Qui a écrit « De l’origine des espèces » ?

Sciences · Biologie évolutive

Charles Darwin est l’auteur de De l’origine des espèces, publié le 24 novembre 1859 à Londres chez John Murray.

L’ouvrage fonde la théorie de l’évolution par la sélection naturelle. Titre anglais : On the Origin of Species.


1859
Première édition, Londres
1 250
Exemplaires écoulés en un jour
22 ans
De maturation avant parution

Le tirage initial atteint 1 250 exemplaires. Les libraires londoniens les réservent tous dès la veille, le 22 novembre 1859. La bibliothèque de prêt Mudie’s en prend 500 à elle seule. Une deuxième édition de 3 000 exemplaires suit sept semaines plus tard, le 7 janvier 1860.

Le nom de Darwin recouvre pourtant une paternité double. Un second naturaliste, Alfred Russel Wallace, avait formulé la même théorie depuis l’archipel malais. Sa lettre de juin 1858 a précipité une publication que Darwin repoussait depuis vingt-deux ans.

Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.

L’essentiel sur Darwin et son ouvrage fondateur

De l’origine des espèces, carte d’identité

Traité, 1859
Auteur
Charles Robert Darwin, 1809-1882
Éditeur
John Murray, Albemarle Street, Londres
Structure
14 chapitres, 502 pages
Prix de lancement
15 shillings
Méthode revendiquée : la consilience, l’accord de preuves indépendantes vers une même conclusion, plutôt qu’une démonstration déductive.
Page de titre de la première édition de On the Origin of Species publiée par John Murray à Londres en 1859
Page de titre de l’édition originale, Londres, 1859. © Wikimedia Commons

Charles Robert Darwin naît le 12 février 1809 à Shrewsbury. Il publie On the Origin of Species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life à cinquante ans, au prix de quinze shillings. Le titre complet, presque une phrase entière, résume déjà la thèse : les formes favorisées se conservent dans la lutte pour l’existence.

Un traité en quatorze chapitres, pas une démonstration

Le livre compte 502 pages et quatorze chapitres. Darwin ne procède pas par déduction. Il empile les faits convergents : variations des pigeons d’élevage, répartition des espèces d’île en île, archives fossiles, embryologie, instincts. Chaque chapitre ajoute une pièce à un faisceau de preuves. Le philosophe William Whewell nommait cette méthode la consilience, l’accord de sources indépendantes vers une même conclusion.

La sélection naturelle en une phrase

Le mécanisme tient en trois observations reliées. Les individus d’une espèce varient. Certaines variations aident à survivre et à se reproduire. Ces variations utiles se transmettent et s’accumulent sur des générations. Aucune volonté ne dirige le processus. Un tri aveugle suffit à transformer les espèces. Darwin résume l’affaire dans le dernier chapitre par une formule restée célèbre, cinq mots en anglais : a long argument, un long raisonnement.

Vingt-deux ans de silence avant la parution

De la conception à l’impression

1831-1836
Voyage du HMS Beagle, tour du monde, escale aux Galápagos en 1835
1837
Premier carnet sur la transmutation des espèces
1842 · 1844
Croquis puis essai développé, aussitôt refermés
18 juin 1858
Lettre de Wallace décrivant la même théorie
1er juillet 1858
Communication conjointe à la Linnean Society de Londres
24 nov. 1859
Parution chez John Murray, seize mois plus tard
5 ans
Durée du voyage du Beagle
16 mois
De la lettre Wallace à la parution

Le voyage fondateur

Darwin conçoit sa théorie dès 1837, un an après son retour du voyage du HMS Beagle. Il rédige un premier croquis en 1842, un essai développé en 1844, puis referme le dossier. Le manuscrit de 1844 dort dans un tiroir, accompagné d’une lettre à sa femme Emma demandant sa publication en cas de mort subite.

Le HMS Beagle peint par Conrad Martens dans les canaux de la Terre de Feu pendant le voyage de 1831 à 1836
Le Beagle en Terre de Feu, par Conrad Martens. © Wikimedia Commons

Pourquoi ce report obstiné

Plusieurs freins se cumulent. L’Angleterre victorienne est profondément chrétienne, et une origine naturelle des espèces heurte le récit de la création. Darwin veut aussi une démonstration inattaquable, ce qui l’entraîne dans huit années d’étude des balanes entre 1846 et 1854. Sa santé fragile et le deuil répété de ses enfants pèsent également. Emma, très pieuse, redoutait les conséquences spirituelles de la thèse.

