Comment nous sélectionnons les faits

Kultra affirme que 20 % des savoirs couvrent 80 % des questions posées. Cette page explique comment cette sélection est faite, sur quels critères, et ce qu’elle écarte. Elle publie aussi les chiffres du corpus, mesurés et non estimés, y compris ceux qui ne sont pas flatteurs.

1. Il n’existe aucun référentiel officiel de la culture générale

Aucune institution ne publie la liste des faits qui composeraient la culture générale. Ni l’Éducation nationale, qui définit des programmes disciplinaires et non un socle transversal. Ni les jurys de concours, qui publient des thèmes, pas des listes de faits. Ni les producteurs de jeux télévisés, dont les bases de questions restent privées.

Il faut donc le dire nettement : la sélection des 3 100 faits de Kultra comporte une part de choix éditorial. Elle est faite par une personne, selon des critères explicites, et ces critères sont discutables.

Prétendre à l’objectivité totale rendrait cette page moins crédible, pas plus. Ce qui peut être documenté, en revanche, ce sont les critères eux-mêmes, ce qui est exclu, et l’état mesurable du corpus. C’est l’objet de ce qui suit.

2. Les cinq critères de sélection

Un fait entre dans le corpus lorsqu’il satisfait plusieurs de ces cinq critères. Aucun n’est appliqué de façon automatique, et aucun n’est mesuré par un score : ce sont des critères de jugement, énoncés pour pouvoir être contestés.

Fréquence réelle

Le fait revient effectivement dans les jeux télévisés de culture générale et dans les épreuves de concours de catégorie B et C. La capitale de l’Australie tombe régulièrement, le nom du troisième plus long fleuve d’Océanie non.

Ce critère repose sur l’observation de ces épreuves, pas sur un décompte publié. Aucune base de questions de jeu télévisé n’étant accessible, il n’existe pas de fréquence chiffrée à citer ici, et nous n’en inventerons pas.

Transversalité

Le fait ressort dans au moins deux contextes différents. La date de la chute du mur de Berlin sert en histoire, en géopolitique et dans une conversation ordinaire. Le numéro de département de la Creuse ne sert que dans une seule situation.

Persistance

La réponse ne change pas avec le temps. Le plus haut sommet du monde restera l’Everest. Le nom du président du Conseil européen changera. Le premier fait mérite d’être mémorisé, le second non : le mémoriser reviendrait à apprendre une information qui deviendra fausse.

C’est le critère le plus discriminant, et celui qui écarte le plus de candidats.

Encodabilité

La réponse est courte, distinctive, et peut s’associer à une image mentale. « Canberra » s’encode. « Environ 2 500 espèces réparties sur quatre continents » ne s’encode pas. Une carte dont la réponse ne tient pas en quelques mots ne sera pas retenue durablement, quel que soit l’intérêt du sujet.

Connexité

Le fait relie d’autres connaissances. Savoir que Beaumarchais a écrit Le Mariage de Figaro ouvre sur la censure sous Louis XVI, sur le théâtre du XVIIIe siècle et sur l’opéra de Mozart. Un fait isolé, qui ne mène nulle part, occupe de la place sans en créer.

3. Ce qui est exclu, et pourquoi

Cette section compte autant que la précédente. Une méthode de sélection se juge au moins autant sur ce qu’elle refuse.

  • Le détail biographique anecdotique. La date de naissance d’un auteur mineur, le nom de son épouse, sa ville de résidence. Cela remplit un corpus sans rien relier.
  • Le record battable. Le plus haut gratte-ciel, le sportif le plus titré, la vidéo la plus vue. Ces réponses ont une date de péremption, et l’apprentissage par répétition espacée les grave précisément au moment où elles cessent d’être vraies.
  • L’œuvre secondaire. Le quatrième roman d’un auteur connu pour deux titres. Elle relève de la spécialisation, pas de la culture générale.
  • La réponse qui change avec le temps. Dirigeants en exercice, classements annuels, populations exactes. Voir le critère de persistance.
  • Le concept grammatical scolaire. L’identification d’un complément circonstanciel relève de l’exercice scolaire, pas d’un fait de culture générale. En langue française, le corpus retient l’usage, le sens des expressions et l’orthographe d’usage.

4. L’état mesuré du corpus

Les chiffres qui suivent ont été comptés sur le fichier de données de l’application, le 6 septembre 2026. Ils portent sur 3 100 cartes. Aucun n’est estimé.

Répartition par catégorie et écart au quota

Chaque catégorie a un quota cible, exprimé en pourcentage du corpus. Ce quota détermine la composition des vagues de cartes ajoutées : une catégorie au-dessus de sa cible ne reçoit aucune carte neuve tant que l’écart n’est pas résorbé.

CatégorieCartes% réel% cibleÉcart
Géographie50616,316+0,3
Histoire46515,0150,0
Musique3019,79+0,7
Cinéma2999,68+1,6
Littérature & Philosophie2799,090,0
Sciences2799,090,0
Langue française2789,090,0
Sport1805,85+0,8
Art1234,040,0
Institutions & Politique1223,94−0,1
Mythologie & Religion1223,94−0,1
Gastronomie923,030,0
Société & tendances541,75−3,3
Total3 100100,0100

Neuf catégories sur treize sont à moins de 0,2 point de leur cible. L’écart absolu cumulé est de 7,0 points.

