La réponse
Le siège d’Interpol est à Lyon
200 quai Charles-de-Gaulle, dans le 6e arrondissement, au cœur de la Cité internationale. Installé à Lyon depuis 1989, le Secrétariat général coordonne aujourd’hui la coopération policière de 196 pays.
La réponse surprend parfois. On imagine Interpol à New York, Genève ou La Haye, aux côtés des grandes institutions mondiales. Le Secrétariat général coordonne pourtant la coopération policière de 196 pays depuis les bords du Rhône. Un attentat commis à Saint-Cloud le 16 mai 1986 a précipité ce déménagement.
Le choix de Lyon n’a rien d’un lot de consolation. La ville a été retenue le 15 février 1985 parmi 180 candidatures, en partie parce qu’elle a offert le terrain. Depuis, le siège n’a cessé de grandir, au point qu’un accord signé en février 2026 acte son extension jusqu’en 2031.
Le siège des grandes institutions est un classique des quiz : celui du Parlement européen se confond souvent avec celui d’autres organisations.
Lyon, siège d’Interpol depuis 1989
Carte d’identité du siège
200 quai Charles-de-Gaulle, Lyon 6e
Le Secrétariat général d’Interpol occupe un bâtiment de la Cité internationale, quartier situé entre le parc de la Tête-d’Or et le Rhône. L’adresse exacte est le 200 quai Charles-de-Gaulle, dans le 6e arrondissement de Lyon. Le site fonctionne 24 heures sur 24, toute l’année.
Une adresse unique pour coordonner 196 pays
Interpol regroupe 196 pays membres, chacun doté d’un Bureau central national relié au réseau mondial. Le Secrétariat général de Lyon centralise l’essentiel des services de police mis à leur disposition. Environ 1 000 fonctionnaires y travaillent, un chiffre qui monte à près de 1 200 selon les périodes.
Un quart de ce personnel est composé de policiers détachés par leur pays d’origine. Le reste rassemble analystes, formateurs, spécialistes en police scientifique et experts en gestion de crise. Quatre langues officielles cohabitent dans les bureaux : l’anglais, l’arabe, l’espagnol et le français.
Un bâtiment pensé comme une forteresse
L’architecte Louis Manavella a conçu un bloc de verre et de granit organisé autour d’un atrium central couvert d’une verrière. Le site compte cinq étages de bureaux et une surface de près de 17 000 m². Grilles, caméras et douves creusées dans le parc lui donnent l’allure d’une forteresse moderne, adaptée à la sensibilité de sa mission.
Un pôle de sécurité lyonnais
Interpol n’est pas isolé à Lyon. La ville abrite aussi le laboratoire de police scientifique d’Écully et l’École nationale supérieure de la police à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or. Cette concentration fait de l’agglomération lyonnaise l’un des principaux pôles français de formation et d’expertise policières.
Où était le siège d’Interpol avant Lyon ?
Cinq adresses en un siècle
Avant de rejoindre Lyon, Interpol a connu plusieurs adresses. L’organisation naît en 1923 à Vienne, sous le nom de Commission internationale de police criminelle. Ses activités sont interrompues en 1938 lors de l’annexion de l’Autriche par le régime nazi.
De Vienne à Paris, la renaissance de 1946
Le tournant de 1946
L’organisation renaît après la Seconde Guerre mondiale sous l’impulsion de la France, de la Belgique, du Royaume-Uni et des pays scandinaves. Le siège s’installe à Paris en 1946, marquant une rupture avec le passé viennois. En 1956, la Commission adopte officiellement le nom d’Interpol, tiré de son ancienne adresse télégraphique « International Police ».
Saint-Cloud, l’étape des années 1960
Le Secrétariat général déménage ensuite au 22 rue Armengaud, à Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine. Les sources situent ce transfert en 1966 selon Interpol, en 1967 selon d’autres relevés. Les locaux y restent jusqu’en 1989. L’accord de siège conclu avec la France en 1972 consolide le statut d’organisation internationale d’Interpol pendant cette période.
L’attentat de 1986, déclencheur du départ
Le 16 mai 1986, un commando du groupe terroriste Action directe mitraille puis fait exploser une bombe devant les locaux de Saint-Cloud. Un policier en poste est blessé, le bâtiment lourdement endommagé. En 1998, quatre dirigeants du groupe sont condamnés à dix ans de prison pour cette action et d’autres attentats. L’épisode accélère la recherche d’un site plus sûr et mieux dimensionné.
