Qui a composé La Flûte enchantée ?

Musique · Réponse

La Flûte enchantée a été composée par Wolfgang Amadeus Mozart, sur un livret d’Emanuel Schikaneder. Créée le 30 septembre 1791 à Vienne, c’est son 23e et dernier opéra achevé.

1791
Composition et création
23e
Et dernier opéra de Mozart
66 j
Entre la première et sa mort

La réponse tient en un chiffre : 1791. Année de la création, année de la mort. Mozart dirige lui-même la première, assiste aux représentations depuis les faubourgs viennois, puis s’éteint avant la centième. L’opéra devient aussitôt son plus grand succès public.

Une confusion revient dans les quiz : la confondre avec un opéra italien de Mozart. C’est l’inverse. La Flûte enchantée est chantée en allemand, alterne dialogues parlés et chant, et rompt volontairement avec les livrets italiens de Da Ponte qui ont porté Les Noces de Figaro ou Don Giovanni.

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Mozart, unique compositeur de la partition

Fiche d’identité de l’oeuvre

Die Zauberflöte, K. 620

Compositeur

W. A. Mozart
1756 à 1791, la musique intégrale

Catalogue

K. 620
Numéro Köchel, dernier opéra

Rang

23e opéra
Depuis La Finta semplice, 1768

Structure

2 actes
Singspiel en langue allemande
La partition musicale est entièrement de Mozart. Le texte revient à Schikaneder. Mozart signe la musique, pas les mots.

Le compositeur

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) compose La Flûte enchantée la dernière année de sa vie. L’oeuvre clôt une série de 23 opéras achevés, ouverte en 1768 avec La Finta semplice, écrite à 12 ans. En mars 1791, il traverse une passe difficile : sa musique se joue de moins en moins à Vienne, l’empereur Leopold II ne l’apprécie guère, et son librettiste habituel Lorenzo Da Ponte a quitté la ville pour Londres. La commande de Schikaneder tombe à point.

Portrait posthume de Wolfgang Amadeus Mozart peint par Barbara Krafft en 1819
Portrait de Mozart par Barbara Krafft, 1819. Wikimedia Commons

Le dernier opéra d’une vie de 35 ans

L’oeuvre porte le numéro K. 620 au catalogue Köchel, qui recense sa production. La partition musicale est entièrement de Mozart. Le texte, lui, revient à Emanuel Schikaneder. Cette distinction règle la question de fond : Mozart signe la musique, pas les mots.

Une commande dans une année financièrement difficile

Così fan tutte, créé en janvier 1790, a peu marqué. Le nouvel empereur ne lui offre aucune commande de cour. La proposition de Schikaneder ouvre à Mozart l’occasion d’un opéra en allemand, pour un public populaire, loin des salons italianisants qui l’enfermaient.

Emanuel Schikaneder, l’homme du livret

Un homme, deux fonctions

Librettiste

Il rédige le texte, mêlant conte féerique, idéaux des Lumières et symbolique maçonnique. Il puise dans le recueil Dschinnistan de Wieland.

Créateur du rôle

Il monte lui-même sur scène le 30 septembre 1791 pour incarner Papageno, l’oiseleur comique, personnage le plus populaire de l’opéra.
Directeur du Theater auf der Wieden, salle en bois édifiée quatre ans plus tôt dans une propriété du prince de Starhemberg.
Portrait d'Emanuel Schikaneder, librettiste de La Flûte enchantée et créateur du rôle de Papageno
Emanuel Schikaneder (1751-1812). Wikimedia Commons

Le librettiste

Emanuel Schikaneder (1751-1812) dirige une troupe installée au Theater auf der Wieden, dans les faubourgs viennois. C’est lui qui passe commande de l’opéra, en rédige le texte, et créera lui-même le rôle de Papageno lors de la première. Ami de longue date de la famille Mozart, il représente exactement le théâtre populaire que le compositeur cherchait à toucher, loin des scènes de cour.

