Quel est le fleuve qui traverse Londres ?

Géographie · Réponse vérifiée

Le fleuve qui traverse Londres est la Tamise.

Elle entre dans la capitale par l’ouest, longe Westminster, la City et les anciens docks, puis file vers l’estuaire qui s’ouvre sur la mer du Nord. C’est le plus long fleuve d’Angleterre, avec 346 kilomètres de la source à l’embouchure.


346 km
longueur totale, source à estuaire
43 apr. J.-C.
fondation de Londinium
2e
plus long fleuve du Royaume-Uni

Attention à la confusion classique des quiz : ces 346 km sont la longueur totale du fleuve, pas la portion londonienne. La Tamise naît à Thames Head, dans les collines des Cotswolds, à plus de 200 kilomètres à l’ouest de Londres. Elle traverse Oxford, Reading et Windsor bien avant d’atteindre la capitale.

Autre piège fréquent : la Tamise n’est pas le plus long fleuve du Royaume-Uni. Ce titre revient à la Severn, qui mesure 354 kilomètres. La Tamise domine seulement à l’échelle de l’Angleterre.

Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.

La Tamise, identité et parcours du fleuve de Londres

D’ouest en est : le parcours de la Tamise

Six grandes étapes, de la source des Cotswolds à la mer du Nord.

1 · Source
Thames Head, près de Kemble, dans les Cotswolds
2 · Oxford
Le fleuve y prend parfois le nom d’Isis
3 · Reading · Henley
Traversée de la vallée de la Tamise
4 · Windsor
Passage au pied du château royal
5 · Londres
Entrée dans la capitale par l’ouest
6 · Embouchure
Mer du Nord, par un estuaire noyé
226 km
De la source à Teddington, avant même le cœur de Londres. Le fleuve draine ensuite un bassin de près de 13 000 km², soit 10 % de l’Angleterre et du pays de Galles.
Carte du cours et du bassin versant de la Tamise, des Cotswolds à l'estuaire de la mer du Nord en passant par Oxford et Londres
Le cours de la Tamise et son bassin versant. Carte Nilfanion, Wikimedia Commons

Un nom, deux prononciations, une source contestée

En anglais, la Tamise se dit Thames, prononcé « temz ». À hauteur d’Oxford, le fleuve est parfois appelé Isis, un nom hérité du latin Tamesis découpé par les érudits médiévaux. La source officielle est fixée à Thames Head, près du village de Kemble, dans le Gloucestershire.

Une seconde source rivalise avec elle : Seven Springs, près de Cheltenham, où naît la rivière Churn. Ce point ajoute 23 kilomètres au tracé et coule toute l’année, là où Thames Head s’assèche l’été. Le débat reste ouvert entre géographes britanniques.

346 kilomètres d’ouest en est

La Tamise suit un axe globalement ouest-est. Depuis les Cotswolds, elle serpente vers Lechlade, Oxford, Reading, Henley-on-Thames, Marlow, Maidenhead, Windsor et Kingston avant d’entrer dans le Grand Londres. Son bassin versant couvre près de 13 000 km², soit environ 10 % du territoire de l’Angleterre et du pays de Galles.

Le plus long d’Angleterre, deuxième du Royaume-Uni

La hiérarchie se joue à huit kilomètres. La Tamise mesure 346 km, la Severn 354 km. Mais la Severn prend sa source au pays de Galles : la Tamise reste donc le plus long fleuve dont le cours se trouve entièrement en Angleterre. Cette nuance explique la moitié des réponses fausses en quiz.

Pourquoi Londres est née sur la Tamise

La ville a poussé autour de son point de traversée
43 apr. J.-C.
Les Romains fondent Londinium là où la Tamise est étroite pour un pont et profonde pour les navires.
1er siècle
Un pont s’élève à l’emplacement de l’actuel London Bridge, sur les collines de Cornhill et Ludgate Hill.
16e au 19e
La Tamise devient l’artère économique de l’Empire, le port de Londres, premier port du monde.
Dès 1800
Les docks de l’East End traitent épices d’Asie, coton d’Amérique et laine d’Australie.
Le pont romain a fixé le cœur de Londres pour deux millénaires. Déplacer la ville revenait à déplacer le seul franchissement praticable du fleuve.
Le point de franchissement

Vue de la City de Londres depuis la Tamise. Le fleuve, encore navigable en plein centre, prolonge la logique romaine : commercer au point le plus bas où l’on pouvait bâtir un pont solide.