Pourquoi Interpol a-t-il choisi Lyon ?
Les favoris
Saint-Germain-en-Laye · Divonne-les-Bains
Donnés gagnants avant la visite
Le vainqueur
Lyon
Terrain offert au bord de la Tête-d’Or
Le choix de Lyon résulte d’une compétition serrée, tranchée en 1985. La décision étonne encore, tant la ville partait avec un handicap de notoriété face aux capitales mondiales.
180 villes candidates, une seule gagnante
En 1984, Interpol cherche à quitter son siège devenu trop exigu. Lyon se porte candidate face à des favoris comme Saint-Germain-en-Laye et Divonne-les-Bains. Le 15 février 1985, la ville est retenue parmi 180 candidatures. La délégation lyonnaise, menée par le premier adjoint André Soulier, a vanté sans retenue les atouts de la cité rhodanienne lors de la visite décisive.
Le terrain offert, argument décisif
La municipalité de Francisque Collomb propose d’offrir le terrain, en bordure du parc de la Tête-d’Or. Cet argument foncier pèse lourd dans la balance. Il permet à Interpol de bâtir des infrastructures neuves, taillées pour ses besoins, plutôt que de réaménager un site existant.
Un ancrage historique dans la police scientifique
Edmond Locard, le fil rouge lyonnais
Lyon dispose d’une légitimité ancienne en matière de criminalistique. Edmond Locard, pionnier lyonnais de la police scientifique, y a ouvert le premier laboratoire de police technique dès 1910. Ce passé pèse dans le choix : la ville n’est pas un terrain neutre, mais un berceau de la science policière moderne.
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L’inauguration de 1989 par François Mitterrand
Deux dates pour une même année
Quatre années séparent le choix de la ville en 1985 de cette inauguration. Les deux dates de 1989 sont exactes, elles marquent des étapes distinctes du même transfert.
Le transfert vers Lyon se concrétise au printemps 1989. Le déménagement effectif intervient en mai, l’inauguration officielle quelques mois plus tard.
Un cube de verre au bord du Rhône
Le 27 novembre 1989, le président François Mitterrand inaugure officiellement le nouveau siège. Le bâtiment, décrit comme un immense cube de verre et de granit, s’élève au cœur de la Cité internationale. Quatre années séparent le choix de la ville de cette inauguration.
Une confusion fréquente sur la date
Deux dates circulent pour 1989. Le déménagement matériel des services depuis Saint-Cloud se situe au 1er mai, tandis que l’inauguration présidentielle a lieu le 27 novembre. Les deux sont exactes, elles désignent simplement des étapes distinctes du même transfert.
Le rôle du Secrétariat général d’Interpol
La direction
Un Secrétaire général
Valdecy Urquiza, ressortissant brésilien, plus haut fonctionnaire de l’organisation depuis novembre 2024.
La veille
Trois pôles, 24h/24
Le Centre de commandement fonctionne en continu depuis Lyon, relayé par Buenos Aires et Singapour.
L’outil phare
15 548 notices rouges
Émises en 2024, un record. Environ 86 000 sont en circulation, moins de 10 % publiques.
Le siège de Lyon n’est pas un simple bureau administratif. C’est le centre nerveux qui coordonne l’ensemble des activités policières de l’organisation.
Le Secrétaire général, plus haut fonctionnaire
Le Secrétariat général est dirigé par le Secrétaire général, plus haut fonctionnaire international d’Interpol. Depuis novembre 2024, le poste est occupé par Valdecy Urquiza, ressortissant brésilien nommé par l’Assemblée générale. Il agit dans les faits comme directeur général de l’organisation.
Un centre de commandement mondial
Le Centre de commandement et de coordination assure une veille permanente depuis Lyon, relayée par Buenos Aires et Singapour. Ce dispositif sert de point de contact immédiat pour tout pays réclamant une aide d’urgence dans une enquête. Le siège lyonnais donne aussi accès à un réseau de bases de données thématiques consultables par les polices du monde entier.
Les notices rouges, outil emblématique
Les notices rouges sont les alertes les plus connues d’Interpol. Ce sont des avis de recherche internationaux, et non des mandats d’arrêt : aucun pays n’est tenu d’y donner suite. Chaque État décide de la valeur juridique qu’il leur accorde. Leur émission passe par le Secrétariat général de Lyon, à la demande d’un Bureau central national.