Directeur de troupe, chanteur et commanditaire

Schikaneder gère un théâtre de faubourg au public populaire. Il commande l’opéra, en écrit le texte, et tient le rôle de Papageno à la création. Un homme d’orchestre complet, du financement à la scène.

Une source puisée dans un recueil de contes

Le livret s’inspire du recueil Dschinnistan de Christoph Martin Wieland, paru entre 1786 et 1789. La trame reprend surtout Lulu ou la Flûte enchantée, de Liebeskind : un jeune prince muni d’une flûte magique qui le protège des dangers. Schikaneder y greffe une dimension initiatique et féerique propre à sa troupe.

Comment fut composée l’oeuvre en six mois

Trois chantiers en parallèle

Six mois de composition, deux commandes qui s’intercalent

Mars 1791

Lancement
Début de la composition sur commande de Schikaneder.

Août 1791

Interruption
Trois semaines pour La Clémence de Titus, opéra du couronnement à Prague.

Sept. 1791

Reprise et fin
Ajout de trois numéros à l’acte II. Ouverture composée la veille de la générale.
+ RequiemLa troisième commande de ces mêmes mois, restée inachevée à la mort du compositeur.

Trois chantiers menés en parallèle

La composition démarre en mars 1791 et s’achève en six mois. Un délai serré, car deux autres commandes majeures s’intercalent : le Requiem, resté inachevé, et La Clémence de Titus. Ce dernier opéra, commandé pour le couronnement de Leopold II comme roi de Bohème à Prague, est écrit en trois semaines à peine.

L’interruption d’août et l’ouverture de dernière minute

En août 1791, alors qu’il ne reste que l’orchestration à faire, Mozart interrompt son travail. À son retour mi-septembre, il ajoute trois numéros au deuxième acte, dont la marche des prêtres. Fidèle à sa méthode, il compose l’Ouverture la veille de la répétition générale.

La création du 30 septembre 1791

30.09.1791
Première au Theater auf der Wieden, faubourgs de Vienne. Mozart dirige.

La salle

Un théâtre populaire, pas une scène de cour. Le choix correspond exactement à l’ambition de Mozart : toucher un large public.

L’accueil

Triomphe immédiat. Centième représentation atteinte en novembre 1792, un an après la mort du compositeur.

Un théâtre de faubourg, pas une salle de cour

La première a lieu au Theater auf der Wieden, devant un public habitué aux singspiele. Le choix n’a rien d’anodin. Mozart visait précisément ce public large, hors des scènes princières.

Un triomphe immédiat et durable

L’accueil est enthousiaste dès le premier soir. L’opéra est joué de nombreuses fois dès octobre, salle comble. La centième représentation est atteinte en novembre 1792. L’oeuvre ne quittera plus le répertoire des grandes scènes mondiales.

Un Singspiel, pas un opéra italien

Deux mondes opposés dans l’oeuvre de Mozart

La Flûte enchantée

Singspiel allemand

  • Chant et dialogues parlés
  • Langue allemande
  • Public populaire
  • Livret de Schikaneder
VS

Figaro, Don Giovanni

Opéra italien

  • Tout chanté, récitatifs
  • Langue italienne
  • Public de cour et salons
  • Livrets de Da Ponte

Dialogues parlés et chant en allemand

La Flûte enchantée est un Singspiel, forme germanique qui alterne dialogues parlés et morceaux chantés, en allemand. Ce genre populaire s’adressait à un public plus large que l’opéra seria italien. Mozart l’avait déjà exploré dans L’Enlèvement au sérail en 1782.

Une rupture volontaire avec Da Ponte

Les trois chefs-d’oeuvre précédents, Les Noces de Figaro (1786), Don Giovanni (1787) et Così fan tutte (1790), reposaient sur des livrets italiens de Lorenzo Da Ponte. La Flûte enchantée marque un virage assumé vers l’allemand et le théâtre populaire.

La symbolique maçonnique, l’angle méconnu

Le chiffre caché de l’oeuvre

Le trois maçonnique, partout dans la partition

3

Trois accords

L’Ouverture s’ouvre sur trois accords, répétés trois fois, écho des trois coups frappés à la porte de la loge.

