Qui a écrit « Léviathan » ?

La réponse en un coup d’œil

Léviathan a été écrit par Thomas Hobbes

Philosophe anglais, il publie ce traité à Londres en 1651, en pleine guerre civile. Texte fondateur de la philosophie politique moderne, à ne pas confondre avec les romans qui portent le même titre.

1651
Publication à Londres
1588 / 1679
Naissance et mort de Hobbes
Job 41
Le monstre biblique

Léviathan a été écrit par Thomas Hobbes, philosophe anglais né en 1588. Il paraît à Londres en 1651, en pleine guerre civile anglaise. Son titre complet annonce le programme : Léviathan ou La matière, la forme et la puissance d’un État ecclésiastique et civil. C’est le texte fondateur de la philosophie politique moderne.

Le piège tient au titre. Trois romans et un film portent le même nom : le Léviathan de Paul Auster (1992), celui de science-fiction de Scott Westerfeld (2009), le film russe d’Andreï Zviaguintsev (2014). Le Léviathan de culture générale, celui des concours et des quiz, reste le traité de Hobbes.

Le nom vient d’un monstre marin du Livre de Job, une créature que nul ne peut dompter. Hobbes en fait la métaphore de l’État tout-puissant, seul capable de contenir la violence des hommes. Une idée neuve en 1651, dérangeante pour ses contemporains.

Ce fait et des centaines d’autres à retenir durablement sur l’app Kultra.

Thomas Hobbes, l’auteur du Léviathan

Portrait de Thomas Hobbes, philosophe anglais du XVIIe siècle, d'après John Michael Wright

Fiche d’identité

NomThomas Hobbes
Né le5 avril 1588, Malmesbury
Mort le4 décembre 1679
NationalitéAnglaise
DomainePhilosophie politique
Œuvre phareLéviathan (1651)
Portrait de Thomas Hobbes. Source : Wikimedia Commons

Un philosophe anglais du Grand Siècle

Thomas Hobbes naît le 5 avril 1588 à Westport, aujourd’hui rattaché à Malmesbury, dans le Wiltshire. Il meurt le 4 décembre 1679, à 91 ans, âge exceptionnel pour l’époque. Contemporain de René Descartes, il partage avec lui l’ambition de refonder la pensée sur la méthode scientifique de Galilée.

Un penseur de la peur et de l’ordre

Hobbes n’est pas qu’un théoricien politique. Il travaille l’histoire, la géométrie, la physique des gaz, la théologie. Mais son nom reste attaché à une seule intuition : sans pouvoir commun, les hommes se détruisent. L’État existe pour empêcher ce chaos, pas pour rendre heureux.

Léviathan : une réponse à la guerre civile anglaise

Le fil des événements

1640
Hobbes fuit l’Angleterre et s’exile à Paris
1642
Début de la guerre civile anglaise entre roi et Parlement
1649
Exécution du roi Charles Ier, pouvoir à Cromwell
1651
Retour en Angleterre, publication du Léviathan à Londres
1668
Version latine remaniée par Hobbes lui-même

Le contexte de 1651

Hobbes écrit le Léviathan en exil à Paris, où il a fui dès 1640 par crainte des représailles contre les partisans du roi. L’Angleterre traverse ensuite une guerre civile qui déchire royalistes et parlementaires de 1642 à 1651. Le roi Charles Ier est exécuté en 1649, Cromwell prend le pouvoir. C’est ce désordre concret qui nourrit la thèse du livre.

Frontispice du Léviathan de 1651, géant couronné composé de centaines de petits hommes, tenant épée et crosse
Le frontispice du Léviathan (1651), gravé par Abraham Bosse. Source : Wikimedia Commons

Le Léviathan, ou l’État comme monstre protecteur

Le fameux frontispice grave l’idée dans les mémoires : un géant couronné, épée dans une main, crosse dans l’autre, dont le corps est composé de centaines de petits hommes. Le souverain n’est rien d’autre que la somme des sujets qui lui ont confié leur pouvoir. L’image est signée du graveur Abraham Bosse.

