La réponse
La Symphonie n°5 est de Ludwig van Beethoven.
En ut mineur, opus 67, composée entre 1804 et 1808 à Vienne et créée le 22 décembre 1808 au Theater an der Wien. Ses quatre premières notes, trois brèves et une longue, sont le motif le plus reconnu de toute la musique classique.
1804-1808
Composition
Ut mineur
Tonalité, opus 67
22 déc. 1808
Création à Vienne
Le piège de quiz n’est pas l’auteur, connu de tous. Il porte sur les dates : la composition s’étale sur quatre ans, pas sur une saison. Beethoven travaille en parallèle sur la Sixième symphonie, créée le même soir. Les deux œuvres naissent dans la Vienne occupée par les troupes de Napoléon en 1805.
Autre confusion fréquente : le surnom « Symphonie du Destin » n’est pas de Beethoven. Il vient d’un biographe tardif, et les historiens le tiennent aujourd’hui pour douteux. Le compositeur, lui, n’a jamais sous-titré aucune de ses symphonies.
Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.
Ludwig van Beethoven, seul auteur de la Cinquième
Le compositeur
Né à Bonn en 1770, installé à Vienne dès 1792. La paternité de l’œuvre ne souffre aucune ambiguïté : manuscrit autographe conservé, dédicace imprimée, création dirigée par lui-même.
Aucune thèse sérieuse ne l’a jamais contestée, contrairement à des pièces d’attribution incertaine chez d’autres compositeurs de l’époque.
Un compositeur allemand installé à Vienne
Beethoven naît à Bonn en 1770 et s’installe à Vienne en 1792, capitale musicale de l’Europe. Il y compose la quasi-totalité de son œuvre orchestrale. La Cinquième symphonie s’écrit à la Pasqualati House, l’un de ses logements viennois, entre deux déménagements incessants.
L’attribution ne souffre aucune ambiguïté. Le manuscrit autographe existe, la dédicace imprimée le confirme, la création publique s’est faite sous sa propre direction. Aucune thèse sérieuse n’a jamais contesté la paternité de l’œuvre, contrairement à certaines pièces d’attribution incertaine chez d’autres compositeurs de l’époque.
La place de la Cinquième dans les neuf symphonies
Beethoven achève neuf symphonies entre 1800 et 1824. La Cinquième occupe le cœur de sa période dite intermédiaire, celle des grandes ruptures formelles. Elle suit la Troisième, l’Héroïque, et précède la Sixième, la Pastorale, avec laquelle elle partage sa date de création.
Parmi ces neuf œuvres, quatre dominent le répertoire mondial : la Troisième, la Cinquième, la Sixième et la Neuvième. Cette dernière, avec son Ode à la joie, fournit l’hymne européen actuel. La Cinquième reste la plus immédiatement reconnaissable, grâce à ses quatre notes d’ouverture.
Quand la Symphonie n°5 a-t-elle été composée ?
Quatre ans de gestation
1804
Premières esquisses, après l’Héroïque
1805-06
Interruptions : Concerto pour violon, Quatuors Razumovsky
1807-08
Rédaction intensive, en parallèle de la Pastorale
Printemps 1808
Partition achevée
La lenteur n’est pas un blocage : Beethoven mène plusieurs partitions de front, une habitude constante, et sculpte le matériau jusqu’à saturer les quatre mouvements d’un seul motif.
Quatre ans de gestation, de 1804 à 1808
Les premières esquisses datent de 1804, juste après l’achèvement de l’Héroïque. Le chantier s’étire sur quatre ans, interrompu par d’autres œuvres majeures : la Quatrième symphonie, le Concerto pour violon, les Quatuors Razumovsky. Beethoven mène de front plusieurs partitions, une habitude constante chez lui.
La rédaction s’intensifie en 1807 et 1808. La partition est achevée au printemps 1808. Cette lenteur n’a rien d’un blocage : elle traduit un travail de sculpture du matériau, où le motif initial est décliné, retourné, épuré jusqu’à saturer les quatre mouvements.
Une composition parallèle à la Pastorale
La Cinquième et la Sixième symphonie avancent simultanément. Les deux œuvres sont créées le même soir, en décembre 1808. Le contraste est frappant : tempête dramatique en ut mineur d’un côté, tableau champêtre apaisé en fa majeur de l’autre. Cette dualité illustre l’ampleur du registre expressif de Beethoven à cette période.