La lettre de Wallace qui force la main

Le 18 juin 1858, Darwin reçoit un manuscrit d’Alfred Russel Wallace, expédié depuis l’actuelle Indonésie. Le texte décrit exactement sa propre théorie. Charles Lyell et Joseph Hooker improvisent une sortie diplomatique : présenter les deux travaux ensemble à la Linnean Society de Londres, le 1er juillet 1858. Darwin n’assiste pas à la séance, son fils Charles Waring venait de mourir de la scarlatine. Wallace, resté en Asie, n’est prévenu qu’après coup. Cette double paternité officielle pousse Darwin à rédiger vite : le livre paraît seize mois plus tard.

Le brouillon jeté puis traqué à travers le monde

59pages
Le brouillon original, jeté par Darwin après impression, ne subsiste plus qu’en 59 feuillets. Le projet Darwin Online les a tous réunis le 24 novembre 2023, dont trois redécouverts après des années d’enquête.
Part du manuscrit conservée7,7 % du livre

Soit 11 700 mots sur les quelque 150 000 du texte imprimé. Le reste a servi de papier de récupération à la famille Darwin.

11
Feuillets encore en mains privées
490 000 £
Dernière page vendue, 2018
~1 M$
Valeur estimée par feuillet

Voici l’angle que peu de sources grand public traitent. Une fois le livre imprimé, Darwin se débarrasse des centaines de pages manuscrites du brouillon. Elles rejoignent la réserve de papier de récupération de la maison. Ses enfants dessinent au dos de certaines feuilles, son fils George couvre d’autres pages d’exercices de mathématiques. La quasi-totalité du brouillon original disparaît ainsi.

Page manuscrite de la main de Charles Darwin antérieure à 1859, écriture serrée et raturée
Page manuscrite de Darwin antérieure à 1859. © Wikimedia Commons

L’enquête Darwin Online

Le projet Darwin Online, dirigé par l’historien des sciences John van Wyhe à l’université nationale de Singapour, a reconstitué ce qui subsiste. Le 24 novembre 2023, jour du 164e anniversaire de la parution, l’édition en ligne réunit pour la première fois toutes les pages connues.

Onze feuillets seulement restent en mains privées, chacun estimé près d’un million de dollars.

Cinquante-neuf pages retrouvées, dont trois en 2023

Le projet Darwin Online a reconstitué ce qui subsiste. Le 24 novembre 2023, jour du 164e anniversaire de la parution, l’édition en ligne réunit pour la première fois toutes les pages connues : 59 feuillets, dont sept jamais publiés auparavant et trois redécouverts après des années d’enquête. Ces pages représentent 11 700 mots, soit 7,7 % du livre. Onze feuillets seulement restent en mains privées.

Des documents parmi les plus chers de l’histoire des sciences

Chaque page de brouillon vaut aujourd’hui près d’un million de dollars. La dernière vendue aux enchères, en 2018, a atteint 490 000 livres sterling. Sa valeur culturelle a conduit le ministère britannique compétent à bloquer son exportation pour la garder au pays. Les feuillets survivants sont dispersés sur trois continents, le plus gros ensemble étant conservé à la bibliothèque de l’université de Cambridge.

Les phrases que Darwin n’a jamais imprimées

Ce que la relecture a effacé

Brouillon manuscrit

Un ours nageur, bouche ouverte, devenant aussi monstrueux qu’une baleine.

Raisonnement audacieux poussé jusqu’au bout, conservé dans les feuillets transcrits.

Version imprimée finale

Passage retiré dès les éditions suivantes après les moqueries des critiques.

Darwin coupe l’exemple pour désamorcer le sarcasme, sans renoncer à l’idée.

Autre effacement, purement lexical : le mot évolution n’apparaît pas dans l’édition de 1859. Darwin écrit descent with modification. Le terme n’entre qu’en 1872.

L’unique illustration

Les brouillons transcrits par Darwin Online contiennent des passages absents du livre publié. Ils ouvrent une fenêtre rare sur la fabrique de la théorie. Darwin y écrit par exemple, dans une phrase biffée, qu’un instinct pourrait presque se nommer un tour compliqué. La formule, trop leste, n’a pas survécu à la relecture.