Le volume atteint des niveaux inédits. D’après un décompte publié en juillet 2025 par Otherside Law à partir des statistiques officielles, Interpol a publié 15 548 notices rouges en 2024, un record en hausse de 27 % sur un an. Environ 86 000 notices rouges seraient en circulation, dont moins de 10 % rendues publiques.
L’extension du siège actée pour 2031
Un chantier à 61,2 millions d’euros
Plus un terrain voisin évalué à 15,84 M€, cédé par la Ville pour 1 euro symbolique. Opérationnel d’ici 2031.
Longtemps entourée de rumeurs de départ, la présence d’Interpol à Lyon est désormais garantie pour des décennies. Un accord signé début 2026 le confirme noir sur blanc.
Un accord signé en février 2026
Le 5 février 2026, Interpol et les autorités françaises signent une convention de partenariat scellant l’avenir du siège. Conçu à l’origine pour 350 agents, le bâtiment en accueille près de 1 000 aujourd’hui, d’où la nécessité d’agrandir. La Ville de Lyon cède une parcelle voisine, évaluée à 15,84 millions d’euros, pour un euro symbolique.
61,2 millions d’euros et un cap fixé à 2031
La France s’engage à financer 61,2 millions d’euros. L’État apporte 43,2 millions, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Métropole de Lyon 9 millions chacune. Le nouveau siège, prévu pour accueillir jusqu’à 1 500 fonctionnaires, doit être pleinement opérationnel d’ici 2031.
Le poids économique justifie l’effort public. Selon le communiqué d’Interpol de février 2026, près des trois quarts des dépenses annuelles de l’organisation sont réalisées en France, dont 90 % injectées dans l’économie lyonnaise. Les dépenses mondiales d’Interpol ont atteint 162 millions d’euros en 2024.
Retenir sans effort le siège d’Interpol
Astuce de mémorisation
Là où naissent les preuves siège la police mondiale
Interpol traque les criminels, et Lyon fut la ville d’Edmond Locard, inventeur du principe « tout contact laisse une trace ». Relier Interpol à Lyon, c’est relier la police mondiale au berceau français de la police scientifique. La logique du lieu ancre la réponse.
Un fait notable
Lyon a battu 180 villes concurrentes pour décrocher le siège. L’argument gagnant ne fut pas la beauté de la ville, mais un terrain offert gratuitement en bordure du parc de la Tête-d’Or. Sans ce geste foncier, Interpol siégerait peut-être à Saint-Germain-en-Laye ou Divonne-les-Bains.
Questions fréquentes sur le siège d’Interpol
Dans quelle ville se trouve le siège d’Interpol ?
Pourquoi le siège d’Interpol est-il en France ?
Où était le siège d’Interpol avant Lyon ?
Pourquoi Interpol a-t-il quitté Saint-Cloud ?
Qui a inauguré le siège d’Interpol à Lyon ?
Combien de personnes travaillent au siège d’Interpol ?
Le siège d’Interpol va-t-il déménager de Lyon ?
Quelle est la différence entre le siège et les bureaux régionaux ?
Un fait ancré pour de bon
Lyon, capitale mondiale discrète de la police
Un attentat, 180 villes candidates, un terrain offert et l’ombre d’Edmond Locard : le siège d’Interpol à Lyon est une histoire qui se retient. Transformez chaque fait de culture générale en savoir durable.
Réviser 15 min/jour sur KultraFiches associées
- Où siège la Cour internationale de justice ?
- Où se trouve le siège de l’UNESCO ?
- Quel fleuve traverse Lyon ?
Sources
- Interpol, Le Secrétariat général
- Interpol, Notre histoire (chronologie de l’organisation)
- Interpol, Extension du siège de Lyon (communiqué, février 2026)
- Interpol, À propos des notices rouges
- Bref Eco, Le siège d’Interpol reste à Lyon et s’agrandit
- Lyon Capitale, Pourquoi Interpol s’est installé à Lyon
- Tribune de Lyon, Le jour où Interpol s’est installée à Lyon
- Otherside Law, Statistiques des notices rouges Interpol 2024
- PSS-archi, Fiche technique du siège d’Interpol (architecte, surface)
Fiche rédigée par Alan Chevereau, consultant SEO, spécialiste des contenus de culture générale vérifiés à la source.