Que dit le Léviathan ? Contrat social et état de nature

Le raisonnement de Hobbes en trois temps

État de nature

Sans autorité, chacun a droit à tout. La peur mutuelle mène à la guerre de tous contre tous.

Le pacte

Par calcul, les hommes transfèrent leurs droits à un souverain unique qui les représente.

Le Léviathan

Un pouvoir absolu, indivisible, garant de la paix. L’État-monstre qui met fin à la violence.

La vie dans l’état de nature est, selon la formule de Hobbes, solitaire, misérable et brève. Seule la souveraineté en fait sortir.

La « guerre de tous contre tous »

Sans autorité, Hobbes décrit un état de nature où chacun a droit à tout, donc où chacun menace tous les autres. Cet état, il le nomme « guerre de tous contre tous ». La vie humaine y devient, selon sa formule célèbre, solitaire, misérable et brève.

Une précision que Wikipédia escamote

L’expression latine bellum omnium contra omnes est presque toujours attribuée au Léviathan. C’est inexact. La formule latine apparaît d’abord dans Du citoyen (De Cive), publié en 1642. Dans le Léviathan de 1651, écrit en anglais, Hobbes parle plutôt de « guerre de chacun contre chacun » (chapitre XIII). La nuance sépare deux ouvrages distincts.

Le pacte fondateur

La solution tient dans un contrat. Par peur mutuelle, les hommes décident de transférer leurs droits à un souverain unique, individu ou assemblée. Ce souverain fait la loi en leur nom et les représente absolument. Hobbes invente ainsi le concept moderne de souveraineté, un pouvoir absolu mais pas arbitraire.

Léviathan dans l’histoire des idées

Deux visions rivales du contrat social

Hobbes

Léviathan, 1651

L’homme à l’état de nature est un danger permanent
La peur pousse à créer l’État
Pouvoir souverain absolu et indivisible
On abandonne ses droits pour la sécurité
vs

Rousseau

Du contrat social, 1762

L’homme naît naturellement bon
La société peut corrompre ou élever
Souveraineté du peuple, volonté générale
On s’associe sans perdre sa liberté

Comparé par Hobbes à la République de Platon

Hobbes situe lui-même son travail dans la lignée de Platon et de sa République. Le Léviathan jette les bases de la tradition politique moderne : l’histoire remplace la théologie, la loi se fonde dans l’humanité et non plus dans le divin.

La riposte de Rousseau

Un siècle plus tard, l’auteur du Contrat social, Jean-Jacques Rousseau, s’oppose frontalement au pacte hobbesien. Là où Hobbes justifie un pouvoir coercitif né de la peur, Rousseau propose une association fondée sur la volonté générale. Deux visions rivales du contrat social, nées du même problème.

Le mécanisme du piège de quiz

Quatre œuvres, un seul titre

Le mot « Léviathan » a été repris par plusieurs auteurs. En culture générale, la bonne réponse est toujours le traité de philosophie.

Léviathan

1651
Thomas Hobbes, traité de philosophie politiquela bonne réponse

Léviathan

1992
Paul Auster, roman américain

Léviathan

2009
Scott Westerfeld, roman de science-fiction

Léviathan

2014
Andreï Zviaguintsev, film russe

La confusion des œuvres homonymes reste le premier piège. Un candidat pressé peut répondre Paul Auster ou Scott Westerfeld. Le second piège concerne l’attribution de la formule latine à la mauvaise œuvre. Le troisième confond Hobbes avec Machiavel : les deux pensent le pouvoir, mais Machiavel conseille le prince quand Hobbes fonde l’État.

Astuce de mémorisation

Retenez le lien entre le nom et la thèse. « Hobbes » commence comme un grondement sourd, celui de la peur. Or c’est précisément la peur, dans l’état de nature, qui pousse les hommes à créer le monstre-État. Le Léviathan est ce monstre biblique qui met fin à la « guerre de tous contre tous ». Nom effrayant, idée effrayante, même racine mentale.