Diagramme de la divergence des espèces, seule illustration de la première édition de 1859
Diagramme de divergence, seule figure du livre. © Wikimedia Commons

L’ours qui devient baleine

Le cas le plus parlant concerne un ours. Dans un paragraphe supprimé, Darwin imagine un ours nord-américain nageant bouche ouverte pour filtrer de minuscules crustacés. Il soutient que la sélection naturelle pourrait, sur de longues durées, produire à partir d’un tel animal une créature aussi monstrueuse qu’une baleine. Les critiques ont tourné l’exemple en ridicule dès la première édition. Darwin l’a retiré des éditions suivantes. Le brouillon conserve le raisonnement d’origine, plus audacieux que la version publiée.

Le mot « évolution » ne figure pas dans l’édition de 1859

Autre surprise lexicale : le terme evolution est absent de la première édition. Darwin parle de descent with modification, descendance avec modification. Le mot évolution portait alors en biologie britannique un sens embryologique, le développement de l’embryon, qui ne lui convenait pas. Il ne l’emploie qu’à partir de la sixième édition de 1872. Le tout dernier mot du livre reste pourtant evolved, évoluées, dans la phrase finale sur la grandeur de la vie.

Lamarck et Darwin, deux évolutions incompatibles

Deux moteurs opposés

Lamarck
Philosophie zoologique, 1809
Mécanisme
Hérédité des caractères acquis
Moteur
Usage, effort, besoin
Direction
Progrès vers la complexité
Exemple
Le cou de la girafe s’allonge
Darwin
Origin of Species, 1859
Mécanisme
Sélection naturelle
Moteur
Lutte pour la survie
Direction
Adaptation, sans finalité
Exemple
Les pinsons des Galápagos

Darwin n’invente pas l’idée que les espèces changent. Jean-Baptiste de Lamarck l’avait défendue dès 1809 dans sa Philosophie zoologique. Mais les deux mécanismes s’opposent frontalement.

Planche de John Gould montrant quatre pinsons des Galápagos aux becs de formes différentes
Les pinsons de Darwin, gravure de John Gould, 1845. © Wikimedia Commons

Le tri contre le progrès

Pour Lamarck, l’organisme se transforme par l’usage et transmet les caractères acquis. Pour Darwin, la variation est aléatoire et le tri se fait par la survie, sans finalité. Les pinsons ne cherchent pas à changer de bec, ceux dont le bec convient laissent plus de descendants.

Deux moteurs, deux directions

Pour Lamarck, l’organisme se transforme par l’usage et le besoin, puis transmet les caractères acquis : le cou de la girafe s’allonge parce qu’elle tend vers les hautes branches. L’évolution suit une nécessité interne, une marche vers la complexité. Pour Darwin, la variation est aléatoire et le tri se fait par la survie, sans finalité ni progrès dirigé. Les pinsons des Galápagos ne cherchent pas à changer de bec, ceux dont le bec convient laissent plus de descendants.

Ce que Darwin ignorait encore

Il manquait une pièce à Darwin : le mécanisme de l’hérédité. Gregor Mendel publie ses lois sur les petits pois en 1866, mais son travail reste ignoré jusqu’en 1900. La synthèse du XXe siècle, dite théorie synthétique de l’évolution ou néodarwinisme, réunit enfin la sélection naturelle et la génétique. Elle explique la variation par les mutations, les recombinaisons et la dérive génétique. Darwin avait la bonne intuition sans la preuve moléculaire.

La première traduction française qui trahit le titre

Un mot ajouté qui contredit l’auteur

Titre de Darwin, 1859

On the Origin of Species by Means of Natural Selection

devient
Titre de Royer, 1862

De l’origine des espèces ou des lois du progrès chez les êtres organisés

Le mot progrès contredit exactement la thèse de Darwin, qui refusait toute idée de finalité ou de marche dirigée. La traductrice y ajoute une préface militante de soixante pages.

Le livre paraît en français trois ans après l’anglais, et l’affaire tourne au litige. La traductrice, Clémence Royer, philosophe et libre-penseuse autodidacte exilée en Suisse, publie son texte en juin 1862 chez Guillaumin.