La composition s’étend sur une période troublée. L’écriture coïncide avec les guerres napoléoniennes et l’occupation de Vienne par les troupes françaises en 1805, année où la ville tombe une première fois. Beethoven, alors trentenaire, compose au milieu de cette instabilité politique.
La création du 22 décembre 1808 à Vienne
Un concert marathon
4h+
de musique, dans une salle glaciale, uniquement des créations de Beethoven
Dernière apparition de Beethoven comme soliste avec orchestre : la surdité l’écarte peu à peu de la scène. Répétitions insuffisantes, exécution chaotique, un passage déraille au point d’imposer une reprise.
Un concert marathon de plus de quatre heures
La première publique se tient au Theater an der Wien, un théâtre des faubourgs viennois. Le programme, entièrement consacré à des créations de Beethoven, dépasse quatre heures. Y figurent la Cinquième, la Sixième, la Fantaisie chorale et le Quatrième concerto pour piano, joué par le compositeur lui-même.
Ce concert marque la dernière apparition de Beethoven comme soliste avec orchestre. La surdité progressive l’écarte peu à peu de la scène. L’orchestre est constitué de musiciens rassemblés pour l’occasion, une formation de circonstance loin d’un ensemble permanent rodé.
Une exécution chaotique dans une salle glaciale
Les conditions sont mauvaises. La salle n’est pas chauffée en plein hiver viennois, les répétitions ont manqué, l’orchestre trébuche. Un passage de la Fantaisie chorale déraille au point d’obliger à un arrêt et à une reprise. Le public grelotte durant les quatre heures.
Malgré ce démarrage laborieux, la Cinquième s’impose vite. Dès novembre 1809, une exécution à Breslau frappe fortement les auditeurs. Le critique E. T. A. Hoffmann la décrit comme l’une des œuvres les plus marquantes de son temps, scellant sa réputation en quelques mois.
Le motif de quatre notes et sa structure
L’idée génératrice
Pom · Pom · Pom · Pooom
sol
brève
sol
brève
sol
brève
mi♭
longue
Trois brèves et une longue, une idée génératrice
L’ouverture repose sur quatre notes : sol-sol-sol-mi bémol, jouées fortissimo. Trois croches et une blanche, un rythme court-court-court-long. Ce motif est une « idée génératrice » : toute la symphonie en découle thématiquement. Il traverse les quatre mouvements, se métamorphose, structure l’ensemble.
Cette construction cyclique, à une telle échelle, est inédite en 1808. Le même matériau rythmique passe du menaçant au triomphal, du mineur au majeur. Brahms, Mahler et Tchaïkovski en feront un modèle. La cohésion de l’œuvre repose sur cette économie de moyens rare.
Quatre mouvements du combat à la victoire
Le premier mouvement, Allegro con brio, expose le motif obsédant en ut mineur. L’Andante con moto déploie des variations plus contemplatives en la bémol majeur. Le troisième mouvement, un scherzo, réintroduit le motif sous forme spectrale, forme choisie par Beethoven à la place du menuet classique.
Le finale Allegro, enchaîné sans interruption au scherzo, éclate en ut majeur. Ce basculement du mineur au majeur symbolise le passage du combat à la victoire. Il devient un archétype du romantisme musical. L’effet de libération est renforcé par une innovation d’orchestration décisive.
Trombones, piccolo et contrebasson dans le finale
Beethoven introduit dans le finale trois instruments jamais utilisés dans une symphonie classique jusque-là : trombones, piccolo et contrebasson. Réservés à l’opéra ou à la musique d’église, ils entrent ici dans le genre symphonique. L’effectif orchestral moderne descend en partie de cette audace.
Beethoven sourd pendant la composition
La progression de la surdité
Premiers signes de perte auditive
Testament de Heiligenstadt, renoncement au suicide
Compose la Cinquième, malentendant, pas encore sourd
Surdité devenue complète
Une surdité progressive, pas totale en 1808
Les premiers signes de surdité apparaissent vers 1798. En 1808, Beethoven perçoit encore certaines fréquences mais peine à suivre conversations et détails orchestraux. Il n’est pas encore totalement sourd : la surdité complète surviendra autour de 1815. La Cinquième est donc l’œuvre d’un musicien malentendant.
