Le fleuve qui traverse Londres est la Tamise.
Elle entre dans la capitale par l’ouest, longe Westminster, la City et les anciens docks, puis file vers l’estuaire qui s’ouvre sur la mer du Nord. C’est le plus long fleuve d’Angleterre, avec 346 kilomètres de la source à l’embouchure.
Attention à la confusion classique des quiz : ces 346 km sont la longueur totale du fleuve, pas la portion londonienne. La Tamise naît à Thames Head, dans les collines des Cotswolds, à plus de 200 kilomètres à l’ouest de Londres. Elle traverse Oxford, Reading et Windsor bien avant d’atteindre la capitale.
Autre piège fréquent : la Tamise n’est pas le plus long fleuve du Royaume-Uni. Ce titre revient à la Severn, qui mesure 354 kilomètres. La Tamise domine seulement à l’échelle de l’Angleterre.
Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.La Tamise, identité et parcours du fleuve de Londres
D’ouest en est : le parcours de la Tamise
Six grandes étapes, de la source des Cotswolds à la mer du Nord.
Un nom, deux prononciations, une source contestée
En anglais, la Tamise se dit Thames, prononcé « temz ». À hauteur d’Oxford, le fleuve est parfois appelé Isis, un nom hérité du latin Tamesis découpé par les érudits médiévaux. La source officielle est fixée à Thames Head, près du village de Kemble, dans le Gloucestershire.
Une seconde source rivalise avec elle : Seven Springs, près de Cheltenham, où naît la rivière Churn. Ce point ajoute 23 kilomètres au tracé et coule toute l’année, là où Thames Head s’assèche l’été. Le débat reste ouvert entre géographes britanniques.
346 kilomètres d’ouest en est
La Tamise suit un axe globalement ouest-est. Depuis les Cotswolds, elle serpente vers Lechlade, Oxford, Reading, Henley-on-Thames, Marlow, Maidenhead, Windsor et Kingston avant d’entrer dans le Grand Londres. Son bassin versant couvre près de 13 000 km², soit environ 10 % du territoire de l’Angleterre et du pays de Galles.
Le plus long d’Angleterre, deuxième du Royaume-Uni
La hiérarchie se joue à huit kilomètres. La Tamise mesure 346 km, la Severn 354 km. Mais la Severn prend sa source au pays de Galles : la Tamise reste donc le plus long fleuve dont le cours se trouve entièrement en Angleterre. Cette nuance explique la moitié des réponses fausses en quiz.
Pourquoi Londres est née sur la Tamise
Vue de la City de Londres depuis la Tamise. Le fleuve, encore navigable en plein centre, prolonge la logique romaine : commercer au point le plus bas où l’on pouvait bâtir un pont solide.
Le choix romain d’un point de franchissement
Les Romains fondent Londinium vers 43 après J.-C. Le site n’a rien d’un hasard géographique : à cet endroit, la Tamise est assez étroite pour être franchie par un pont, assez profonde pour accueillir des navires marchands. Le premier pont romain se dresse à peu près là où se trouve l’actuel London Bridge.
Deux collines, un pont, deux millénaires
Londinium s’installe sur deux petites hauteurs, Cornhill et Ludgate Hill, qui offrent un sol ferme au point le plus bas franchissable du fleuve. Ce pont romain fixe l’emplacement du cœur de Londres pour les deux mille ans qui suivent. La ville a littéralement poussé autour de son point de traversée.
L’artère de l’Empire britannique
Du 16e au 19e siècle, la Tamise devient l’axe économique de l’Empire. Les docks de l’East End, construits à partir de 1800, traitent les épices d’Asie, le coton d’Amérique et la laine d’Australie. Le port de Londres est alors le plus grand port commercial du monde.
La Tamise soumise aux marées : le secret de la Tideway
Teddington Lock, frontière entre deux fleuves
À hauteur de Teddington, à l’ouest de Londres, une écluse marque la limite des marées. En aval, le fleuve devient tidal : c’est la Tideway, gérée par la Port of London Authority. En amont, la Tamise non soumise aux marées relève de l’Environment Agency. La même eau, deux autorités et deux régimes.
Une amplitude de marée de 7 mètres
Deux fois par jour, le niveau de la Tamise monte et descend jusqu’à 7 mètres dans sa portion londonienne. La marée met plus longtemps à redescendre, de 6 à 9 heures, qu’à monter, de 4 à 5 heures.
La zone soumise aux marées s’étend de la mer du Nord jusqu’à l’écluse de Teddington. D’après la fiche Tideway de référence, le marnage y atteint jusqu’à 7 mètres deux fois par jour, ce qui explique les vasières qui apparaissent à marée basse au pied du Parlement.
À Londres, une eau légèrement salée
Dans la capitale, l’eau de la Tamise est saumâtre : le sel de la mer du Nord remonte avec la marée. Avant la construction de l’écluse de Teddington, l’influence des marées atteignait Staines, à une trentaine de kilomètres plus à l’ouest.
1858 : le Grand Puant qui a transformé Londres
Le magazine Punch met en scène le « Père Tamise » présentant à Londres ses enfants : la diphtérie, le choléra et la scrofule. La caricature résume l’angoisse sanitaire qui a poussé le Parlement à agir en dix-huit jours.
L’été où le Parlement a suffoqué
En juillet et août 1858, une canicule frappe Londres. La Tamise, transformée en égout à ciel ouvert par les eaux usées de 2,5 millions d’habitants, dégage une puanteur insoutenable. L’épisode entre dans l’histoire sous le nom de « Great Stink », le Grand Puant.