La Tamise traversant la City de Londres, bordée d'immeubles modernes et d'anciens quais reconvertis
mattbuck, Wikimedia Commons

Le choix romain d’un point de franchissement

Les Romains fondent Londinium vers 43 après J.-C. Le site n’a rien d’un hasard géographique : à cet endroit, la Tamise est assez étroite pour être franchie par un pont, assez profonde pour accueillir des navires marchands. Le premier pont romain se dresse à peu près là où se trouve l’actuel London Bridge.

Deux collines, un pont, deux millénaires

Londinium s’installe sur deux petites hauteurs, Cornhill et Ludgate Hill, qui offrent un sol ferme au point le plus bas franchissable du fleuve. Ce pont romain fixe l’emplacement du cœur de Londres pour les deux mille ans qui suivent. La ville a littéralement poussé autour de son point de traversée.

L’artère de l’Empire britannique

Du 16e au 19e siècle, la Tamise devient l’axe économique de l’Empire. Les docks de l’East End, construits à partir de 1800, traitent les épices d’Asie, le coton d’Amérique et la laine d’Australie. Le port de Londres est alors le plus grand port commercial du monde.

La Tamise soumise aux marées : le secret de la Tideway

7 m
C’est l’amplitude de la marée dans le Londres central : deux fois par jour, le niveau monte et descend d’autant.
En aval de Teddington
La Tideway
Fleuve soumis aux marées, eau saumâtre, géré par la Port of London Authority. Inclut tout le centre de Londres.
En amont de Teddington
Le fleuve d’eau douce
Plus aucune marée, géré par l’Environment Agency. Régime de rivière classique jusqu’aux Cotswolds.
Montée en 4 à 5 heures, descente en 6 à 9 heures : la marée met plus longtemps à redescendre.

Teddington Lock, frontière entre deux fleuves

À hauteur de Teddington, à l’ouest de Londres, une écluse marque la limite des marées. En aval, le fleuve devient tidal : c’est la Tideway, gérée par la Port of London Authority. En amont, la Tamise non soumise aux marées relève de l’Environment Agency. La même eau, deux autorités et deux régimes.

Une amplitude de marée de 7 mètres

Deux fois par jour, le niveau de la Tamise monte et descend jusqu’à 7 mètres dans sa portion londonienne. La marée met plus longtemps à redescendre, de 6 à 9 heures, qu’à monter, de 4 à 5 heures.

La zone soumise aux marées s’étend de la mer du Nord jusqu’à l’écluse de Teddington. D’après la fiche Tideway de référence, le marnage y atteint jusqu’à 7 mètres deux fois par jour, ce qui explique les vasières qui apparaissent à marée basse au pied du Parlement.

À Londres, une eau légèrement salée

Dans la capitale, l’eau de la Tamise est saumâtre : le sel de la mer du Nord remonte avec la marée. Avant la construction de l’écluse de Teddington, l’influence des marées atteignait Staines, à une trentaine de kilomètres plus à l’ouest.

1858 : le Grand Puant qui a transformé Londres

18
jours. C’est le temps qu’il a fallu au Parlement pour voter la loi finançant les égouts de Londres, du dépôt par Disraeli le 15 juillet 1858 à son adoption le 2 août. Un record dicté par l’odeur.
La cause
Canicule de l’été 1858 sur une Tamise saturée d’eaux usées.
Le symptôme
Rideaux du Parlement imprégnés de chlorure de chaux.
La solution
318 millions de briques pour le réseau de Bazalgette.
Caricature de Punch de 1858 montrant le Père Tamise présentant à Londres ses enfants la diphtérie, le choléra et la scrofule
Punch, 1858, domaine public, Wikimedia Commons
La satire de 1858

Le magazine Punch met en scène le « Père Tamise » présentant à Londres ses enfants : la diphtérie, le choléra et la scrofule. La caricature résume l’angoisse sanitaire qui a poussé le Parlement à agir en dix-huit jours.

L’été où le Parlement a suffoqué

En juillet et août 1858, une canicule frappe Londres. La Tamise, transformée en égout à ciel ouvert par les eaux usées de 2,5 millions d’habitants, dégage une puanteur insoutenable. L’épisode entre dans l’histoire sous le nom de « Great Stink », le Grand Puant.

Au Parlement de Westminster, bâti au bord du fleuve, les rideaux sont imprégnés de chlorure de chaux pour tenter de masquer l’odeur. Certains députés proposent de déménager les séances à Oxford ou Édimbourg.

