

Une sourate est un chapitre du Coran. Le mot pourrait dériver du syriaque surta, « écriture », selon une hypothèse d’Arthur Jeffery formulée en 1938. Chaque sourate porte un nom, souvent tiré d’un mot marquant du texte, comme « La Vache » pour Al-Baqara. Elle regroupe une ou plusieurs révélations reçues par Mahomet.

Le Coran a-t-il été modifié depuis sa révélation ?

La tradition musulmane affirme que le Coran est resté inchangé depuis sa fixation. La mémorisation intégrale par des récitants, doublée d’une transmission écrite précoce, aurait garanti cette stabilité. Des historiens situent la standardisation finale sous Othman vers 650, d’autres un peu plus tard, à la fin du VIIe siècle, sans remettre en cause la cohérence du texte reçu.

Pourquoi le Coran est-il si important dans le culte ?

Le Coran n’est pas un simple guide moral : il fonde la croyance, la prière, la loi et l’éthique de l’islam. Sa récitation rythme les cinq prières quotidiennes et les grandes occasions de la vie. Sa mémorisation confère un statut respecté, celui de hafiz. Ce rôle total explique sa centralité, bien au-delà de la lecture privée.

Fiche rédigée par Alan Chevereau, consultant SEO. Vérification des faits et des chiffres appuyée sur les sources institutionnelles et académiques citées ci-dessus, avec un souci constant de distinguer données établies et points débattus par les historiens.