Au Parlement de Westminster, bâti au bord du fleuve, les rideaux sont imprégnés de chlorure de chaux pour tenter de masquer l’odeur. Certains députés proposent de déménager les séances à Oxford ou Édimbourg.
Une loi votée en dix-huit jours
Le 15 juillet 1858, Benjamin Disraeli présente son projet de loi. Le texte devient loi le 2 août, dix-huit jours plus tard, un record de rapidité parlementaire dicté par le nez des élus.
Au plus fort de la crise, 200 à 250 tonnes de chaux étaient déversées chaque semaine près des bouches d’égout. D’après le London Museum, la loi finançant le nouveau réseau d’égouts fut adoptée en seulement dix-huit jours, tant l’odeur rendait le travail parlementaire impossible.
Bazalgette et les égouts qui servent encore
L’ingénieur Joseph Bazalgette conçoit un réseau d’égouts souterrains qui détourne les eaux usées vers l’aval, loin du centre. Le chantier, achevé au milieu des années 1870, mobilise plus de 1 000 miles de nouveaux collecteurs et 318 millions de briques. Ses tunnels forment encore aujourd’hui la base du système londonien.
Combien de ponts traversent la Tamise à Londres ?
Une trentaine de franchissements dans la capitale
Dans le Grand Londres, une trentaine de ponts routiers, ferroviaires et piétonniers franchissent la Tamise. Le plus central est London Bridge, dont l’emplacement correspond au pont romain d’origine. Sur l’ensemble du cours, en comptant tous les bras et canaux, le fleuve est franchi par plus de 300 ouvrages.
Tower Bridge, le plus photographié
Tower Bridge et ses deux tours néogothiques hautes de 65 mètres. Ses bascules, encore actionnées aujourd’hui, se lèvent environ 800 fois par an pour laisser passer les navires les plus hauts.
Tower Bridge, immédiatement à l’est de London Bridge, est le seul pont-levis du fleuve. Ses deux bascules se lèvent pour laisser passer les grands navires. Achevé en 1894, il est régulièrement confondu avec London Bridge par les touristes, une confusion entretenue par la comptine « London Bridge is Falling Down ».
La renaissance écologique d’un fleuve déclaré mort
Déclarée biologiquement morte en 1957
Malgré les égouts de Bazalgette, la pollution industrielle persiste au 20e siècle. En 1957, le Muséum d’histoire naturelle de Londres déclare la portion londonienne de la Tamise biologiquement morte : plus aucune vie de poisson dans le centre-ville.
De zéro à plus de 115 espèces de poissons
Le fleuve compte aujourd’hui plus de 115 espèces de poissons, contre zéro en 1957. Le dernier comptage de la Zoological Society of London estime l’estuaire à environ 3 600 phoques gris et communs, aperçus jusqu’à Teddington. S’y ajoutent des hippocampes et trois espèces de requins, dont l’émissole tachetée. Ce contraste chiffré mesure l’ampleur de la reconquête.
Le premier bilan de santé écologique complet du fleuve a été publié en 2021, une deuxième édition a suivi en janvier 2026. D’après le State of the Thames Report de la Zoological Society of London, plus de 115 espèces de poissons fréquentent désormais l’estuaire, aux côtés de phoques, d’hippocampes et de requins, un retour de la vie inimaginable au sortir des années 1950.
Canary Wharf sur les anciens docks
Les docks ferment entre les années 1960 et 1980, dépassés par les porte-conteneurs trop grands pour remonter jusqu’au centre. Le quartier d’affaires de Canary Wharf occupe désormais l’emplacement des anciens bassins, symbole de la mue post-industrielle du fleuve.
« Ta-mise sur Londres. » La Tamise est le pari géographique des Romains : ils ont « misé » sur ce point du fleuve pour bâtir Londinium. Retenir « Tamise, mise sur Londres » ancre à la fois le nom du fleuve et l’idée que la ville doit son existence à ce point de franchissement précis.
Pour situer la Tamise parmi les grands fleuves capitales, voir aussi quel fleuve traverse Paris et quel fleuve traverse Rome.
La Tamise, un fleuve qui a fabriqué sa capitale
Retenir « Tamise » à la question du fleuve de Londres ne suffit pas en quiz avancé : le piège porte sur les 346 km, longueur totale et non londonienne, et sur la Severn, qui coiffe la Tamise à l’échelle du Royaume-Uni. Le vrai fait mémorable tient en une phrase : Londres existe parce que la Tamise offrait, à cet endroit précis, le meilleur compromis entre un pont possible et un port navigable.
Questions fréquentes sur la Tamise
La Tamise est-elle le plus long fleuve du Royaume-Uni ?
Où la Tamise prend-elle sa source ?
Où se jette la Tamise ?
Pourquoi Londres a-t-elle été construite sur la Tamise ?
Qu’est-ce que la Tideway de la Tamise ?
Combien de ponts franchissent la Tamise ?
Qu’était le Grand Puant de 1858 ?
La Tamise est-elle polluée aujourd’hui ?
- Tideway, régime des marées et amplitude de 7 mètres
- London Museum, le Grand Puant de 1858
- Historic England, réseau d’égouts de Bazalgette
- Royal Geographical Society, bassin versant et tributaires de la Tamise
- Zoological Society of London, State of the Thames Report
- Liste des franchissements de la Tamise
- Teddington Lock, limite des marées
- Royal Museums Greenwich, chlorure de chaux au Parlement en 1858