Un écart est nettement plus marqué que les autres : « Société & tendances » compte 54 cartes pour 155 attendues. Cette catégorie a été créée le 27 août 2026 et part de zéro. Les vagues suivantes lui sont affectées en priorité, tandis que Cinéma, Musique et Sport, au-dessus de leur cible, ne reçoivent aucune carte neuve jusqu’à résorption.

Sourçage

Chaque carte porte une source vérifiable. Aucune n’en est dépourvue.

SourceCartes% du corpus
Wikipédia2 80290,4
Kultra (fiche du site)2086,7
Wiktionnaire882,8
Institut Paris Région10,0
Ville de Paris10,0

Ce tableau appelle une explication, parce qu’il semble contredire une règle affichée ailleurs sur ce site : les articles de kultra.fr n’admettent aucune source Wikipédia. Les deux positions sont compatibles, à condition de distinguer deux usages que l’on confond souvent.

  • La source de vérification d’un fait. Pour établir que la capitale de l’Australie est Canberra, Wikipédia convient : le fait est stable, consensuel, et surtout n’importe quel lecteur peut le contrôler en un clic. C’est l’usage retenu pour les cartes de l’application.
  • La source de référence d’un contenu éditorial. Pour un article long qui interprète, contextualise ou hiérarchise, une encyclopédie collaborative ne suffit pas. Seules des références institutionnelles ont alors leur place : Universalis, la BnF, le Collège de France, Persée, le CNRS, Larousse, les textes réglementaires. C’est la règle appliquée aux pages de ce site.

Autrement dit, la règle « zéro Wikipédia » vaut pour les pages du site, pas pour les cartes de l’application. Ce n’est pas une exception consentie à une règle, c’est une clarification de son périmètre.

Ce choix a une conséquence assumée : aucune des 3 100 cartes ne cite aujourd’hui une source institutionnelle. Pour un corpus de faits de culture générale grand public, dont chacun doit pouvoir être recontrôlé en quelques secondes par le lecteur, la vérifiabilité immédiate a été jugée plus utile que le prestige de la référence. On peut être en désaccord avec cet arbitrage. Il est en tout cas explicite.

Explications

Chaque carte porte une explication, c’est-à-dire la phrase qui donne au fait sa prise mémorielle. 3 100 cartes sur 3 100 en sont pourvues, soit 100 %. Aucune n’est vide. La plus courte fait 46 caractères, la plus longue 220, la médiane se situe à 93.

Unicité

  • Identifiants uniques : 3 100 sur 3 100, aucun doublon.
  • Questions uniques après normalisation, accents et ponctuation neutralisés : 3 100 sur 3 100.
  • Couples question et réponse uniques : 3 100 sur 3 100.
  • Réponses distinctes : 2 805, plusieurs faits pouvant légitimement conduire à la même réponse.

Un écart connu, sur le plafond de réponses

Une même réponse ne doit pas porter plus de trois cartes, faute de quoi une session de révision devient répétitive. Ce plafond est aujourd’hui dépassé par sept réponses : Molière et la France (six cartes chacune), Paris (cinq), puis Bruxelles, Mozart, Debussy et l’Allemagne (quatre chacune).

L’écart est mentionné ici plutôt que corrigé en silence. Sur 2 805 réponses distinctes, il concerne sept d’entre elles. Il sera résorbé lors d’une prochaine révision du corpus.

5. Le contrôle qualité

  • Déduplication systématique. Avant intégration, chaque carte candidate est comparée au corpus existant sur sa question et sur son couple question-réponse. Les chiffres d’unicité ci-dessus sont le résultat de ce contrôle, pas une déclaration d’intention.
  • Vérification des sources. Les liens sont contrôlés contre l’API de Wikipédia : une source qui ne résout pas vers un article existant fait échouer l’intégration de la carte.
  • Plafond de trois cartes par réponse, dont l’état réel figure plus haut.
  • Refus de publier en cas de doute. Lorsqu’un fait est contesté, qu’une date varie selon les sources ou qu’une attribution est discutée, la carte n’est pas créée. Un corpus plus petit vaut mieux qu’un corpus qui enseigne une erreur, puisque la répétition espacée grave durablement ce qu’elle répète.

6. Signaler une erreur

Une erreur peut subsister. Le corpus compte 3 100 faits et il grandit.

Tout signalement peut être adressé à alan.chevereau@gmail.com, en indiquant si possible la question concernée et la source qui contredit la réponse.

Ce qui se passe ensuite : le fait est revérifié contre au moins deux sources indépendantes. S’il est erroné, la carte est corrigée ou retirée. Si les sources divergent sans qu’aucune ne tranche, la carte est retirée plutôt que maintenue avec une réserve, car une réserve ne se mémorise pas. Vous recevez une réponse dans les deux cas.


Page rédigée par Alan Chevereau, éditeur de Kultra. Chiffres mesurés le 6 septembre 2026 sur un corpus de 3 100 cartes. Ils seront actualisés à chaque révision significative du corpus.