Trois bémols

Tonalité en mi bémol majeur, soit trois bémols à l’armure, la tonalité dite maçonnique.

Trois épreuves

Trois dames, trois garçons, trois temples, trois épreuves initiatiques structurent l’intrigue.

Le décor de la Reine de la Nuit

L’opéra fonctionne sur deux niveaux. Le profane y voit un conte féerique. L’initié y déchiffre un parcours symbolique. Goethe, franc-maçon lui-même, résumait cette dualité : la foule prend plaisir au spectacle tandis que sa signification profonde n’échappe pas aux initiés. Le célèbre décor étoilé imaginé par Karl Friedrich Schinkel pour le royaume de la Reine de la Nuit reste l’image la plus reproduite de cette dimension symbolique.

Décor étoilé du palais de la Reine de la Nuit conçu par Karl Friedrich Schinkel pour La Flûte enchantée
Décor de la Reine de la Nuit, Karl Friedrich Schinkel. Wikimedia Commons

Le chiffre trois partout dans l’oeuvre

Mozart et Schikaneder étaient tous deux francs-maçons, et l’opéra en porte la trace. La tonalité générale est en mi bémol majeur, soit trois bémols à l’armure. L’Ouverture s’ouvre sur trois accords, répétés trois fois, évoquant les trois coups frappés à la porte de la loge. Le trois structure aussi l’intrigue : trois dames, trois garçons, trois temples, trois épreuves.

Selon la Grande Loge Unie de France (La Flûte enchantée de Mozart), le trois renvoie aux trois grades maçonniques, apprenti, compagnon et maître, et le Temple à trois parties du lever de rideau figure la Sagesse, la Nature et la Raison.

Une oeuvre à double lecture

Le profane y voit un conte féerique plein de drôlerie. L’initié y déchiffre un parcours symbolique. Goethe, franc-maçon lui-même, résumait cette dualité : la foule prend plaisir au spectacle tandis que sa signification profonde n’échappe pas aux initiés. Le contexte comptait, Leopold II soupçonnant la franc-maçonnerie d’avoir nourri la Révolution française.

L’air de la Reine de la Nuit et les rôles clés

Fa 5
L’air de la Reine de la Nuit grimpe jusqu’au fa au-dessus du contre-ut, un sommet du répertoire soprano.

Tamino

Le prince qui traverse les épreuves du feu et de l’eau.

Papageno

L’oiseleur comique, incarné par Schikaneder lui-même.

Reine de la Nuit

Créée par Josepha Hofer, belle-soeur de Mozart.

Une vocalise parmi les plus exigeantes du répertoire

L’air de la Reine de la Nuit compte parmi les sommets techniques du chant soprano, avec ses vocalises atteignant le fa au-dessus du contre-ut. Mozart l’avait conçu pour sa belle-soeur Josepha Hofer, qui créa le rôle. Papageno, l’oiseleur comique, fut incarné par Schikaneder en personne.

Une intrigue de dualités

Le prince Tamino traverse les épreuves du feu et de l’eau pour accéder à la connaissance, guidé par la flûte et accompagné de Papageno. L’opposition entre la Reine de la Nuit et le sage Sarastro incarne le conflit entre obscurantisme et lumière, motif central des idéaux des Lumières portés par l’oeuvre.

Astuce de mémorisation

La Flûte enchantée, c’est le chant du cygne de Mozart. Il compose son dernier opéra en 1791, l’année de sa mort, et tient lui-même la baguette à la première. Retenir 1791 verrouille tout d’un coup : naissance de l’oeuvre et mort du compositeur, même année.

Un piège de quiz à désamorcer : le livret n’est pas de Mozart. La musique est de lui, les mots sont de Schikaneder. Compositeur et librettiste, jamais confondre les deux.