Cette lutte transparaît dans la trajectoire de l’œuvre. Le motif du combat cède au triomphe final. Beethoven avait envisagé le suicide six ans plus tôt, comme le révèle une lettre écrite en 1802 à Heiligenstadt, avant de choisir de vivre pour composer la musique qu’il portait en lui.
L’angle rarement traité : le testament de Heiligenstadt
En octobre 1802, à Heiligenstadt, village proche de Vienne, Beethoven rédige une lettre bouleversante à ses frères. Il y décrit son désespoir face à la surdité et son renoncement au suicide au profit de l’art. Ce document, retrouvé après sa mort, éclaire l’énergie de résistance qui irrigue la Cinquième, composée dans les années suivantes.
Astuce de mémorisation
« Pom-pom-pom-pom » : trois notes brèves, une longue. C’est exactement la lettre V en code Morse (trois points, un trait), V comme Victoire. Beethoven écrit ce motif en devenant sourd, à Vienne occupée par Napoléon. Retenir : la Cinquième, c’est le compositeur qui perd l’ouïe et fait entendre au monde entier la lettre de la victoire.
Le motif, arme de guerre puis tube disco
Deux vies du même motif
1939-1945, la BBC
William Stephenson repère que le rythme court-court-court-long donne le V morse. La BBC ouvre ses émissions vers l’Europe occupée par ces quatre notes, dont « Les Français parlent aux Français ». Un motif allemand devient l’hymne clandestin de la Résistance.
1976, le disco
Walter Murphy en tire « A Fifth of Beethoven », sur la bande-son de « La Fièvre du samedi soir ». Le titre atteint la première place des ventes américaines. Du champ de bataille au dancefloor.
Deux siècles après 1808, les quatre notes restent reconnues au premier instant.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la BBC ouvre ses émissions destinées à l’Europe occupée par ces quatre notes. L’idée revient à William Stephenson : le rythme court-court-court-long correspond au V morse, symbole de la victoire alliée. Ironie assumée, un motif allemand devient l’hymne clandestin de la Résistance, notamment celui de l’émission « Les Français parlent aux Français ».
Le motif traverse ensuite la culture pop. En 1976, Walter Murphy en tire « A Fifth of Beethoven », adaptation disco figurant sur la bande-son de La Fièvre du samedi soir. Le titre atteint la première place des ventes américaines. Du champ de bataille au dancefloor, les quatre notes de 1808 restent immédiatement reconnaissables deux siècles plus tard.
Questions fréquentes sur la Symphonie n°5
Pourquoi l’appelle-t-on « Symphonie du Destin » ?
En quelle tonalité est écrite la Cinquième ?
Combien de temps dure la Symphonie n°5 ?
Beethoven était-il totalement sourd en la composant ?
À qui la symphonie est-elle dédiée ?
Quel lien avec la Sixième symphonie ?
Combien de symphonies Beethoven a-t-il composées ?
Pourquoi ce motif est-il si célèbre ?
L’essentiel en une vue
Quatre notes composées par un homme qui perdait l’ouïe, devenues le symbole universel de la victoire.
Beethoven
Compositeur
1804-1808
Composition
Ut mineur
Opus 67
V morse
Le motif
Fiches associées
Sources
- Beethoven-Haus Bonn, notice officielle de l’opus 67, genèse et dédicataires
- Britannica, Symphonie n°5, composition, création et structure des mouvements
- Larousse, biographie de Ludwig van Beethoven et contexte viennois
- Interlude, création de 1808 et analyse du motif de quatre notes
- RTBF, histoire du concert du 22 décembre 1808, programme et déroulement
- Music and the Holocaust, usage du motif V par les Alliés durant la guerre
- ClassiqueNews, dossier sur la Symphonie n°5 et sa création
À propos de l’auteur
Fiche rédigée par Alan Chevereau, consultant SEO, spécialisé dans les contenus de culture générale vérifiés et sourcés. Chaque fiche Kultra croise sources institutionnelles et académiques pour livrer un fait exact, hiérarchisé et mémorisable.