Un fait notable

La réception du Léviathan fut violente. Accusé de favoriser l’athéisme, Hobbes vit toute réédition anglaise de l’ouvrage interdite après 1651. En 1683, quatre ans après sa mort, un exemplaire fut brûlé en place publique à l’université d’Oxford. Peu de traités de philosophie ont connu un autodafé posthume.

Questions fréquentes sur le Léviathan de Hobbes

En quelle année le Léviathan a-t-il été publié ?

Le Léviathan paraît à Londres en 1651, en langue anglaise. Hobbes en donne lui-même une version latine remaniée en 1668, alors qu’il a 80 ans. La date de référence pour les concours reste 1651, celle de la première édition et du contexte de la guerre civile anglaise.

Pourquoi ce titre de « Léviathan » ?

Le Léviathan est un monstre marin décrit dans le Livre de Job, une puissance que personne ne peut soumettre. Hobbes emploie cette image pour désigner l’État souverain : un être artificiel si fort qu’il domine tous les individus. Le monstre biblique devient une métaphore du pouvoir politique.

Quelle est la thèse centrale du Léviathan ?

Hobbes soutient que sans pouvoir commun, les hommes vivent dans une guerre permanente les uns contre les autres. Pour en sortir, ils concluent un contrat qui transfère leurs droits à un souverain absolu. Ce souverain garantit la paix et la sécurité en échange de l’obéissance. C’est la naissance de la théorie du contrat social.

Hobbes défend-il vraiment un pouvoir absolu ?

Oui, mais avec une nuance essentielle. Le pouvoir qu’il décrit est indivisible et sans limite légale, donc absolu. Il n’est pas pour autant arbitraire : le souverain existe pour protéger, non pour opprimer. Si l’État cesse de garantir la sécurité, la logique même du pacte s’effondre.

Quelle différence entre le Léviathan et le De Cive ?

Le De Cive, ou Du citoyen, paraît en 1642, avant le Léviathan. Il contient déjà la formule latine « bellum omnium contra omnes » et anticipe les grands thèmes du traité de 1651. Le Léviathan les développe et les systématise en une œuvre plus vaste et plus achevée.

À quel courant appartient la pensée de Hobbes ?

Hobbes est le premier grand théoricien du contrat social, avant Locke et Rousseau. Sa philosophie est matérialiste et rationaliste : il explique la société par les passions humaines et non par la volonté divine. Il ouvre la voie à la sécularisation de la pensée politique moderne.

Faut-il confondre Hobbes et Machiavel ?

Non, même si les deux réfléchissent au pouvoir. Machiavel, dans Le Prince (1532), conseille le dirigeant sur l’art de conquérir et conserver le pouvoir. Hobbes, lui, fonde en raison l’existence même de l’État à partir de l’état de nature. L’un est un manuel du gouvernant, l’autre une théorie de la souveraineté.

Pourquoi le Léviathan a-t-il fait scandale ?

Hobbes soumet l’Église au pouvoir civil et fonde la loi sur l’humanité plutôt que sur Dieu. Ses contemporains y virent une pente vers l’athéisme. L’ouvrage fut condamné, imprimé à l’étranger, puis un exemplaire brûlé à Oxford en 1683. Le scandale accompagna sa postérité.

Aller plus loin sur la culture générale

Le Léviathan, une réponse parmi mille

Le Léviathan est l’une des grandes réponses à la question du pouvoir légitime. La fiche sur la culture générale regroupe les repères essentiels en philosophie, histoire et institutions. Réviser un fait par jour vaut mieux qu’une révision massive et vite oubliée.

Sources

À propos de l’auteur

Fiche rédigée et vérifiée par Alan Chevereau, consultant SEO, spécialisé dans les contenus de culture générale sourcés et vérifiés. Chaque donnée est recoupée avec des sources institutionnelles et académiques.

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