Le fait qui reste

Dans ses derniers jours, cloué au lit, Mozart suivait chaque soir le déroulement de La Flûte enchantée, montre en main. Son épouse Constanze racontait qu’il fredonnait les airs au moment exact où ils se jouaient à quelques rues de là. Il meurt le 5 décembre 1791, sans avoir entendu la centième.

Questions fréquentes sur La Flûte enchantée

Quand La Flûte enchantée a-t-elle été composée ?

La composition débute en mars 1791, sur commande d’Emanuel Schikaneder, et s’achève en six mois. Mozart doit gérer en parallèle le Requiem et La Clémence de Titus, écrit en trois semaines. Il finalise l’Ouverture la veille de la répétition générale, selon son habitude. La première a lieu le 30 septembre 1791.

Qui a écrit le livret de La Flûte enchantée ?

Emanuel Schikaneder, directeur de troupe et chanteur, signe le livret. Il s’inspire du recueil de contes Dschinnistan de Wieland, en particulier de Lulu ou la Flûte enchantée. Schikaneder crée aussi le rôle de Papageno à la première. Mozart compose la musique, Schikaneder fournit le texte.

De quel type d’oeuvre s’agit-il ?

C’est un Singspiel, forme germanique alternant dialogues parlés en allemand et morceaux chantés. Ce genre populaire s’adressait à un public plus large que l’opéra seria italien. Mozart l’avait déjà pratiqué avec L’Enlèvement au sérail en 1782, avant d’y revenir pour son dernier opéra.

Pourquoi parle-t-on d’un opéra maçonnique ?

Mozart et Schikaneder étaient francs-maçons, et l’oeuvre multiplie les symboles de la loge. Le chiffre trois y est omniprésent : trois accords d’ouverture, tonalité à trois bémols, trois épreuves initiatiques. Le parcours de Tamino vers la lumière reprend la structure d’un rite d’initiation cher à la franc-maçonnerie du XVIIIe siècle.

Combien d’opéras Mozart a-t-il composés ?

Mozart a composé 23 opéras achevés, de La Finta semplice en 1768, à 12 ans, jusqu’à La Flûte enchantée en 1791. Les plus célèbres restent Les Noces de Figaro (1786), Don Giovanni (1787) et Così fan tutte (1790), tous trois sur des livrets italiens de Lorenzo Da Ponte.

Où l’opéra a-t-il été créé ?

Au Theater auf der Wieden, salle populaire des faubourgs de Vienne, le 30 septembre 1791. Ce n’était pas un opéra de cour. Schikaneder gérait un théâtre de faubourg au public populaire, ce qui correspondait exactement à l’ambition de Mozart : toucher un large public, hors des scènes princières.

Mozart a-t-il assisté au succès de son opéra ?

Il dirige la première et la seconde représentation, puis suit les suivantes. Mais il meurt le 5 décembre 1791, deux mois après la création. La centième représentation, atteinte en novembre 1792, se joue un an après sa disparition. Il n’a donc jamais mesuré l’ampleur durable du triomphe.

Quel est l’air le plus célèbre de l’oeuvre ?

L’air de la Reine de la Nuit, réputé parmi les plus difficiles du répertoire soprano, avec des vocalises jusqu’au fa au-dessus du contre-ut. Mozart le composa pour sa belle-soeur Josepha Hofer, créatrice du rôle. Sa virtuosité extrême en fait un morceau de bravoure encore redouté aujourd’hui.

Retenir Mozart, pas juste le reconnaître

Ce qu’il faut retenir

Mozart
Le compositeur
1791
Composition et création
K. 620
23e et dernier opéra
Singspiel
En langue allemande

Savoir que Mozart a composé La Flûte enchantée en 1791 est une chose. Ancrer la date, le genre et la symbolique pour les ressortir en situation de quiz en est une autre. La répétition espacée transforme ce type de fait en réflexe durable.

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Sources

Fiche rédigée par Alan Chevereau, consultant SEO. Vérification des dates, du catalogue Köchel et de la symbolique auprès de sources institutionnelles et musicologiques, croisées pour écarter les approximations fréquentes sur la genèse de l’oeuvre.