Un titre et une préface militants

Royer rebaptise l’ouvrage De l’origine des espèces ou des lois du progrès chez les êtres organisés. Le mot progrès contredit exactement la thèse de Darwin, qui refusait toute finalité. Elle ajoute une longue préface de soixante pages où elle développe ses propres vues positivistes, avec des accents eugénistes, et parsème le texte de notes de bas de page argumentatives. Là où Darwin ménage les sensibilités religieuses, elle tranche.

Darwin remplace sa traductrice

Après lecture, Darwin décrit Royer comme l’une des femmes les plus intelligentes et les plus étranges d’Europe. L’admiration n’efface pas la gêne. Quand elle réédite sa version en 1866 sans intégrer les dernières corrections de l’auteur, il saisit le prétexte. Il confie une nouvelle traduction au Genevois Jean-Jacques Moulinié, parue en 1873, précédée d’une lettre de Darwin datée du 23 septembre 1872 qui justifie publiquement le changement.

Un livre entré dans toutes les langues et la culture pop

56
langues de traduction, record absolu pour un ouvrage scientifique. Onze de ces traductions paraissent déjà du vivant de Darwin.
1860
Traduction allemande par Heinrich Bronn, dès l’année suivante
1871
Première caricature de Darwin en singe dans la presse satirique
103 000 £
Une première édition vendue chez Christie’s en 2009

Aucun ouvrage scientifique n’a autant voyagé. Traduit en onze langues du vivant de Darwin, il l’a été depuis dans 56 langues au total, un record absolu pour un texte de science. La caricature de Darwin en singe, lancée par des magazines satiriques dès 1871, devient l’une des images du siècle. Le mot darwinisme passe dans le langage courant.

L’icône satirique

L’expression survival of the fittest, survie du plus apte, n’est pas de Darwin. Le philosophe Herbert Spencer la forge en 1864. Darwin ne la reprend qu’à partir de la cinquième édition, en 1869. La formule glisse ensuite vers l’économie et la sociologie, servant à justifier des inégalités sociales que Darwin n’avait jamais défendues.

Caricature de 1871 représentant Charles Darwin avec un corps de singe, publiée dans la presse satirique
Darwin en singe, caricature de 1871. © Wikimedia Commons

Une formule détournée bien au-delà de la biologie

L’expression survival of the fittest, survie du plus apte, n’est pas de Darwin. Le philosophe Herbert Spencer la forge en 1864. Darwin ne la reprend qu’à partir de la cinquième édition, en 1869. La formule glisse ensuite vers l’économie et la sociologie, servant à justifier des inégalités sociales que Darwin n’avait jamais défendues. Le contresens perdure aujourd’hui.

La question humaine soigneusement évitée

Le livre de 1859 ne traite presque pas de l’origine de l’homme, conséquence pourtant évidente de la théorie. Darwin attend 1871 et La Filiation de l’homme pour l’aborder de front. Cette prudence progressive a amorti le choc. Un exemplaire de la première édition s’est vendu 103 000 livres sterling chez Christie’s en 2009, année du bicentenaire de sa naissance.

Pour situer Darwin parmi les grands tournants scientifiques, la fiche sur la découverte de la pénicilline prolonge la même histoire des ruptures en biologie.

Ce qu’il faut retenir

Un naturaliste, vingt-deux ans de prudence, et un livre qui a changé la biologie.

Darwin publie en 1859 un long argument plutôt qu’une démonstration, jette son brouillon dont 59 pages seulement survivent, et refuse même le mot évolution jusqu’en 1872. La théorie attendra Mendel pour être complète. Retenir cette histoire, c’est retenir comment naît une idée scientifique majeure.

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Questions fréquentes sur Darwin et De l’origine des espèces

Quel est le titre exact du livre de Darwin ?

La première édition de 1859 s’intitule On the Origin of Species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life. La sixième édition de 1872 abandonne le « On » initial et devient simplement The Origin of Species. En français, l’usage retient De l’origine des espèces, parfois sous la forme abrégée L’Origine des espèces.

Combien de temps Darwin a-t-il mis à publier ?