Une loi votée en dix-huit jours

Le 15 juillet 1858, Benjamin Disraeli présente son projet de loi. Le texte devient loi le 2 août, dix-huit jours plus tard, un record de rapidité parlementaire dicté par le nez des élus.

Au plus fort de la crise, 200 à 250 tonnes de chaux étaient déversées chaque semaine près des bouches d’égout. D’après le London Museum, la loi finançant le nouveau réseau d’égouts fut adoptée en seulement dix-huit jours, tant l’odeur rendait le travail parlementaire impossible.

Bazalgette et les égouts qui servent encore

L’ingénieur Joseph Bazalgette conçoit un réseau d’égouts souterrains qui détourne les eaux usées vers l’aval, loin du centre. Le chantier, achevé au milieu des années 1870, mobilise plus de 1 000 miles de nouveaux collecteurs et 318 millions de briques. Ses tunnels forment encore aujourd’hui la base du système londonien.

Combien de ponts traversent la Tamise à Londres ?

Deux façons de compter les franchissements
~30
ponts routiers, ferroviaires et piétonniers dans le Grand Londres
300+
franchissements sur tout le cours, en comptant chaque bras et canal
Le plus central est London Bridge, sur l’emplacement du pont romain d’origine. Tower Bridge, juste à l’est, est le seul pont-levis du fleuve.

Une trentaine de franchissements dans la capitale

Dans le Grand Londres, une trentaine de ponts routiers, ferroviaires et piétonniers franchissent la Tamise. Le plus central est London Bridge, dont l’emplacement correspond au pont romain d’origine. Sur l’ensemble du cours, en comptant tous les bras et canaux, le fleuve est franchi par plus de 300 ouvrages.

Tower Bridge, le plus photographié

Le pont-levis

Tower Bridge et ses deux tours néogothiques hautes de 65 mètres. Ses bascules, encore actionnées aujourd’hui, se lèvent environ 800 fois par an pour laisser passer les navires les plus hauts.

Tower Bridge enjambant la Tamise à Londres, vu depuis l'ouest, avec ses deux tours et son tablier basculant
Wikimedia Commons

Tower Bridge, immédiatement à l’est de London Bridge, est le seul pont-levis du fleuve. Ses deux bascules se lèvent pour laisser passer les grands navires. Achevé en 1894, il est régulièrement confondu avec London Bridge par les touristes, une confusion entretenue par la comptine « London Bridge is Falling Down ».

La renaissance écologique d’un fleuve déclaré mort

Idée reçue contre réalité
1957
Zéro poisson
La Tamise londonienne est déclarée biologiquement morte, asphyxiée par la pollution industrielle.
Aujourd’hui
115+ espèces
Poissons de retour, plus phoques, hippocampes et marsouins jusque dans l’estuaire.
~3 600
phoques estimés dans l’estuaire (ZSL, 2024)
3
espèces de requins recensées
Teddington
phoques aperçus jusqu’ici

Déclarée biologiquement morte en 1957

Malgré les égouts de Bazalgette, la pollution industrielle persiste au 20e siècle. En 1957, le Muséum d’histoire naturelle de Londres déclare la portion londonienne de la Tamise biologiquement morte : plus aucune vie de poisson dans le centre-ville.

De zéro à plus de 115 espèces de poissons

Le fleuve compte aujourd’hui plus de 115 espèces de poissons, contre zéro en 1957. Le dernier comptage de la Zoological Society of London estime l’estuaire à environ 3 600 phoques gris et communs, aperçus jusqu’à Teddington. S’y ajoutent des hippocampes et trois espèces de requins, dont l’émissole tachetée. Ce contraste chiffré mesure l’ampleur de la reconquête.

Le premier bilan de santé écologique complet du fleuve a été publié en 2021, une deuxième édition a suivi en janvier 2026. D’après le State of the Thames Report de la Zoological Society of London, plus de 115 espèces de poissons fréquentent désormais l’estuaire, aux côtés de phoques, d’hippocampes et de requins, un retour de la vie inimaginable au sortir des années 1950.

Canary Wharf sur les anciens docks

Les docks ferment entre les années 1960 et 1980, dépassés par les porte-conteneurs trop grands pour remonter jusqu’au centre. Le quartier d’affaires de Canary Wharf occupe désormais l’emplacement des anciens bassins, symbole de la mue post-industrielle du fleuve.

Astuce de mémorisation

« Ta-mise sur Londres. » La Tamise est le pari géographique des Romains : ils ont « misé » sur ce point du fleuve pour bâtir Londinium. Retenir « Tamise, mise sur Londres » ancre à la fois le nom du fleuve et l’idée que la ville doit son existence à ce point de franchissement précis.

Pour situer la Tamise parmi les grands fleuves capitales, voir aussi quel fleuve traverse Paris et quel fleuve traverse Rome.

La Tamise, un fleuve qui a fabriqué sa capitale

Retenir « Tamise » à la question du fleuve de Londres ne suffit pas en quiz avancé : le piège porte sur les 346 km, longueur totale et non londonienne, et sur la Severn, qui coiffe la Tamise à l’échelle du Royaume-Uni. Le vrai fait mémorable tient en une phrase : Londres existe parce que la Tamise offrait, à cet endroit précis, le meilleur compromis entre un pont possible et un port navigable.

346 km au total Source dans les Cotswolds 2e du Royaume-Uni Londinium, 43 apr. J.-C.

Questions fréquentes sur la Tamise

La Tamise est-elle le plus long fleuve du Royaume-Uni ?

Non. La Tamise mesure 346 kilomètres, ce qui en fait le plus long fleuve entièrement situé en Angleterre. Mais à l’échelle du Royaume-Uni, la Severn la dépasse avec 354 kilomètres. La Severn prend sa source au pays de Galles, ce qui exclut la Tamise du titre national tout en lui laissant le record anglais.

Où la Tamise prend-elle sa source ?

La source officielle se situe à Thames Head, près du village de Kemble, dans le Gloucestershire, au pied des collines des Cotswolds. Un site alternatif, Seven Springs près de Cheltenham, alimente la rivière Churn et ajoute 23 kilomètres au tracé. Contrairement à Thames Head, qui s’assèche l’été, Seven Springs coule toute l’année.

Où se jette la Tamise ?

La Tamise se jette dans la mer du Nord par un vaste estuaire, entre Tilbury dans l’Essex et Gravesend dans le Kent. L’estuaire noyé dépasse dix kilomètres de largeur à son embouchure. C’est cette ouverture directe sur la mer qui a permis à Londres de devenir le plus grand port commercial du monde au 19e siècle.

Pourquoi Londres a-t-elle été construite sur la Tamise ?

Les Romains ont choisi ce site vers 43 après J.-C. pour une raison précise : la Tamise y est assez étroite pour être franchie par un pont, assez profonde pour accueillir des navires. Deux collines, Cornhill et Ludgate Hill, offraient un sol ferme. Le pont romain a fixé l’emplacement de la ville pour deux millénaires.

Qu’est-ce que la Tideway de la Tamise ?

La Tideway désigne la partie de la Tamise soumise aux marées, en aval de l’écluse de Teddington. Sur ce tronçon, qui inclut tout le Londres central, le niveau monte et descend deux fois par jour jusqu’à 7 mètres. En amont de Teddington, le fleuve n’est plus tidal et change d’autorité de gestion.

Combien de ponts franchissent la Tamise ?

Dans le Grand Londres, une trentaine de ponts routiers, ferroviaires et piétonniers traversent le fleuve. Sur l’ensemble du cours, en comptant tous les bras secondaires et canaux, on dénombre plus de 300 franchissements. Le plus ancien emplacement est celui de London Bridge, hérité du pont romain d’origine.

Qu’était le Grand Puant de 1858 ?

Le « Great Stink » fut la crise sanitaire de l’été 1858, quand la canicule décupla l’odeur des eaux usées déversées dans la Tamise. Le Parlement, installé au bord du fleuve, en fut incommodé au point de voter en dix-huit jours le financement du réseau d’égouts conçu par Joseph Bazalgette, un tournant dans l’histoire de l’assainissement urbain.

La Tamise est-elle polluée aujourd’hui ?

Déclarée biologiquement morte en 1957 par le Muséum d’histoire naturelle de Londres, la Tamise a connu une reconquête écologique majeure. Elle abrite désormais plus de 115 espèces de poissons, des phoques, des hippocampes et trois espèces de requins. Des rejets d’eaux usées persistent lors de fortes pluies, ce qui a motivé la construction du super-égout Thames Tideway, raccordé en 2025.
Un fait de géographie comme celui-ci se retient en une lecture, à condition de le revoir au bon moment.
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