Il conçoit sa théorie en 1837, rédige un croquis en 1842 et un essai en 1844, puis attend vingt-deux ans. Ce n’est pas la rédaction qui est longue mais le report : la mise au net finale, déclenchée par la lettre de Wallace en 1858, ne dure qu’un peu plus d’un an. Darwin présente d’ailleurs son livre comme le résumé d’une œuvre plus vaste jamais achevée.

Qui est Alfred Russel Wallace ?

Naturaliste anglais né en 1823, mort en 1913. Depuis l’archipel malais, il conçoit indépendamment la sélection naturelle et l’envoie à Darwin en juin 1858. Lyell et Hooker organisent une présentation conjointe à la Linnean Society le 1er juillet 1858. Wallace devient ainsi le co-découvreur officiel de la théorie, sans jamais en revendiquer la primauté face à Darwin.

Combien de pages du brouillon original subsistent ?

Cinquante-neuf feuillets, soit 7,7 % du livre. Darwin avait jeté le manuscrit après impression, et ses enfants en ont réutilisé une partie comme papier de récupération. Le projet Darwin Online a publié l’ensemble des pages connues le 24 novembre 2023, dont trois redécouvertes après une longue enquête. Onze feuillets restent en collections privées, chacun estimé près d’un million de dollars.

Pourquoi l’exemple de l’ours a-t-il disparu du livre ?

Darwin imaginait qu’un ours nageur filtrant des crustacés puisse évoluer sur le très long terme vers une forme comparable à une baleine. Les critiques ont ridiculisé l’image dès la première édition. Darwin l’a retirée des éditions suivantes pour éviter le sarcasme. Le raisonnement original ne subsiste que dans les brouillons transcrits, plus hardi que la version imprimée finale.

Le mot évolution figure-t-il dans le livre ?

Pas dans l’édition de 1859. Darwin emploie l’expression descent with modification, descendance avec modification. Le mot evolution n’apparaît qu’à partir de la sixième édition de 1872, car il portait alors un sens embryologique jugé trompeur. Le dernier mot du livre reste néanmoins evolved, dans la phrase finale sur la grandeur de la vie née de formes simples.

Qui a traduit le livre en français en premier ?

Clémence Royer, en 1862, chez Guillaumin. Elle rebaptise l’ouvrage De l’origine des espèces ou des lois du progrès chez les êtres organisés et y joint une préface positiviste. Le mot progrès contredit Darwin, qui refusait toute finalité. Mécontent des libertés prises et d’une réédition non corrigée, il la remplace en 1873 par Jean-Jacques Moulinié.

Comment l’Église a-t-elle réagi ?

Le débat le plus célèbre a lieu à Oxford le 30 juin 1860, entre l’évêque Samuel Wilberforce et Thomas Henry Huxley, surnommé le bouledogue de Darwin. Wilberforce demanda ironiquement à Huxley s’il descendait du singe par son grand-père ou sa grand-mère. Huxley répliqua qu’il préférait un singe pour ancêtre plutôt qu’un homme détournant la vérité scientifique.

Combien d’éditions du vivant de Darwin ?

Six éditions anglaises entre 1859 et 1872, chacune corrigée et augmentée face aux critiques. La sixième, de 1872, fait référence comme texte définitif. Les traductions se multiplient dès 1860 : allemand par Heinrich Bronn la même année, français par Clémence Royer en 1862. Au total, le livre a été traduit dans 56 langues, record pour un ouvrage scientifique.

Astuce de mémorisation

Associer trois images à trois dates. Un bateau pour le Beagle qui ramène Darwin en 1836. Une lettre pour Wallace qui débarque en 1858 et réveille le dossier. Un livre imprimé pour 1859, l’année suivante. Le trio bateau, lettre, livre raconte toute la séquence dans l’ordre. Pour l’année de parution, retenir que Darwin a cinquante ans en 1859 : né en 1809, il publie pile un demi-siècle plus tard.

Un instinct, presque un tour de passe-passe

Parmi les phrases jamais imprimées retrouvées dans les brouillons figure une définition biffée de l’instinct, qualifié par Darwin de tour compliqué. La formule disparaît de la version publiée, jugée trop familière pour un traité scientifique. Le manuscrit garde la trace de cette hésitation, preuve que Darwin pesait chaque mot autant que chaque argument.

Fiche rédigée par Alan Chevereau, consultant SEO. Vérification des faits sur sources primaires et académiques, sans reprise passive des synthèses encyclopédiques.